(Londres) Serena Williams, qualifiée mardi pour les demi-finales de Wimbledon, n’est plus qu’à deux victoires de l’éternité, deux victoires pour empocher son huitième titre à Londres et son 24e trophée majeur, un record absolu.

Agence France-Presse

Elle affrontera en demi-finale une novice à ce niveau, la Tchèque Barbora Strycova (54e), tombeuse de la Britannique Johanna Konta (19e). L’autre demi-finale mettra aux prises la Roumaine Simona Halep (7e) face à l’Ukrainienne Elena Svitolina (8e), elle aussi en demi-finale d’un Grand Chelem pour la première fois.

Serena se sent «bien»

Huit jours après ses premiers pas sur le gazon, voilà Serena Williams pour la 12e fois de sa carrière en demi-finale à Wimbledon après avoir bataillé face à sa compatriote Alison Riske (55e) en trois sets 6-4, 4-6, 6-3.  

Il y a deux semaines, il était difficile de savoir quel visage elle allait présenter à Londres la reine Williams, sept fois titrée sur le gazon du All England Club. Un mois avant, elle était sortie sans gloire de Roland-Garros au 3e tour, énième avatar d’une saison saccadée, incomplète, décousue, à cause d’un genou droit problématique.  

L’Américaine, qui aura bientôt 38 ans, n’avait joué que 12 matchs avant de se présenter à Wimbledon. Une préparation tronquée, qu’elle avait décidé de passer à l’ombre, sans tournoi après Paris.

Son quart de finale face à Riske n’a pas été simple, et Serena n’a pas été sereine tout le temps. Mais elle est passée. Et surtout, son corps la laisse visiblement tranquille. «C’est la première fois depuis l’Australie (en janvier, éliminée en quarts, NDLR) que je me sens bien», a-t-elle confié.  

Pas forcément une bonne nouvelle pour Barbora Strycova (54e), sa future adversaire, qui n’a elle jamais connu les effluves d’une telle hauteur dans un Majeur.  Mais les imperfections de Serena Williams notamment dans le déplacement ne seront pas gommées d’ici là, et le manque de matchs et de préparation vont peut-être rattraper un jour l’Américaine.

«Chaque match ici compte pour 5 ou 10 parce que je n’ai pas joué beaucoup. C’est vraiment une année très longue, très compliquée, je ne suis pas habituée à me blesser», a expliqué l’Américaine.  

À bientôt 38 ans, ces péripéties physiques ont freiné sa quête du record de 24 titres du Grand Chelem détenu par l’Australienne Margaret Court. Wimbledon représente cette année l’une de ses dernières opportunités, un élément qui va sans doute commencer à peser.

«J’ai de plus en plus senti de pression en vieillissant. Maintenant, j’ai eu une grande carrière, donc je la ressens moins», a-t-elle pourtant assuré. Sa demi-finale dira si son assurance est bien réelle.

PHOTO TONY O'BRIEN, REUTERS

Simona Halep

Halep, enfin la main verte

Simona Halep, qui a remporté Roland-Garros l’année dernière, mais qui a longtemps assuré ne pas se sentir à l’aise sur le tapis vert, s’est elle enfin convertie au gazon. Il lui aura fallu du temps, et une deuxième demi-finale à Wimbledon (en 2014) pour y arriver.  

Face à la surprenante chinoise Shuai Zhang (50e), qui n’avait jamais disputé de quart de finale de Grand Chelem et qui avait surtout passé près de sept ans sans le moindre match gagné en Majeur (entre 2008 et 2015), Simona Halep a mis un set à trouver le rythme. Mais une fois dedans, elle ne lui a laissé aucune chance 7-6 (4), 6-1.

«Depuis ma première demi-finale ici il y a cinq ans, tout a changé. Maintenant, j’ai beaucoup d’expérience. J’ai plus de confiance. J’adore le gazon. C’est la première fois que je dis ça», a-t-elle avoué. Un aveu pas si compliqué une fois dans le dernier carré du tournoi londonien.

L’ex-numéro 1 mondiale, qui occupait ce rang il y a à peine six mois, affrontera Elena Svitolina. L’Ukrainienne, quart de finaliste aux Internationaux d’Australie, et qui retrouve des couleurs sur la gazon londonien après quatre mois compliqués, possède en tout cas les armes pour gêner la Roumaine.