(Berlin) La compagnie aérienne allemande Lufthansa va supprimer « jusqu’à 90 % » de ses capacités de vols long-courriers alors que l’aggravation de la pandémie de coronavirus provoque une chute sans précédent du trafic aérien dans le monde, a annoncé le groupe lundi.

Agence France-Presse

Le nombre de sièges proposé sur les long-courriers sera réduit de « jusqu’à 90 % » à partir de mardi par rapport au plan de vol initial, ces suppressions concernant essentiellement les liaisons vers « le Proche-Orient, l’Afrique et l’Amérique centrale et du sud », indique le groupe dans un communiqué.

En Europe, pour les trajets courts, le groupe n’offrira que « 20 % des capacités de sièges initialement prévus ».

À l’origine, les compagnies aériennes du groupe Lufthansa devaient assurer environ 11 700 liaisons hebdomadaires de court-courrier lors de l’été 2020.

Le nouveau programme de vols s’applique dans un premier temps jusqu’au 12 avril 2020, a précisé le groupe.

La filiale autrichienne Austrian Airlines suspend elle tous ses vols réguliers à partir du jeudi 19 mars 2020 et ce jusqu’au le 28 mars 2020.

Seule division à voir son activité se poursuivre normalement, la filiale dans le fret, Lufthansa Cargo « effectue tous ses vols prévus, à l’exception des suppressions vers la Chine continentale », ajoute le groupe.

Cette exception s’explique par le fait que les marchandises habituellement transportées dans les soutes des avions de ligne doivent l’être désormais davantage par des avions-cargos.

Lufthansa a indiqué vendredi qu’elle disposait de 4,3 milliards d’euros de trésorerie, après avoir encore levé 600 millions d’euros la semaine dernière pour parer aux difficultés.

Elle pourrait aussi le cas échéant céder une partie de sa flotte qu’elle détient à 86 % en propre, un pourcentage élevé dans le secteur.

« On nous a assuré que les finances en réserves pourraient suffire à couvrir plusieurs mois d’exploitation », déclare Janis Schmitt, porte-parole du syndicat des pilotes Cockpit de Lufthansa, joint par l’AFP.

Lufthansa pourrait toutefois demander à bénéficier d’aides d’État dans les pays européens où elle opère, l’Allemagne, mais aussi la Belgique, la Suisse et l’Autriche, où se trouvent les sièges des compagnies du groupe, a indiqué vendredi Carsten Spohr, le patron du groupe.

Le groupe « a obtenu d’excellents résultats ces dernières années et s’est développé en Europe. Son importance systémique ne fait pas de doute », selon Cord Schellenberg, consultant dans le secteur aérien.