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Le projet d'adresses en «.vin» continue, malgré les oppositions

Les viticulteurs craignent entre autres d'avoir à payer... (Photo Digital/Thinkstock)

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Les viticulteurs craignent entre autres d'avoir à payer pour enregistrer leurs marques avec une adresse internet se terminant en «.vin» et «.wine».

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Des adresses internet se terminant en «.vin» ou son équivalent anglais «.wine» devraient faire leur apparition d'ici quelques mois, malgré l'opposition de plusieurs gouvernements européens et des producteurs de diverses régions viticoles.

Dans des documents consultés mercredi par l'AFP, l'organisme de régulation des noms de domaine Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) réaffirme son projet d'autoriser ces nouvelles extensions.

Il précise qu'à l'issue d'une période d'examen de 60 jours, il n'a pas trouvé d'erreurs dans la procédure qui avait conduit à une approbation temporaire en mars.

L'Icann précise dans un communiqué qu'au cours de la procédure entamée en 2011 en vue de créer de nouveaux noms de domaines, «les parties opposées ont eu l'opportunité de communiquer des objections formelles (...) Aucune de ces objections n'a été communiquée contre .vin ou .wine».

L'Icann maintient aussi avoir respecté les procédures prévues dans ses statuts.

Plusieurs gouvernements européens ont protesté publiquement ces derniers mois contre le projet, de même que des organisations représentant les producteurs de vin en Europe mais aussi en Californie, soucieux de protéger la réputation d'appellations d'origine comme «Bordeaux» ou «Napa» par exemple.

Les viticulteurs craignent entre autres d'avoir à payer pour enregistrer leurs marques avec une adresse internet se terminant en «.vin» et «.wine» s'ils veulent éviter que celle-ci ne soit utilisée par un imposteur ou pour leur faire du tort.

Trois ministres français avaient encore écrit la semaine dernière à la Commission européenne pour lui demander de refuser l'attribution d'extensions internet en «.vin» et «.wine» sans protection des appellations d'origine.

Laurent Fabius (chargé des Affaires étrangères), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Axelle Lemaire (Numérique) soulignaient que la procédure «menace de devenir un cas emblématique des dérives du système actuel de la gouvernance de l'internet».

Le gouvernement américain a en revanche apporté il y a quelques mois son soutien au projet, estimant dans une lettre que l'Icann serait «mal avisé (...) de chercher à identifier des comportements de mauvaise foi lors de l'utilisation d'appellations géographiques (...) quand les experts du monde entier sont incapables de le faire depuis des années».

Trois entreprises sont candidates pour tenir le registre des adresses en «.wine», et l'Icann leur a donné jusqu'à janvier 2015 pour trouver un compromis, faute de quoi il organisera des enchères.

Pour «.vin», il n'y a qu'un seul candidat, l'américain Donuts Inc. Mais l'aboutissement de la procédure devrait quand même encore prendre quelques mois.




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