(Tokyo) Seulement deux mois après le report sans précédent des Jeux olympiques de Tokyo, son président-directeur général, Toshiro Muto, s’est fait poser une question, jeudi, sur les progrès réalisés en prévision de 2021.

Stephen Wade
Associated Press

« Si vous demandez : ’ne sommes-nous qu’au premier virage de la course de 400 mètres ?’, je ne peux pas répondre à cette question », a déclaré Muto, par l’entremise d’un interprète, lors d’une conférence de presse en ligne.

« Mais je peux vous dire ceci : je ne pense pas que nous avons du retard dans nos préparatifs. Je ne crois pas qu’il y ait quelque délai que ce soit. »

Toutefois, en écoutant les informations fragmentaires que Muto a fournies, il semble que les préparatifs viennent à peine de sortir des blocs de départ.

PHOTO ISSEI KATO, AP

Toshiro Muto, ancien gouverneur de la Banque du Japon, s’exprime avec la prudence typique d’un gouverneur de banque centrale depuis que la pandémie de coronavirus a forcé le report des Jeux.

Un ancien gouverneur adjoint à la Banque du Japon, Muto s’exprime avec prudence depuis que la pandémie de coronavirus a forcé le report des Jeux, et s’avance peu sur l’avancement des préparatifs. Il avise qu’il ne faut pas prévoir de nouvelles tangibles jusqu’à ce que la planification atteigne la « deuxième phase » à l’automne.

Des questions subsistent : qui va défrayer les coûts pour le retard, une somme qui, au Japon, est évaluée entre 2 G$ US et 6 G$ US ; comment protéger les spectateurs, le personnel et les athlètes du coronavirus ; pourra-t-on conserver les 43 mêmes sites de compétitions et le même calendrier ?

« En ce moment, nous n’avons aucun détail ni d’éléments spécifiques dont nous pouvons parler », a mentionné Muto.

« Nous sommes tous d’accord qu’en plus des mesures pour contrer la chaleur, nous aurons besoin de mesures contre le coronavirus. »

Au cours de la dernière semaine, le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, et John Coates, un membre de l’organisation qui supervise les préparatifs en vue des Jeux, ont parlé plus ouvertement de la forme que pourraient prendre les Jeux.

Lors d’entrevues, Bach a suggéré une possible quarantaine pour les athlètes, laissé planer la possibilité que peu de spectateurs soient admis et n’a pas écarté la possibilité que les Jeux se tiennent devant des gradins déserts.

Lors d’un forum numérique organisé par News Corp Australia, la semaine dernière, Coates s’est montré très honnête.

« Nous avons de vrais problèmes parce que nous avons des athlètes provenant de 206 pays différents », a-t-il fait remarquer.

Il a énuméré des statistiques : 11 000 athlètes olympiques, 5000 officiels techniques et entraîneurs, 20 000 représentants des médias et 60 000 bénévoles.

« Il y a beaucoup de monde », a constaté Coates, sans même ajouter les 4400 athlètes paralympiques et le personnel.

Muto a noté que le mois d’octobre approche – et Coates a dit la même chose – à une période où « beaucoup d’aspects deviendront clairs dans le processus ».

« Octobre sera ce moment où nous allons entamer les discussions détaillées », a reconnu Muto.

Celui-ci a précisé qu’il n’y aura alors aucune décision quant à « la tenue ou non » des Jeux. Muto a toujours déclaré que les Jeux auront lieu, bien que Bach et Yoshiro Mori, le président du comité organisateur des Jeux de Tokyo, sont d’accord pour dire qu’ils ne peuvent être repoussés une fois de plus.

Un autre délai mènera à l’annulation des Jeux.

« C’est une entreprise gigantesque. C’est une grosse besogne », a déclaré Muto.

« Nous devons réaliser en un an et quelques mois quelque chose qui avait nécessité des mois de préparations. Il y a tant de choses que nous devons revoir et déterminer dans une très courte période de temps. »