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Les moments embarrassants survivent longtemps sur l'internet

«Grâce» aux caméras de téléphones cellulaires et aux sites comme YouTube, «La... (Photo: Photothèque La Presse)

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Photo: Photothèque La Presse

Steve Lambert
La Presse Canadienne
Winnipeg

«Grâce» aux caméras de téléphones cellulaires et aux sites comme YouTube, «La fois où j'ai eu l'air le plus fou» peut nous poursuivre et nous accabler bien longtemps.

Il ne pourrait s'agir que de quelques secondes: vous perdez votre calme dans un magasin ou vous agissez en hurluberlu sur le chemin du retour après une soirée en ville.Il n'y a pas si longtemps, dans l'ère prénumérique, quelques passants auraient peut-être remarqué votre comportement, mais tout aurait été très vite oublié.

Cependant, à l'ère des caméras de téléphones cellulaires et des sites comme YouTube, un bref moment d'égarement peut rester longtemps sur Internet et être potentiellement vu par des millions d'internautes.

Et si voulez que ce moment si embarrassant soit retiré d'Internet, vous pourriez avoir à affronter vents et marées, ont averti des experts en respect de la vie privée.

Selon Brian Bowman, un avocat de Winnipeg qui se spécialise en droit relatif au respect de la vie privée, les gestes que nous choisissons de poser en public appartiennent à la sphère publique.

L'un des exemples les plus récents et notoires met en «vedette» une femme qui arrive dans un aéroport de Hong Kong, en février, et qui apprend qu'elle vient tout juste de manquer son avion. Alors qu'elle devient hystérique, un employé du transporteur aérien met en marche la caméra de son téléphone cellulaire.

La vidéo de trois minutes où on la voit hurler, éclater en sanglots et se jeter au sol a été vue des millions de fois sur YouTube et a été reprise par des réseaux de télévision à travers le monde. Le transporteur aérien s'est excusé pour les agissements de son employé, mais la vidéo demeure toujours disponible au public.

Et même s'ils se produisent dans des endroits moins publics, les gestes posés par une personne pourraient être pris sur vidéo et ensuite être partagés avec le reste du monde.

Ghyslain Raza, un adolescent de Trois-Rivières, en Mauricie, a enregistré une vidéo pour un projet pour son école secondaire dans laquelle il imite un personnage du film «La Guerre des étoiles» à l'aide d'un sabre laser. Quelqu'un a mis la main sur cette vidéo et l'a téléchargée sur YouTube, permettant aux internautes de la visionner et de commenter la performance de l'adolescent.

Les parents de Ghyslain Raza ont intenté des poursuites contre les parents de trois compagnons de classe qui auraient téléchargé la vidéo. L'affaire a été réglée à l'amiable en 2006, et aucune des deux parties n'a voulu dévoiler la teneur de l'entente. La vidéo de l'adolescent, toutefois, est demeurée disponible sur le site de YouTube.

La justice ne s'est toujours pas réellement prononcée en ce qui concerne le respect de la vie privée à l'ère de YouTube, a estimé l'avocate Monique St-Germain, également chargée de cours à temps partiel à la faculté de droit de l'Université du Manitoba. Et pour compliquer davantage les choses, les lois concernant la vie privée varient de province en province, et certains cas tombent dans le champ de compétence fédérale, où une autre loi prévaut.

Alors, que pouvez-vous faire si jamais le moment le plus embarrassant de votre vie est accessible au monde entier grâce à la magie d'Internet?

Commencez tout d'abord vos démarches auprès du site qui présente le matériel. YouTube, Google Vidéo et les autres sites Internet semblables ont des formulaires de plaintes que vous pouvez remplir.

Cependant, YouTube avertit que les vidéos filmées dans un endroit public sont considérées comme étant du domaine public. Le site demande également aux internautes désirant porter plainte de contacter tout d'abord la personne qui a téléchargé la vidéo et de lui demander de la retirer.

Vous pouvez aussi tenter de poursuivre la personne qui a filmé ou téléchargé la vidéo, mais la loi est, tout au mieux, vague sur le sujet, selon Monique St-Germain et Brian Bowman.

En fait, Me Bowman estime que la balle est maintenant dans le camp des politiciens.

«Il s'agit d'un enjeu qui prend de l'importance, d'affaires auxquelles nous allons assister de plus en plus, et je pense que la pression va s'accroître sur les législateurs, a-t-il avancé. L'utilisation de vidéos et de YouTube prolifère (...) et je crois que nos lois ne correspondent pas nécessairement aux attentes que la plupart des personnes auraient.»

Vous avez une nouvelle à nous communiquer ou encore une idée pour un reportage? Écrivez-nous à technaute@cyberpresse.ca.  




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