À en juger par quelques échos reçus ici, la 21e place d'Alex Harvey au 15 kilomètres style libre en a laissé plusieurs sur leur appétit, lundi. Or dans le clan du fondeur de 21 ans, l'heure est à l'optimisme. On s'attend à une grande course pour la poursuite de samedi.

Mis à jour le 17 févr. 2010
Simon Drouin LA PRESSE

D'abord, trois précisions s'imposent. En termes de résultat, le 15 km était clairement l'épreuve la moins importante pour Harvey à Whistler. Il s'agissait d'une mise en jambes, une façon de briser la glace pour cette première expérience olympique.

Le 15 km individuel n'est pas sa spécialité. Pour un jeune athlète, il peut être difficile de moduler son effort dans une épreuve chronométrée, a rappelé Louis Bouchard, entraîneur personnel de Harvey, en entrevue téléphonique mardi.

En revanche, ce 15 km servait d'instrument de mesure pour la préparation effectuée par le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges avant son arrivée aux Jeux. Une semaine de repos relatif a suivi deux semaines de grand volume et de haute intensité à l'entraînement. L'idée est de faire «surcompenser» le corps et d'en tirer les bénéfices pendant les Jeux. Le fameux pic de performance.

Même si la formule fonctionne depuis cinq ans, ce n'est pas une science exacte. Bouchard admet que son poulain était un peu nerveux quand il a fini 62e au 15 km libre de la Coupe du monde de Canmore, le week-end précédant le début des Jeux. Le phénomène habituel s'est produit: le niveau d'énergie a dramatiquement baissé en phase de repos.

«On a fait ça lors des derniers Championnats du monde, juniors, U23 et seniors, mais l'enjeu n'était jamais aussi grand qu'ici, a expliqué Bouchard. C'est difficile à gérer en termes de stress.»

Tout le monde a été rassuré par ce qui s'est produit lundi; 21e, c'est le meilleur résultat de Harvey dans ce type d'épreuve. Il avait fini 36e d'un 15 km classique aux derniers Mondiaux de Liberec.

Harvey, qui ne participe pas au sprint d'aujourd'hui, peut maintenant anticiper de belles choses pour la poursuite de samedi - un 15 km classique suivi d'un 15 km style libre.

«Toutes les chances sont permises, a évalué Bouchard. Un départ groupé, c'est le style de course qu'il préfère. Il est capable de s'ajuster à la vitesse des meilleurs au monde. Contrairement à une course individuelle, on n'a pas à penser à gérer la vitesse. Qui sait, il peut très bien avoir un top 10, un top cinq ou même une médaille.»