L’appel du Sud se fait sentir, mais une foule d’interrogations subsistent et vous font encore hésiter avant de réserver vos prochaines vacances au soleil ? Nous avons parlé à des Québécoises installées au Costa Rica, à Antigua-et-Barbuda et au Mexique pour prendre le pouls de la situation actuelle et savoir à quoi s’attendre lorsque viendra le temps de boucler ses valises.

Laila Maalouf
Laila Maalouf La Presse

Dans une bulle au Costa Rica

À Playa Avellanas, sur la côte ouest du Costa Rica, à une trentaine de minutes de la petite ville de Tamarindo, on pourrait presque rêver à un quotidien prépandémie. La vie est « semi-normale », nous dit au bout du fil Joëlle Lavoie, propriétaire de la maison d’hôtes Vida Verde avec son conjoint, Simon Chevalier.

Bien entendu, les restaurants sont ouverts avec des capacités réduites, les hôtels restreignent les arrivées, les bateaux de plongée peuvent embarquer un nombre plus limité de plongeurs… mais dans ce petit coin de pays reculé, niché dans la jungle costaricaine, à une quinzaine de minutes à pied d’une plage encore sauvage, on peut marcher longtemps sans rencontrer âme qui vive.

PHOTO FOURNIE PAR JOËLLE LAVOIE

Joëlle Lavoie et Simon Chevalier sont propriétaires de la maison d’hôtes Vida Verde depuis 2020.

On se sent dans une bulle, c’est assez facile d’oublier la COVID-19, ici. On vit dehors, même au restaurant, on mange à l’extérieur, les tables sont dispersées. Les gens se sentent peu cloîtrés et ceux qui arrivent et qui sont en confinement [dans leur pays] font : « Ouf, un petit ventde liberté, ça ne fait pas de tort. »

Joëlle Lavoie, copropriétaire du Vida Verde

« C’est sûr que la majorité des cas se concentrent dans les villes et les banlieues ; ici, on est vraiment dans une zone isolée avec moins de gens », ajoute-t-elle.

Un pays ouvert aux touristes

Les mesures sanitaires sont assez semblables à celles qu’on applique au Québec ; mais il n’y a pas de passeport vaccinal au Costa Rica, et Joëlle Lavoie ne croit pas qu’une telle mesure risque d’être implantée. Les restrictions véhiculaires qui empêchent les résidants de conduire certains jours de la semaine ne s’appliquent pas non plus aux touristes qui louent une voiture.

« Le Costa Rica a compris une chose : c’était un des seuls pays où c’était permis de voyager depuis le 1er août, l’an passé. Il a compris que le tourisme est trop important pour son économie. Et que s’il ne fait pas entrer de voyageurs, les entreprises vont fermer les unes après les autres, les gens n’auront plus d’emploi et le pays ne pourra pas survivre à cette crise si le tourisme n’est pas là. »

PHOTO FOURNIE PAR JOËLLE LAVOIE

La maison d’hôtes Vida Verde

Même si le couple n’a reçu aucun Québécois depuis que les vols ont été suspendus l’hiver dernier, les deux chalets qui se louent généralement de décembre à la fin d’avril ont été occupés même durant l’été et la saison des pluies par des visiteurs venus des États-Unis, d’Europe, d’Amérique du Sud, et par des citadins costaricains. « On était prêts à assumer une année sans les revenus espérés des anciens propriétaires, mais il y a des touristes et on est toujours pleins. Les gens ont commencé à être vaccinés au début de l’été, donc dès qu’ils avaient le vaccin, ils disaient : “Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas voyagé, qu’il pleuve ou pas, je veux aller en voyage.” »

« On reçoit des courriels toutes les semaines de gens qui ont tellement hâte de recommencer à voyager », ajoute Joëlle Lavoie. Le couple entrevoit d’ailleurs les prochaines années avec optimisme et a même amorcé des travaux à Vida Verde : construction d’une piscine (en plein air), rénovation de la cuisine extérieure mise à la disposition des invités et ajout, l’année prochaine, de deux chalets de plus qui permettront à la maison d’hôtes d’accueillir au total jusqu’à 15 visiteurs.

À savoir

Les touristes qui sont entièrement vaccinés peuvent entrer dans le pays sans restrictions ni test PCR, mais doivent remplir un formulaire en ligne.

Consultez les détails sur les exigences d’entrée Consultez le site de Vida Verde (en anglais)

Antigua-et-Barbuda : sécuritaire… et stricte

PHOTO FOURNIE PAR DIANE PERREAULT

De nouvelles règles sanitaires sont en vigueur depuis vendredi à Antigua-et-Barbuda.

Le 1er octobre a marqué l’instauration de nouvelles règles sanitaires à Antigua-et-Barbuda. Car ces petites îles qui comptent moins de 100 000 habitants ne possèdent pas les infrastructures pour faire face à une flambée de cas de COVID-19, explique Diane Perreault, qui habite à Antigua depuis 2013.

« Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a agi. Ici, on a été en lockdown presque un mois. À midi, on devait être chez nous, et là [fin septembre], on a eu une petite augmentation et le gouvernement vient de reprendre des mesures plus draconiennes. »

D’ici à ce que la situation soit réévaluée, dans les prochains jours, un couvre-feu a été fixé à 20 h, les restaurants n’offrent que des repas à emporter, tandis que bars, gyms et cinémas sont fermés, et les activités nautiques, interdites.

Quant aux plages, elles sont ouvertes jusqu’à 17 h en semaine et jusqu’à midi les fins de semaine pour éviter les rassemblements et les fêtes.

On a 365 plages ici, donc ce n’est pas facile pour le gouvernement d’être partout à la fois.

Diane Perreault, qui organise des visites

« C’est pour essayer de stabiliser un peu notre augmentation de cas », affirme Diane Perreault, qui insiste sur le fait que la destination est « très sécuritaire ».

Le retour des touristes

PHOTO FOURNIE PAR DIANE PERREAULT

Diane Perreault (en arrière, à droite) organise notamment des visites d’Antigua en bateau.

Toutes ces mesures visent à préparer le retour des touristes, que Diane Perreault attend avec impatience. La Québécoise offre depuis 2018 avec son entreprise Antigua Québec des visites privées de l’île par terre, mer ou air (en hélicoptère) qui permettent de voir les principales attractions touristiques et historiques (excursions au sanctuaire des ânes, pour nourrir les raies…), avec un arrêt à la plage et un dîner dans un restaurant à saveur locale.

Ses clients sont surtout des Québécois, eux aussi — des touristes qui se sont faits très rares depuis le début de la pandémie, avec l’annulation des vols l’hiver dernier. Ceux-ci doivent toutefois reprendre très bientôt, dès le 3 octobre pour Air Canada, qui sera suivi par WestJet en novembre et Sunwing en décembre.

« Le gouvernement veut prendre toutes ces mesures pour éviter qu’on ait une autre saison touristique désastreuse. Le tourisme est notre principale source de revenus, on n’a rien d’autre », affirme Diane Perreault.

À savoir

Il faut être pleinement vacciné pour entrer au pays et avoir effectué un test PCR dans les quatre jours précédant l’arrivée. La plupart des hôtels offrent la possibilité d’effectuer sur place, avec une infirmière, le test PCR requis pour le retour au Canada, moyennant des frais qui peuvent varier de 150 à 250 $ US.

Consultez la page d’Antigua Québec Consultez le site du gouvernement d’Antigua-et-Barbuda sur les mesures relatives à la COVID-19 (en anglais)

Le Mexique, « beaucoup plus laxe »

PHOTO NATHAËLLE MORISSETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Une plage à Ixtapa

À Ixtapa, où elle s’est échappée quelques jours avant de revenir à Mexico, Marie-Ève Parenteau se sent bien loin du Québec. Et ce n’est pas qu’une question de distance géographique pour la Québécoise installée dans la capitale mexicaine depuis 2004…

« Le Mexique a vraiment été beaucoup plus laxe qu’à d’autres endroits. J’ai quand même bougé pas mal dans la dernière année et demie au Mexique, et c’est un autre scénario complètement que ce que vous avez vécu au Canada. On est dans les mêmes circonstances, mais c’est une autre manière d’approcher les choses. Les gens vivent vraiment au jour le jour, donc ce n’est pas possible de les enfermer », dit-elle en riant.

À Mexico, où elle gère avec son conjoint la boutique 180° ainsi qu’un appartement loué sur Airbnb, dans le quartier Roma, l’autrice du livre 300 raisons d’aimer Mexico a toutefois remarqué un changement significatif. « Je dirais que la ville s’est embellie, elle s’est améliorée. Il y a beaucoup plus de vie qu’avant, même. »

PHOTO CHARLOTTE BOILEAU-DOMINGUE, FOURNIE PAR MARIE-ÈVE PARENTEAU

Marie-Ève Parenteau habite au Mexique depuis 2004.

Il y a comme un nouveau souffle parce que les restaurateurs, justement, ont diminué le nombre de tables à l’intérieur. Ce qui est arrivé, c’est que la plupart d’entre eux ont pris un espace sur la rue ; l’espace public a été récupéré, il y a des terrasses partout maintenant.

Marie-Ève Parenteau

« Même les gens s’assoient plus à l’extérieur, plutôt qu’à l’intérieur, ce qui n’était pas le cas avant », observe Marie-Ève Parenteau.

Des plages plus tranquilles

Depuis la fermeture des plages pendant un mois, en juillet 2020, aucune mesure exceptionnelle n’a été imposée par le gouvernement. « C’est presque normal, je dirais… C’est tout à fait une autre énergie ici. »

Dans les hôtels, notamment à Ixtapa, Marie-Ève Parenteau a remarqué un grand nombre de touristes mexicains. « Les hôtels ont dû se réinventer. Au lieu d’avoir un tourisme saisonnier, de novembre à avril, maintenant, c’est pas mal toute l’année. Mais c’est sûr que c’est tranquille. Ce matin, j’ai marché sur la plage principale et je pense que j’ai croisé trois personnes. »

Quant à l’appartement qu’elle offre en location, il a hébergé presque autant de touristes — surtout américains — au cours de la dernière année qu’avant la pandémie.

À savoir

À noter que le Mexique n’exige pas de test PCR pour entrer au pays, mais certaines compagnies aériennes pourraient le demander. Il faut remplir un questionnaire de santé à l’arrivée, de même que lors des vols intérieurs. Et comme c’est le cas ailleurs dans le Sud, la plupart des hôtels offrent la possibilité d’effectuer le test PCR requis avant le vol de retour, à des coûts variables.

Consultez la page Facebook de l’appartement Airbnb Consultez le site de la boutique 180° (en espagnol)