(Québec) Son industrie touristique frappée de plein fouet par la pandémie, la capitale lance une opération séduction pour convaincre les Montréalais et les autres Québécois de visiter ses vieilles pierres cet été.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

La campagne publicitaire vise principalement l’ouest du Québec, dont Montréal. Elle s’axe autour d’un spot publicitaire sous le thème « On a de la place à Québec ». La campagne d’un coût de 750 000 $ sera visible surtout dans les médias traditionnels — 70 % du budget — et un peu dans les plateformes numériques des GAFAM.

« Ici, vous avez les deux, vous avec un milieu urbanisé, vous avez la Vieille Capitale, vous avez de la vie », a énuméré le maire de Québec, Régis Labeaume, dans une conférence de presse jeudi.

« Puis à une demi-heure vous pouvez aller pêcher, aller faire de la marche dans les montagnes de ski. Ici c’est le meilleur des deux mondes. »

L’urbanité, l’espace... Québec mise aussi sur son bilan sanitaire particulièrement reluisant dans cette pandémie, surtout en comparaison avec celui de Montréal. Jeudi, la région de la Capitale-Nationale dénombrait 1823 personnes infectées et 175 décès.

« On croit qu’à Québec on est grandement avantagés, autant géographiquement qu’en terme sanitaire, pour attirer les touristes de la province », estime Benoît Pigeon, directeur de l’Office de tourisme de Québec (OTQ). « Nous voulons démontrer aux gens que Québec est une ville sécuritaire et adaptée à la situation sanitaire. »

L’industrie touristique est extrêmement importante à Québec. La pandémie lui a déjà asséné un coup dur. En avril dernier, l’occupation des chambres d’hôtel a fondu de 94 % par rapport à avril 2019, selon des données de l’OTQ.

Convaincre les touristes québécois est donc essentiel pour sauver les meubles. « La clientèle qu’on vise, et c’est à peu près la seule disponible, c’est celle du Québec. On investit là-dedans », dit M.  Labeaume.

Les chiffres confirment l’attrait de la capitale sur les Québécois. Ceux-ci représentent selon les derniers chiffres disponibles 63 % des visiteurs.

Mais les touristes du reste du Canada et de l’étranger valent leur pesant d’or. Ils dépensent davantage. Ils représentent 37 % des visiteurs, mais 55 % des dépenses, précise le bilan 2019 de l’OTQ.

Remplacer l’ensemble de ces revenus serait illusoire, d’autant que les règles de distanciation réduisent la capacité d’accueillir des touristes. Mais Québec veut s’assurer de « remplir la région à capacité permise », selon M. Pigeon.

Le budget de la campagne sera réparti entre la Ville, l’Office de tourisme de Québec (OTQ) et le gouvernement fédéral. Son ampleur « est très respectable pour une région comme la nôtre », de dire le maire.

L’Alliance de l’industrie touristique du Québec a elle aussi lancé une campagne publicitaire dans les derniers jours pour vanter les mérites de la province. La capitale y fait d’ailleurs bonne figure.

Mais le maire de Québec tenait à avoir sa propre campagne. Il voulait d’ailleurs s’assurer que sa ville soit la première à la lancer. Elle était déjà prête en mai.

Comprenant alors « la réticence d’une partie de la population pour les déplacements interrégionaux », la Ville a choisi de la repousser.