(Zurich) La compagnie aérienne Swiss, filiale du groupe allemand Lufthansa, a suspendu plus de 80 % de ses vols au cours des dernières semaines, a-t-elle indiqué jeudi lors de la publication de ses résultats annuels, et elle a pris des mesures pour protéger ses liquidités.

Agence France-Presse

Plus des deux tiers de la flotte ont déjà été retirés du service en raison des restrictions de voyage et des fermetures de frontières liées à la propagation du nouveau coronavirus qui ont eu un fort impact sur le transport aérien, a indiqué la compagnie suisse dans un communiqué.

Si la situation doit encore se détériorer, et si des interdictions de vol supplémentaires sont imposées, une suspension temporaire complète des opérations aériennes ne peut être exclue, a-t-elle précisé.

« Swiss s’efforce de maintenir le plus longtemps possible ses liaisons aériennes, même minimales, afin de pouvoir les réactiver au plus vite vers les pays qui s’ouvriront une fois la crise passée », a déclaré Thomas Klühr, son directeur général, cité dans le communiqué.

« La demande va reprendre, mais avec un certain retard et seulement progressivement », a-t-il ajouté.

Compte tenu de la chute spectaculaire des réservations, la compagnie aérienne subit une perte de revenu « considérable », a-t-elle indiqué.

L’évolution de la situation est « extrêmement imprévisible » et il est par conséquent « impossible » d’établir des prévisions de résultats pour 2020.

En 2019, la compagnie aérienne a réalisé un chiffre d’affaires quasiment stable par rapport à l’année précédente, de 5,3 milliards de francs suisses.

Mais elle a vu son bénéfice d’exploitation fléchir de 9 %, à 578 millions de francs face notamment à des dépenses de carburant et de maintenance. L’an passé, la compagnie aérienne a également déjà ressenti l’impact de la baisse de la demande de fret avec le ralentissement de l’économie mondiale.

Face à la pandémie qui plonge le transport aérien en graves difficultés, la compagnie aérienne a pris des mesures d’économies pour préserver ses liquidités immédiates, dont le gel des embauches, la renonciation partielle aux salaires des dirigeants et l’arrêt des projets non essentiels.

Des mesures de chômage partiel vont également être introduites dans les prochains jours.

« Il faut partir du principe que toutes les compagnies aériennes en Europe auront besoin d’un soutien étatique. La question n’est pas de savoir si cela se produira, mais quand », a prévenu le patron de Swiss.

Les mesures de chômage partiel concernent le personnel navigant en cockpit et en cabine ainsi que le personnel de la maintenance et du fret, la compagnie aérienne précisant qu’une nouvelle demande va être déposée ce jeudi pour ses départements administratifs.