Bianca Andreescu rêvait d’un match en soirée sur le court du stade Arthur-Ashe, la plus grande «scène du tennis» et elle n’a pas raté ses débuts. La Canadienne, 15e favorite des Internationaux des États-Unis, s’est qualifiée hier pour les quarts de finale en prenant le dessus sur l’Américaine Taylor Townsend, 6-1, 4-6, 6-2, dans un match de près de deux heures qui s’est terminé bien après minuit. 

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Disputé après le duel entre Rafael Nadal et Marin Cilic, le match entre Andreescu et Townsend n’a débuté qu’un peu avant 23h, dans cette ambiance un peu débridée qui caractérise les célèbres duels nocturnes de l’Omnium. La Canadienne a d'ailleurs tenu à saluer les nombreux spectateurs canadiens qui l'ont supportée encore lundi. 

«Cela n'a pas été facile, c'est une joueuse incroyable, qui a eu un beau tournoi, a souligné Andreescu après sa victoire. Je suis fière d'avoir su m'ajuster tout au long du match.»

Jouant d’abord de façon impeccable devant une adversaire très tendue, Andreescu a vite remporté les quatre premiers jeux. Elle a toutefois été rattrapée par la nervosité dans le cinquième jeu et, après avoir gâché plusieurs occasions, elle l’a échappé sur une double faute.

La Canadienne a toutefois vite retrouvé son aplomb pour reprendre le bris dès le jeu suivant. Elle a ensuite conclu la première manche avec un jeu à zéro, après tout juste 30 minutes de jeu. 

C’était difficile d’espérer un meilleur départ pour la joueuse de 19 ans, difficile aussi de penser que Townsend ne hausserait pas son niveau de jeu. L’Américaine de 23 ans, tombeuse de la 4e mondiale Simona Halep plus tôt dans le tournoi, est finalement entrée dans le match au début de la deuxième manche et c’est alors Andreescu qui s’est crispée.

PHOTO SETH WENIG, AP

Taylor Townsend

Alors qu’elle n’avait commis que huit fautes directes en première manche, elle en a frappé neuf dans les trois premiers jeux de la deuxième manche et Townsend en a profité pour prendre un net avantage.

Mais la Canadienne a une belle capacité de réaction dans l’adversité et elle a rapidement rétabli la situation en enlevant aisément les trois jeux suivants. La nervosité était toutefois encore là et c’est Townsend qui a mieux géré la fin de la manche, profitant d’une autre double faute d’Andreescu, sa septième, pour s’imposer 6-4 et forcer la tenue d’une manche décisive.

Pendant que la Canadienne profitait de la pause pour aller au vestiaire, Townsend a fait sourire les spectateurs en sortant une corde à sauter pour rester bien échauffée… alors pourtant que la chaleur et l’humidité étaient très élevées dans le stade. Andreescu a d’ailleurs commencé à montrer des signes de fatigue, mais c’est devenu une habitude pour elle et cela ne l’a pas empêchée de prendre un avantage de 2-0 en début de manche.

Quand même froissée par toutes les occasions ratées jusque-là, la joueuse de 19 ans a montré sa frustration en frappant une balle dans la foule, tout en envoyant sa raquette tout près de la chaise de l’arbitre, ce qui lui a valu un avertissement.

Cela l’a visiblement calmée puisque, après avoir laissé un jeu à sa rivale, la Canadienne s’est détachée à 4-1 à la faveur de son sixième bris du match. Elle s’est ensuite appliquée à enlever ses deux jeux au service pour sceller sa victoire.

La porte ouverte pour un autre exploit

Déjà championne à Indian Wells et à Toronto cette saison, la joueuse de 19 ans recherche à New York un autre exploit historique. Si Milos Raonic a atteint les quarts de finale à neuf reprises en Grand Chelem, cette année encore à l’Omnium d’Australie, Andreescu est la première Canadienne à réussir l’exploit depuis Eugenie Bouchard, en 2015 en Australie. Bouchard est encore la seule à avoir atteint une grande finale, à Wimbledon en 2014, mais Andreescu peut encore espérer faire mieux qu’elle à New York.

Il n’y a d’ailleurs plus aucune joueuse du top 10 dans le haut du tableau et la prochaine rivale de la Canadienne, la Belge Elise Mertens, n’est que 25e au classement. Ce sera leur premier affrontement en carrière.

Andreescu présente maintenant une fiche de 60 victoires et six défaites depuis un an. Elle est assurée d’une bourse de 500 000 $ et va entrer dans le top 10 féminin lundi prochain.