(Paris) Les voyageurs font preuve d’attentisme dans leurs réservations de billets d’avion face aux incertitudes liées à la crise de la COVID-19 et les ventes pour la première semaine de novembre n’atteignent par exemple que 5 % de celles de l’année dernière, a indiqué mardi l’Association internationale du transport aérien.

Agence France-Presse

Une enquête d’opinion menée début juin par l’Iata, qui regroupe 290 compagnies aériennes, montre « une plus grande prudence des voyageurs » par rapport au mois d’avril, selon un communiqué.

« Seulement 45 % » des voyageurs interrogés début juin ont l’intention de reprendre l’avion dans les premiers mois suivant la fin de la crise, contre 61 % en avril, précise l’organisation. Trente-six pour cent des personnes interrogées attendraient six mois, contre 21 % en avril.

En juin, les réservations sont en baisse de 82 % par rapport au même mois de l’an dernier.

En outre, les passagers font leur réservation peu de temps avant leur voyage. Ainsi 41 % des réservations faites en mai concernaient des voyages dans les trois jours contre 18 % en mai 2019.

« Les chiffres vont dans le bon sens, mais en aucun cas vers des niveaux d’activités normaux », a souligné le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac, au lendemain de l’ouverture, en ordre dispersé, des frontières en Europe.

Les mesures de quarantaine — comme à l’arrivée au Royaume-Uni — sont un « frein majeur » aux voyages, selon M. de Juniac.

Face à une saison hivernale (novembre à mars) qui s’annonce « rude », l’organisation demande la prolongation de la mesure d’assouplissement temporaire des règles sur les créneaux aéroportuaires afin d’éviter les vols à vide, accordée par la Commission européenne pour la saison estivale, d’avril à octobre.

Ces règles obligent normalement les compagnies à utiliser au moins 80 % des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante.

L’Iata demande en outre aux gouvernements « de continuer à apporter des mesures de soulagement » et des aides sur les salaires et les taxes au secteur, terrassé par la crise du coronavirus.

Les compagnies aériennes pourraient subir plus de 84 milliards de dollars de pertes nettes lors de leur exercice 2020 et plus de 15 milliards encore en 2021. En termes de chiffre d’affaires, l’Iata évalue le manque à gagner cette année à 419 milliards de dollars.

Le transport aérien a été paralysé depuis le mois de mars pratiquement partout dans le monde et le trafic ne devrait retrouver son niveau d’avant-crise qu’en 2023, selon l’Iata.