Avec ses fortifications, sa longue plage caressée par les alizés, sa médina paisible et son port de pêche animé, la douce ville d’Essaouira, sur la côte atlantique, est l’endroit tout indiqué pour terminer un voyage au Maroc. Promenades charmantes dans un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pierre Gingras Pierre Gingras
Collaboration spéciale

Un cachet d’authenticité

Pour certains, les remparts d’Essaouira rappellent Saint-Malo ou La Rochelle. Rien d’étonnant, les plans de la ville enclavée, la médina, sont d’un architecte français. La petite forteresse se prolonge sur une place où trônent encore de vieux canons qui témoignent de son importance historique. Les murs donnent en partie sur la mer, ce qui ajoute au cachet du lieu baigné par les vagues et les odeurs marines. Mouettes et goélands sont aussi au rendez-vous. Comme les touristes, ils se réunissent le jour sur le quai du port de pêche bourdonnant d’activités. Ici se côtoient ou se bousculent pêcheurs, vendeurs, restaurateurs, poissonniers et touristes en quête de photos originales. Et même si vous avez beaucoup bourlingué, vous découvrirez sur les nombreux étals un nouveau poisson ou un crustacé étrange. Une nouveauté aussi pour le palais, puisque vous pouvez faire cuire votre achat sur place au resto en plein air. Essaouira conserve encore son cachet d’authenticité en dépit du tourisme.

Une plage invitante

PHOTO GETTY IMAGES

Sur la plage, il n’est pas rare de croiser chevaux et dromadaires.

La belle marocaine est avant tout une plage dorée qui s’allonge sur des kilomètres, un rivage au profil doux qui invite plus à la marche qu’à la baignade, l’eau de l’Atlantique y étant plutôt fraîche même en période estivale. On y vient beaucoup d’ailleurs pour ses forts vents d’été appréciés des amateurs de kitesurf. Son sable fin sans coquillage ou presque fait le bonheur des joueurs de foot, du moins en dehors des grandes périodes d’affluence touristique. Mais ils ne sont pas seuls. Des chevaux galopent sur le bord de l’eau, alors que des dromadaires regardent placidement les vagues se briser en attendant qu’un touriste vienne les solliciter pour une promenade ou une photo. Pour découvrir une nature un peu plus sauvage, laissez-vous attirer par la lagune tout près. Vous y verrez plusieurs oiseaux intéressants, comme de gracieuses échasses blanches aux longues pattes rouges. Dans le champ riverain, on peut parfois voir gambader chèvres et moutons, ou encore un dromadaire qui s’est accordé un moment de liberté.

Une médina tranquille

PHOTO GETTY IMAGES

La médina d’Essaouira est petite, calme, ses rues sont larges et accueillantes.

Chaque médina marocaine a son charme particulier. Fès se distingue par ses rues pentues et ses étonnantes tanneries. À Marrakech, c’est la démesure. L’affluence est souvent si grande que la circulation piétonne devient étouffante. La médina d’Essaouira est petite, calme, ses rues sont larges et accueillantes. On prend le temps de jaser avec les commerçants, d’examiner les étals de fruits, de noix et de légumes, de visiter les galeries d’art et les artisans. Les visiteurs y restent habituellement trois jours.

Une douce fraîcheur

PHOTO GETTY IMAGES

Essaouira est aussi apprécié des touristes étrangers durant les mois de février à avril, période durant laquelle les températures sont plus fraîches dans la ville portuaire.

Essaouira est pris d’assaut au cours de l’été par les Marocains. Si vous recherchez la tranquillité et une température douce, optez pour septembre et octobre. Les touristes étrangers apprécient aussi les mois de février à avril. Nous étions sur place à la mi-février. Les soirées étaient fraîches, le soleil abondant durant le jour, mais un coupe-vent s’imposait, notamment en raison des vents.

Les chèvres et l’arganier

PHOTO GETTY IMAGES

Les chèvres aiment naturellement grimper dans les arganiers pour en manger les fruits, mais certaines sont manifestement entraînées.

Dès vos premiers pas au Maroc, vous serez sollicités pour acheter de l’huile d’argan. Provenant des noix de l’arganier, un arbre épineux très abondant dans le sud-ouest du pays, l’huile sert en cuisine ou en cosmétologie. Elle a un délicat goût de noisette et on en sert souvent au petit déjeuner, mélangée avec du miel. On associe souvent l’arganier aux chèvres qui grimpent dans l’arbre pour en manger les fruits. La scène donne évidemment des photos spectaculaires. Vous aurez d’ailleurs le loisir d’y assister le long de la route menant à Essaouira, même en plein hiver. Mais ce sont alors des chèvres manifestement entraînées pour le plaisir des touristes, et on ne manquera pas de vous demander un pourboire pour faire un cliché.

Recommandations

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DU RIAD

Notre journaliste recommande le riad Chbanate, pour le confort et l’accueil chaleureux.

Les bons restos abordables abondent à Essaouira. C’est aussi le cas des riads, de petits hébergements comptant seulement quelques chambres. Un petit-déjeuner abondant est habituellement inclus avec la note. Deux recommandations : l’excellent resto italien Silvestro, rue Laalouj, à deux pas de la forteresse, et le riad Chbanate, pour le confort et l’accueil chaleureux. On nous a offert de cuisiner l’étrange et longiforme poisson-sabre découvert à l’étal d’un pêcheur. Un délice !

Consultez le site du riad Chbanate : https://www.riadchbanate.com/fr/