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Ubisoft: un anthropologue chez les gamers

Laurent Simon connaît bien Ubisoft. Comme un anthropologue qui chercherait à étudier une tribu exotique, cet homme aujourd'hui professeur à HEC Montréal a passé quelques mois au sein du studio montréalais question d'en comprendre la culture.

Le résultat de cette étude est une thèse de doctorat fascinante qui nous fait plonger au coeur des débuts d'Ubisoft à Montréal.

Les entrées, datées, décrivent sa vie chez Ubisoft. En voici quelques-unes.

2 février 1998

Je m'assieds à côté de Martin qui sera le sujet de mes premières observations «en action». Ma présence ne semble guère l'enthousiasmer, il poursuit ses tâches. () Je crains de le déranger, mais je brûle d'en savoir plus, de comprendre ce qu'il fait réellement. Je lui pose la question et reçoit la réponse, toute naturelle, après un temps: «Je programme l'intelligence artificielle d'un pigeon.»

Premier vrai choc de l'exotisme, cher aux anthropologues: indéniablement, j'étais ailleurs, aux marges d'un nouveau monde, à la lisière de l'extrême contemporain.

10 février

Marc-André charge l'éditeur sur l'écran de droite et le jeu sur l'écran de gauche. Il a besoin de voir sa partie de jeu pour réfléchir aux modifications. L'éditeur plante. Très agacé, le game-designer lâche un «T!» retentissant. Puis il rigole et m'apprend que dans le jeu, le méchant a été baptisé «Barnak». Nous rions.

2 mars 1998

(à la suite d'une entrevue d'embauche)

Je me permets de demander à Benoît s'il est satisfait (du candidat qu'il vient de passer en entrevue). Sa réponse est sans équivoque: «Mets-en! C'est clair. C't'un trippeux. C'est ça qu'on cherche. Il va être bon. Après, faut qu'il fit avec le projet. Mais si c'est un vrai gamer, pas trop hardcore, il peut faire des choses bien même avec des bonhommes en plastique!»

6 avril

Émilio se concentre maintenant sur une animation du héros du jeu. Il s'agit d'un effet de magie. Le personnage prend un court élan et lance devant lui trois boules de couleurs (...). Émilio se lève. Dans l'espace d'un mètre cinquante qui sépare les bureaux, il mime le geste du personnage. (...) Visiblement concentré, il ferme les yeux pour mieux ressentir son mouvement. Il se pénètre du geste.

Au terme de son travail, Laurent Simon conclura avoir découvert chez Ubisoft une «nouvelle génération de travailleurs».

À lire aussi:

- Ubisoft: une arrivée controversée à Montréal

- Ubisoft: une arène pour créateurs

Le secteur du jeu vidéo vous intéresse? Consultez le blogue de Sébastien Ebacher.




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