(Madrid) Le nombre de touristes dans le monde devrait baisser de 1 à 3 % en 2020 en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus, contre une hausse de 4 % prévue jusqu’ici, a annoncé vendredi l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Agence France-Presse

Cette baisse « se traduirait par une perte estimée de 30 à 50 milliards de dollars en dépenses de touristes », estime l’OMT dans un communiqué, soulignant qu’il est « trop tôt pour évaluer l’impact complet de (la maladie) COVID-19 sur le tourisme mondial. »

Environ 1,5 milliard de touristes ont parcouru le monde en 2019. Leurs dépenses avaient atteint près de 1500 milliards de dollars en 2018 (dernier chiffre disponible).

La région Asie-Pacifique devrait souffrir le plus, avec une baisse estimée de 9 à 12 % du nombre de visiteurs, alors que l’OMT prévoyait auparavant une hausse de 5 à 6 % des touristes dans cette région.

« Les estimations pour d’autres régions du monde sont prématurées pour le moment en raison de la rapidité de l’évolution de la situation », souligne l’agence des Nations Unies basée à Madrid.

Pour cette même raison, l’OMT n’exclut pas de devoir de nouveau réviser sa prévision globale.

« Les restrictions sur les voyages et les annulations de vols et réductions de fréquence ont diminué significativement l’offre de services de voyages, tandis que la demande continue de se rétracter », analyse l’organisme.

Fin février, l’OMT avait appelé à réduire au minimum les « entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux », rappelant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’avait « pas recommandé de restreindre les voyages ».

Mais depuis fin janvier, des dizaines de compagnies aériennes ont suspendu ou réduit leur desserte de la Chine, berceau de l’épidémie, puis de l’Italie, pays européen le plus touché.

Le mouvement de baisse de réservations a ensuite fait tache d’huile, atteignant désormais toutes les destinations y compris celles qui sont faiblement touchées par la maladie.   

L’OMT, qui estime que les PME du tourisme seront particulièrement touchées, appelle à des « mesures de soutien » pour le secteur.