La compagnie aérienne Porter Airlines a annoncé le retour de ses vols hivernaux à destination de Mont-Tremblant, et ce à partir du 17 décembre prochain. Une nouvelle qui marque un pas vers le retour à la normale pour l’industrie touristique.

Véronique Piché, Initiative de journalisme local L’info du Nord Mont-Tremblant

« Je suis très fière, parce que Porter n’a pas repris tous ses vols saisonniers. Nous sommes sa toute première destination touristique à reprendre du service », lance Isabel Proulx, directrice générale de l’Aéroport international de Mont-Tremblant, situé à La Macaza.

Ainsi, Mont-Tremblant passe devant Muskoka (Ontario), Myrtle Beach (Caroline du Sud) et Stephenville (Terre-Neuve-et-Labrador). Et ce sont les nombreuses demandes de la part des usagers, tant du côté de Porter que de son aéroport, qui ont motivé cette décision, souligne-t-elle.

Isabel Proulx détaille l’impact de cette annonce sur le potentiel de visiteurs dans la région. Entre le 17 décembre et le 28 mars 2022, 47 vols depuis l’aéroport Billy Bishop de Toronto seront attendus à La Macaza. Ces appareils comptent 78 sièges chacun. Les voyageurs se dirigent surtout vers la Station Mont Tremblant, située à environ 35 km de là. La directrice générale se souvient qu’avant la pandémie, environ le quart de ces voyageurs étaient des Américains. À la veille du retour de ces vols domestiques, la directrice générale ne sait pas à quoi s’attendre.

Plein régime

Du côté de l’Association de villégiature Tremblant (AVT), on se réjouit du retour de cette option aérienne pour la clientèle ontarienne. En même temps, Pierre-Alexandre Legault, chef aux relations de presse et communications, reconnaît que la Station roule déjà à plein régime en ce qui concerne son offre d’hébergement et de restauration. « Et c’est un privilège : le centre de villégiature est bien occupé, et un hiver plus normal, avec un bel achalandage à la clé, est anticipé », déclare-t-il.

« D’un point de vue touristique, nous sommes heureux de cette nouvelle, car le marché de l’Ontario est notre deuxième en importance », dit Daniel Blier, directeur général de Tourisme Mont-Tremblant. Selon lui, si Porter remplit ses vols à la moitié de leur capacité, on parle de quelque 1500 voyageurs. Même petit, ce nombre représente une clientèle lucrative.

« Ces touristes qui arrivent en avion dépenseront davantage que ceux qui empruntent les voies terrestres. Ils iront à l’hôtel, au restaurant, dans les boutiques. Bref, c’est une clientèle lucrative en termes de recette touristique et que nous n’aurions pas eue autrement, car les gens de Toronto ont moins tendance à prendre leur voiture en hiver pour venir nous voir », conclut Daniel Blier.

Isabel Proulx ne connaît pas les intentions d’Air Canada quant à un éventuel retour de ses services — domestiques et internationaux — à La Macaza. Actuellement, outre les vols privés domestiques et ceux prévus de Porter en provenance de Toronto, aucun autre vol n’est attendu. L’Aéroport international de Mont-Tremblant est encore loin de ses 20 000 sièges hivernaux habituels.

Par ailleurs, la directrice générale déplore de ne pas pouvoir recevoir de vols privés internationaux : « Nous n’avons toujours pas retrouvé nos douanes malgré des efforts soutenus. Il n’y a pas d’écoute de la part du gouvernement fédéral », lance-t-elle.