Certains, comme Thomas Voeckler, feraient l'économie des jours de repos pour finir le Tour de France deux jours plus tôt. D'autres, comme David Veilleux, accueillent avec joie ce moment de répit qui leur sert de jalon avant l'arrivée à Paris.

Mis à jour le 16 juill. 2013
Simon Drouin LA PRESSE

«Ça fait du bien, mentalement, puis physiquement, de prendre un break, a glissé Veilleux depuis Avignon, en fin de journée hier. Ça sépare la course comme il faut et ça permet de mettre le compteur à zéro. Dans la tête, l'objectif, c'est la première journée de repos. Après, c'est la deuxième. Et ensuite, c'est la fin.»

Mathématiquement, David Veilleux est donc aux deux tiers de son but personnel, rallier les Champs-Élysées dimanche. Et même un peu plus si l'on ne se fie qu'au kilométrage: 2565 complétés, 839 à faire.

«Je fais un peu un décompte, c'est sûr, mais il y a tellement de travail encore à faire cette semaine!» a affirmé le cycliste de Cap-Rouge, 137e au général, à 2h13 min 55 s de Chris Froome. «Je n'y pense pas trop. J'y vais vraiment une journée à la fois, parce que la [prochaine] semaine est extrêmement dure.»

La plus difficile de ce 100e Tour, estime Veilleux, qui n'avait jamais disputé une course par étapes de plus de 10 jours jusque-là.

Il y a d'abord cette étape de moyenne montagne vers Gap (aujourd'hui), où tout le monde voudra être dans l'échappée, incluant le Québécois, qui s'est essayé en vain lors des deux dernières étapes. «Le niveau est tellement élevé! fait-il remarquer. Personnellement, j'ai de la misère à faire ce type d'efforts, à me mettre dans le rouge comme ça. Tu t'accroches et soit tu y vas quand il y a un moment de calme dans le peloton, soit tu es un peu chanceux.»

Les coureurs enchaîneront avec un contre-la-montre individuel ponctué de deux montées vers Chorges. Suivront trois étapes de haute montagne, incluant la double ascension de l'Alpe d'Huez (jeudi), le triplé Glandon-Madeleine-Croix-Fry (vendredi) et une enfilade de cinq cols avant l'ascension finale du Semnoz (samedi).

«Tous les jours, ça va être vraiment dur, anticipe Veilleux. C'est sûr que je ne ferai pas le contre-la-montre à bloc, mais il va quand même falloir se donner. Avec Froome dans les cols, les délais vont être assez serrés.»

La perspective de finir hors délai était moins inquiétante dimanche lors de la très longue étape (242,5 km) menant au Ventoux, que le représentant d'Europcar escaladait pour la première fois. Oui, la montée de 20,8 km est très dure, mais l'affronter dans le gruppetto est moins éprouvant que pour les leaders au plus fort de la bataille, a souligné Veilleux.

En revanche, l'atmosphère est aussi grisante pour les premiers que pour les derniers. «La foule, c'est spécial, a-t-il souligné. Il y a vraiment beaucoup de monde. J'ai été surpris d'en voir autant dès le pied.»

Selon les intérêts de l'équipe

Les trois premières heures de course, avalées à un rythme d'enfer, ont été encore plus usantes, d'autant plus que les Europcar ont dû rouler sur 100 km à la tête du peloton dans l'espoir de faire recoller leur leader, Pierre Rolland.

La stratégie n'a pas été un succès, Rolland se faisant décrocher avant même le début de l'ascension, mais Veilleux estime toujours son coéquipier en mesure de reprendre le maillot à pois de meilleur grimpeur d'ici la fin. «Je vais courir selon les intérêts de l'équipe, et si je peux l'aider, je vais le faire», a conclu l'athlète de 25 ans.

La journée de repos a été l'occasion pour le manager Jean-René Bernaudeau d'annoncer le renouvellement tant attendu de la commandite d'Europcar jusqu'en 2015, de même que l'arrivée de nouveaux partenaires, dont les noms seront communiqués d'ici la fin de la semaine. Voeckler et Rolland ont déjà confirmé qu'ils poursuivront l'aventure.

Veilleux, qui porte les couleurs de l'équipe depuis 2010, est plus circonspect. «Oui, je suis content d'être avec eux, ça se passe bien, je suis content que ça continue, a commenté le vainqueur d'étape au dernier Critérium du Dauphiné. On va voir dans les prochaines semaines pour les saisons suivantes.»

Un Tour de France complété ferait un bel outil de négociation supplémentaire.