Les Jeux de Tokyo auront-ils lieu ou pas ? La réponse devrait venir d’ici quatre semaines.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

C’est ce qu’a fait savoir dimanche le Comité international olympique (CIO), qui se laisse un échéancier de quatre semaines afin de pouvoir étudier et trancher la question une fois pour toutes, à savoir si les Jeux auront bel et bien lieu comme prévu à Tokyo en juillet.

Dans une lettre ouverte adressée aux athlètes, le président du CIO, Thomas Bach, a écrit que « la vie humaine prime sur tout ».

Au cours des prochains jours, le CIO en sera donc à étudier la question de présenter les jeux ou non avec les dirigeants japonais. Une décision en ce sens sera prise d’ici un mois.

« Nous avons entamé des discussions avec tous les partenaires pour dresser un état des lieux du développement rapide de la situation sanitaire et de son impact sur les Jeux olympiques, comprenant un scénario de report (des JO, NDLR) », a écrit M. Bach dans une lettre ouverte aux sportifs. « Nous sommes confiants dans le fait que nous aurons finalisé ces discussions dans les quatre prochaines semaines ».

Le CIO a précisé dans un communiqué qu’une annulation « n’est pas à l’agenda ».

Il faut dire que les Jeux de Tokyo sont déjà les jeux de la controverse ; depuis le début de la crise de la COVID-19, plusieurs intervenants affirment qu’il serait irresponsable, dans le contexte actuel, de procéder comme si de rien n’était.

En entrevue téléphonique avec La Presse dimanche, Jean-Luc Brassard, ex-skieur acrobatique médaillé d’or aux Jeux de Lillehammer, a exprimé son scepticisme face à cette décision du CIO.

« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, a-t-il déclaré. On reporte la décision dans quatre semaines et on va demander aux athlètes d’attendre et de continuer à s’entraîner pendant ce temps, ce qui représente un risque. On demande à tout le monde de faire sa part lors de cette crise et il serait bien de voir le CIO se poser en leader et donner l’exemple. Ce ne sera pas la fin du monde si on repousse les Jeux d’une année. Il y a un enjeu mondial avec lequel il faut composer en premier. »

Entre autres critiques au cours des derniers jours, l’ex-hockeyeuse canadienne Hayley Wickenheiser, membre de la Commission des athlètes du CIO, n’a pas ménagé le CIO dans ce dossier, déclarant la semaine dernière que « l’insistance du CIO […] est insensible et irresponsable. “

Un peu partout dans le monde, les plus grandes ligues sportives ont déjà suspendu leurs activités en raison de cette crise qui n’épargne pas l’univers du sport.

Samedi, la Fédération internationale de hockey sur glace annonçait l’annulation pure et simple de son tournoi annuel du Championnat du monde, citant des raisons de sécurité. Le populaire tournoi mondial de hockey sur glace, qui attire chaque année des dizaines de joueurs de la LNH, devait être présenté en Suisse au mois de mai. Cette décision survient au moment où les ligues de hockey du monde sont déjà à l’arrêt, incluant la LNH, qui a suspendu ses activités depuis le 12 mars.

Plusieurs autres circuits de sport au monde, notamment le baseball majeur, la NBA ainsi que la Premier League de soccer en Angleterre, ont également dû suspendre leurs activités en raison de la COVID-19.

Les Jeux olympiques, dans l’histoire moderne, n’ont jamais été remis en raison d’une pandémie ou autre crise humanitaire, bien qu’ils aient été annulés à cinq reprises en raison de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale.

Pour l’heure, les Jeux de Tokyo doivent être présentés du 24 juillet au 9 août.