Il y avait de la belle – et rare — visite au centre Claude-Robillard, mercredi soir. L’ancien joueur étoile Ignacio Piatti a foulé, de ses crampons de velours, la pelouse de l’ancien domicile de l’Impact.

Publié le 18 août
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Et rassurez-vous, partisans montréalais : Piatti n’a rien perdu de son français appris pendant ses six années dans la métropole québécoise.

« C’est comme ma maison ici », a commenté un Piatti souriant, après un affrontement amical mettant aux prises les anciens joueurs du club et des membres des médias.

Il y a beaucoup d’émotions. Ça fait du bien de visiter des amis, de retrouver tout le monde. Je me sentais bien ici, tout le temps.

Ignacio Piatti

Parlant d’amis : il y avait un certain Mauro Biello sur le terrain. Celui-là même qui a entraîné le bon « Nacho » de 2015 à 2017. Comment c’était d’échanger le ballon avec l’ancien joueur étoile, au lieu de lui donner des directives ?

« C’étaient les mêmes tactiques que quand j’étais entraîneur : donner le ballon à Nacho ! », lance-t-il en pouffant de rire.

C’était bien. J’étais content de jouer avec lui, de le voir sur le terrain. […] Parce que c’était un joueur spécial pour ce club.

Mauro Biello, ancien entraîneur-chef de Piatti

Piatti a joué à Montréal de 2014 à 2020. Il a été l’un des architectes des succès de l’Impact à cette époque, fort de ses 78 buts en 162 matchs. Après l’aventure montréalaise, il a rejoint son ancien club de San Lorenzo en 2020, puis le Racing Club en 2021. Après quoi il a pris sa retraite, l’hiver dernier.

L’homme de 37 ans maintient que la décision de retourner en Argentine en 2020 a été « très difficile ».

« La famille voulait retourner, et pour mon père là-bas. C’est difficile parfois de prendre la décision. […] Pero, Montréal me manque. »

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Ignacio Piatti a rencontré les représentants des médias après avoir disputé un match amical aux côtés des anciens joueurs du club.

Malgré tout, Nacho a suivi le parcours de l’équipe depuis. Et ce, même si les matchs ne sont pas toujours diffusés en Argentine. C’est qu’il est « en contact avec beaucoup d’amis ici », raconte-t-il. Et samedi, il sera présent au stade Saputo à l’occasion du match contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre.

Piatti fait partie de la légende de l’Impact. Mais lorsqu’on évoque la possibilité que son nom soit un jour intronisé au Mur de la renommée du stade Saputo, il rejette l’idée de lui-même mousser sa candidature.

« Ah ! je ne sais pas. Quand j’étais ici, j’ai tout donné. Quand je sors dans la ville, les personnes qui me disent “merci, Nacho”, ça me fait plaisir. »

Le président Gabriel Gervais, qui avait aussi rechaussé ses crampons mercredi, explique avoir des « communications ouvertes » avec Piatti.

« On a toujours voulu collaborer avec des anciens joueurs, ajoute-t-il. S’ils peuvent nous aider à trouver d’autres joueurs, ou qu’ils jouent un rôle d’ambassadeur avec nous. […] Être nos yeux en Argentine, pourquoi pas ? »

« J’ai eu des frissons »

Disons-le simplement : l’évènement de mercredi soir, gratuit et ouvert au public, était des plus sympathiques.

Outre Piatti, Biello et Gervais, il y avait notamment les anciens Patrice Bernier, Wandrille Lefèvre, Patrick Leduc, Ali Gerba, Hassoun Camara, Eduardo Sebrango, Rocco Placentino et Grant Needham. Même le Brésilien Charles Gbeke avait fait le voyage.

  • Patrick Leduc

    PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

    Patrick Leduc

  • Ali Gerba

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    Ali Gerba

  • Hassoun Camara

    PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

    Hassoun Camara

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Sur les lignes de côté, les anciens entraîneurs Valerio Gazzola et John Limniatis y sont allés de petites flèches faussement indignées qui ont bien fait rigoler les joueurs substituts. Ainsi que d’autres personnalités du club, telles que le propriétaire Joey Saputo.

Les joueurs étoiles actuels Kei Kamara et Djordje Mihailovic ont aussi fait une apparition. Ce dernier a même verbalisé le souhait de prendre une photo avec « la légende » Piatti après le coup de sifflet final.

Pour moi, c’est extrêmement important que les anciens joueurs, qui ont tellement donné pour le club, puissent se rassembler.

Gabriel Gervais, président du CF Montréal et ancien de l’Impact

« J’ai eu des frissons quand je suis arrivé au centre Claude-Robillard, avoue le président. J’ai joué ici pour la dernière fois en 2007. C’était très spécial. »

Les partisans sont de retour en grand nombre au stade Saputo. Le club multiplie les évènements qui le rendent accessible pour sa communauté. L’évènement de mercredi s’inscrit-il dans cette tangente ?

« Ça fait partie des choses qu’on peut faire », acquiesce Gervais, qui ajoute avoir « plein d’idées, surtout pour le 30anniversaire l’année prochaine ».

« Nos joueurs sont motivés. Vous avez vu combien d’anciens sont venus ? Ils adorent faire ça. »

Biello renchérit.

« C’est extrêmement important parce que ce sont des joueurs qui ont vécu, qui ont aidé ce club. C’est eux qui ont formé la fondation. […] Ça donne cette richesse au club et son histoire. »

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Gabriel Gervais, président du CF Montréal et ancien de l’Impact

« Des guerriers sur la route »

Que retient Gabriel Gervais de la belle saison que le CF Montréal est en train d’accomplir ? Sa « résilience ».

« Ce sont des guerriers sur la route, se réjouit-il. L’équipe n’abandonne jamais. C’est une équipe tissée très serré. »

Le président avait fait le voyage à New York en avril, quelques jours après sa nomination, alors que le CFM affrontait les Red Bulls.

« On perdait 1-0, et dans le passé, l’équipe sur la route s’écroulait. Maintenant, j’ai vu une équipe qui est revenue. On a gagné le match 2-1. J’ai vu l’équipe fêter dans le vestiaire. »

Et il note ensuite le bon travail de Wilfried Nancy et de son personnel.

« Je vois le choix de l’entraîneur et de son staff. Ils font des changements en deuxième demie qui créent des étincelles. […] Tout le monde semble heureux, en tout cas de ce que je vois à l’entraînement, pendant le match ou au centre d’entraînement pendant le déjeuner. »

Le président ne veut toutefois pas s’immiscer dans la discussion entourant la prolongation de contrat de Wilfried Nancy.

« Il fait très, très bien. On est extrêmement contents avec lui. On va avoir des discussions en temps et lieu. »