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La «triche» numérique arrive dans les écoles

Associated Press
Meridian, Idaho

D'abord il y a eu l'interdiction durant les examens des casquettes de baseball, sur la visière desquelles les élèves pouvaient inscrire les réponses. Puis les écoles ont commencé à interdire les téléphones portables, après avoir compris que les élèves trichaient par textos interposés.

Aujourd'hui, les écoles américaines s'en prennent aux lecteurs multimédia soupçonnés d'être un outil potentiel de «triche».

Les responsables scolaires estiment en effet que les iPod et autres Zune peuvent être facilement dissimulés sous les vêtements, une oreillette et un fil étant les éléments visibles; ces éléments eux-mêmes pouvant être discrètement cachés derrière l'oreille ou encore sur un col de chemise.

«Il ne faut vraiment pas longtemps aux adolescents pour s'adapter. Ils ont une créativité débordante dès qu'il s'agit de trouver des nouveaux moyens de tricher», note Aaron Maybon, proviseur du lycée de Mountain View, dans l'Idaho.

Ce lycée a décrété l'interdiction totale des lecteurs multimédia quand des responsables ont eu vent que certains lycéens téléchargeaient des «antisèches».

Ce qui n'empêche pas les «accros» de continuer à écouter leur musique.

«Il suffit simplement de faire passer l'oreillette par une de ses manches et de la porter à son oreille, un peu comme si on tenait la tête», explique Kelsey Nelson, 17 ans.

Mais pour Shana Kemp, porte-parole de l'Association américaine des proviseurs d'établissements du secondaire, la «triche» technologique n'est pas un phénomène nouveau.

Simplement, les enseignants et les responsables administratifs -parce qu'ils sont d'une autre génération- mettent un certain temps avant de s'imprégner des nouvelles techniques.

Et Shana Kemp d'ajouter que l'on assiste à un phénomène national, même si elle ne dispose d'aucune statistique précise.

Damir Bazdar, lycéen de 16 ans à Mountain View, explique que certains de ses camarades enregistrent les réponses à l'avance sur leur iPod et les écoutent au moment de l'examen.

D'autres téléchargent des notes codées sur leur lecteur multimédia et les dissimulent dans les fichiers «paroles» de leur lecteur.

Au lycée San Gabriel de West Covina en Californie, un professeur a confisqué un iPod pendant son cours et découvert les réponses à un examen et des notes codées, ainsi que des définitions soigneusement dissimulées au milieu des fichiers de musique.

Les lycées de Seattle ont également interdit ces appareils.

Et le phénomène ne se limite pas aux États-Unis. Au Canada, le lycée Sainte-Marie de Sault-Sainte-Marie, en Ontario, a interdit téléphones portables et lecteurs multimédia.

En Australie, c'est l'université de Tasmanie qui a pris la décision d'interdire iPod, dictionnaires électroniques, lecteurs de CD et vérificateurs orthographiques.

À l'inverse, la prestigieuse université de Duke en Caroline du Nord avait commencé, il y a trois ans, à distribuer des iPod à ses étudiants dans le cadre d'une expérience destinée à déterminer si ces appareils permettaient d'améliorer l'apprentissage.

Ces lecteurs se sont avérés d'une valeur inestimable pour certains cours comme ceux de musique, de mécanique ou encore de sociologie, a souligné Tim Dodd, le directeur du centre d'intégrité académique de Duke. Et d'ajouter que les incidents liés à la «triche» ont décliné au cours des dix dernières années dans cette université.

Pour Tim Dodd, «tenter de combattre la technologie sans un dialogue sur les valeurs et les attentes est un combat perdu d'avance».




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