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«Cyber ADISQ»... pas encore en haute vitesse

L'ADISQ s'inscrit en faux contre la tendance canadienne à la déréglementation au profit des «forces du marché». C'est ce qu'il fallait retenir du discours de son président, Paul Dupont-Hébert, donné hier au gala télévisé. L'univers numérique est particulièrement visé par cette contestation des producteurs québécois de musique et de variétés.

Dans les jours qui viennent, l'ADISQ fera du millage sur cette question. De concert avec plusieurs associations et regroupements culturels québécois, elle donnera aujourd'hui une conférence qui nous en apprendra davantage sur sa position et ses exigences.

«Ce qui motive notre action, c'est la dérive du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes», affirme d'abord Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ.

Rappelons que le CRTC a le pouvoir de réglementer et de surveiller tous les aspects du système canadien de radiodiffusion de même que les entreprises et les fournisseurs de services de télécommunications qui sont du ressort fédéral et de la Loi sur la radiodiffusion.

«Depuis que l'internet a été déréglementé à la fin des années 90, nous croyons que le CRTC donne de plus en plus libre cours aux forces du marché sans réglementer l'offre. Or, dans le monde culturel, un marché équitable réglementé par l'offre, ça n'existe pas», soutient Solange Drouin.

Alors? Le défi consiste à faire en sorte que l'offre soit proéminente sur internet. Vraiment? Comment, en 2007, peut-on imaginer des règles contraignantes sur internet qui feraient en sorte que les musiques québécoises et canadiennes puissent être ainsi mises en valeur? À l'ADISQ, on y croit.

«Bien sûr, signale sa directrice générale, nous n'avons pas l'intention d'exiger 65% de contenu francophone sur la Toile comme c'est le cas à la radio, mais il est quand même possible d'imaginer qu'un bouquet de services offerts par les fournisseurs canadiens d'accès internet (FAI) donne une place prépondérante aux contenus canadiens». Toute cette discussion américaine sur le net neutrality mène à croire que les FAI sont capables de choisir ce qui passe et ce qui ne passe pas dans leurs tuyaux.

«Alors? Si, par exemple, je m'abonne à Bell Sympatico ou à Bell Mobilité, je voudrais qu'on s'assure que les contenus canadiens y soient accessibles en priorité. Si Google est capable de le faire en Chine avec des intentions de censure, nous sommes capables de le faire ici avec des intentions de promotion culturelle. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit évidemment pas de censure mais de contrôle de notre environnement culturel. Et si les FAI canadiens s'annoncent comme les distributeurs de contenus de demain, qu'ils prennent leurs responsabilités.»

L'exception québécoise

L'ADISQ a encore le temps de peaufiner sa vision du monde numérique, puisque le marché québécois traîne la patte à ce titre : à peine 1,7 % de la musique vendue au Québec résulte de l'achat en ligne - l'an passé, c'était 0,9 %. Or, la moyenne mondiale est de 11 %, et la proportion américaine est de 17 %! Comment expliquer cette lenteur ?

Solange Drouin suggère deux pistes de réponse: «Primo, les Québécois ont une petite gêne à copier leurs artistes, qui occupent 42,5 % de parts de marché (selon les statistiques de 2006). Secundo, les Québécois ont été en retard au domaine de la connexion haute vitesse, ce qui n'est plus le cas.» Effectivement: en 2006, 58 % des adultes québécois étaient en haute vitesse, nous apprend une étude du Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO).

Qui plus est, le déclin des ventes de CD est peu prononcé au Québec: en 2006, les ventes «physiques» ont baissé de 5% par rapport à l'année 2005. De janvier à septembre 2007, on observe une baisse de 3% par rapport à la même période de l'année précédente.

Nettement inférieures à la moyenne mondiale (le chiffre d'affaires de la musique a fondu de moitié depuis 1999), les baisses cumulées des ventes de CD demeurent quand même inquiétantes pour un petit marché comme le nôtre: entre 2004 et 2006, on est passé de 13 millions à 12 millions de CD vendus.

Si elle espère une offre accrue de contenu canadien sur internet, Solange Drouin reste consciente que «l'offre légale en ligne ne compensera jamais la perte des ventes physiques». Cette proéminence espérée sur la Toile ne peut donc être la seule solution envisagée.

Et la répression? À l'ADISQ comme dans l'ensemble de l'industrie canadienne de la musique, on ne croit pas aux poursuites contre les internautes. Les sites illégaux, toutefois... «Québec Torrent, soulève Solange Drouin, compte 46 000 adhérents et s'affiche clairement comme un fournisseur de contenus québécois. On ne peut laisser aller ça.»

Chose certaine, le volet «cyber ADISQ» n'est pas encore passé en haute vitesse...




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