Pour la première fois depuis 2008, le Canada pourra compter sur une embarcation dans l’épreuve féminine olympique de slalom K-1.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« Une grande fierté » pour Florence Maheu, dont la présence aux Jeux de Tokyo a été officialisée à la mi-janvier, dans le cadre des championnats australiens. Il s’agissait de l’une des épreuves incluses dans le processus de sélection canadienne.

« Le plus gros défi était vraiment de remporter le quota olympique en septembre au Championnat du monde en Espagne. Après, pour moi, le chemin était ouvert, précise Maheu en entrevue. À Londres et à Rio, on n’avait pas eu de représentante en slalom, et d’être capable d’accomplir ça, c’est quand même une grande fierté. »

Participer aux Jeux olympiques, c’est un rêve.

Florence Maheu

Maheu avait gagné le quota à la Seu d’Urgell en permettant au Canada de se classer au 20e rang des nations. Le Canada a ensuite intégré les 18 pays qualifiés lorsque certaines concurrentes ont choisi de participer à la nouvelle compétition de canoë plutôt qu’à celle du kayak. Pour la jeune femme de 26 ans, cette étape, puis la confirmation de sa qualification, viennent couronner 14 ans de pratique, d’efforts et de sacrifices.

La dernière ligne droite menant à la quinzaine tokyoïte sera également très agitée avec des camps au Japon, des Coupes du monde en Europe et peut-être une compétition continentale au Brésil. Mais pour l’instant, c’est à Penrith, à une heure de route de Sydney, qu’elle répète ses gammes jusqu’au début du mois de mars.

« Le cheminement pour la sélection olympique comportait deux courses en Australie en janvier et en février avec l’Australien Open, où j’aimerais faire un top 10, raconte la kayakiste de Salaberry- de-Valleyfield. Ça n’avait pas de sens de [reoartir] entre les deux compétitions, surtout que les conditions sont vraiment extraordinaires ici. On a un bassin de qualité olympique qui avait été utilisé en l’an 2000. Il y a aussi beaucoup d’internationaux qui viennent s’entraîner, ce qui permet un certain partage. »

Mettre le slalom en lumière

Le programme est particulièrement intensif avec deux séances quotidiennes sur l’eau vive, ainsi que de la musculation ou du conditionnement physique en alternance. Elle a aussi apporté son vélo pour profiter des routes de Penrith, ville située à quelques encablures du parc national des Blue Mountains.

« Je fais beaucoup de répétitions et j’ai la chance de travailler sur mes points faibles. On travaille beaucoup sur mon équilibre dans le bateau quand les mouvements d’eau sont plus forts. Ça me permet de garder ma vitesse et de ne pas avoir à réaccélérer le bateau. Aussi, je cherche à garder la vitesse du kayak quand je fais des remontées de courant. »

Partie en Australie le 28 décembre, Maheu — qui a hâte de ressentir l’énergie olympique — reviendra au Québec le 4 mars. Ses proches n’ont pas perdu de temps pour commencer les recherches et entreprendre la planification de leur voyage à Tokyo. Au-delà de la fierté que sa qualification a suscitée chez eux, elle espère que sa présence permettra de mettre le slalom en lumière.

« Le club de kayak dans ma ville est un peu dans une perte de popularité. J’espère que ça va publiciser le club. Après, si ça peut encourager d’autres clubs à commencer le slalom et ne pas seulement proposer du kayak récréatif, ce serait une victoire. »

En attendant de voir ce que l’été lui réservera, elle continue de se préparer dans l’ombre à 16 000 kilomètres de chez elle et de ses proches. « Tout ça est dans le but de faire une performance qui va me rendre contente. Y mettre tous les efforts est la seule option. »