Grâce à un baromètre du bonheur qui analyse en permanence, à l'aide d'un programme informatique, les messages circulant sur Twitter, des chercheurs américains mesurent les états d'âme du public.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce baromètre du bonheur et de la tristesse, appelé «hédonomètre», est accessible au public depuis mardi à www.hedonometer.org.

L'instrument collecte des données sur Twitter depuis déjà cinq ans, mesurant les hauts et les bas de l'humeur des utilisateurs de cette messagerie populaire.

Le programme analyse environ 10% de tous les tweets émis en langue anglaise, donnant ainsi une idée de l'humeur de la communauté des internautes surtout aux États-Unis.

Les chercheurs ont ainsi constaté que le jour de l'attentat à la bombe près de la ligne d'arrivée du marathon de Boston, le 15 avril, a été le plus triste mesuré en cinq ans par ce baromètre, légèrement plus sombre que le jour du massacre de jeunes écoliers à Newtown dans le Connecticut le 14 décembre.

Les jours les plus heureux ont été pendant les fêtes comme Noël ou Thanskgiving, indiquent-ils.

Cet «hédonomètre» s'appuie sur quelque 10 000 mots classés sur une échelle de un à neuf.

Le mot «heureux» est classé à 8,30 tandis qu'au plus bas apparaissent «accident», «guerre» et «prison» classés respectivement à 2,60, 1,80 et 1,76.

Le système collecte chaque jour quelque 50 millions de tweets de partout dans le monde, précisent ces chercheurs de l'Université du Vermont et de la MITRE Corporation, une organisation de recherche à but non lucratif.

«Nous mettons tous ces mots dans un énorme récipient» pour calculer un indice du bohneur, explique Peter Dodds.«Cela donne une très bonne idée du degré de bohneur et ce en temps réel», précise-t-il.

Le jour où un commandot américain a tué Oussama ben Laden a été paradoxalement mesuré comme plus triste que la moyenne, selon ce chercheur qui explique cela par le grand nombre de mots «négatifs» comme «mort» ou «tué» circulant dans les tweets.

Les initiateurs du projet vont prochainement élargir les données entrant dans l"hédonomètre» pour y inclure entre autres Google Trends, le New York Times et des blogues.

Le système qui ne fonctionne pour le moment qu'avec des textes anglais va aussi collecter des données en 12 langues.

Cette même équipe de chercheurs avait publié en février une analyse de tweets provenant de téléphones portables pour classer les villes américaines selon leur attrait pour y vivre.

Napa, en Californie, est arrivée en tête et Beaumont, au Texas, au fond du classement.

Le mot «hedonometer» a été inventé par l'économiste et philosophe irlandais Francis Edgeworth à la fin du 19e siècle, pour décrire «un instrument idéal pour mesurer en permanence le degré de plaisir d'un individu».