(Genève) Les procureurs dans le procès pour fraude intenté à l’ex-président de la FIFA Sepp Blatter et l’ex-vice-président Michel Platini ont demandé mercredi une sentence suspendue de 20 mois d’emprisonnement.

Publié le 15 juin
Graham Dunbar Associated Press

Blatter et Platini, ex-capitaine de la sélection française et ex-président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), pourraient tout de même être condamnés à cinq ans de prison pour malversation financière. Un emprisonnement est tout de même considéré improbable au terme de leur procès qui durera 11 jours. Les verdicts devraient être livrés le 8 juillet.

Plus tôt mercredi, le procureur Thomas Hildbrand a demandé aux trois juges de la Cour criminelle fédérale de Suisse à Bellinzone que Platini rembourse à la FIFA plus de 2,2 millions de francs suisses (2,85 millions  CAD) en compensation.

Les deux hommes nient toutes les accusations de fraude à leur endroit au sujet d’un versement de 2,6 millions fait auprès de Platini en 2011. À ce moment, Blatter était président et Platini était pressenti pour le remplacer, possiblement à compter de 2015.

Platini a déclaré par communiqué qu’il était « serein et confiant ».

« Les accusations portées aujourd’hui ne reposent sur rien, a dit Platini. Les débats devant la cour prouvent que cette procédure criminelle n’a pas lieu d’être. »

Blatter et Platini ont témoigné la semaine dernière et devraient faire une déclaration finale à la fin du procès, prévue pour le 22 juin.

Leur défense n’avait pas passé le test de la Commission d’éthique de la FIFA, qui les a tous deux bannis à vie du football. La Commission d’appel de la FIFA a plus tard rejeté leur défense, comme l’a aussi fait le Tribunal arbitral du sport.

Blatter prétend que la FIFA a tenu compte de ce versement selon les règles, tandis que Platini argue que ces allégations n’ont fait surface qu’en septembre 2015, afin de l’empêcher de briguer la présidence de la FIFA.

Les ennuis légaux de Blatter, 86 ans, ont pris une nouvelle tournure mercredi, alors que l’Associated Press a appris que des procureurs de Zurich ont intenté des procédures criminelles contre pour une affaire séparée, soit une plainte logée par la FIFA en 2020.

Blatter et son bras droit de longue date, l’ex-vice-président de la FIFA Jérôme Valcke, sont maintenant des suspects en bonne et due forme dans une enquête pour mauvaise gestion alléguée en lien avec le projet de Musée du football. Les détails de cette nouvelle affaire ont d’abord été rapportés par un site suisse de nouvelles financières.

Deux procès au criminel au niveau fédéral et un autre au niveau cantonal ont maintenant été intentés contre Blatter et Valcke.

La FIFA a demandé à des procureurs de Zurich de jeter un œil sur les rénovations au coût de quelque 182 millions d’un immeuble du centre-ville de Zurich pour un musée, projet cher à Blatter, qui a ouvert ses portes en 2016. Le musée, qui essuie pertes par-dessus pertes, est lié à la location d’espaces à bureaux et d’appartements sur le même site, appartenant à la compagnie d’assurances Swiss Life.

Des procureurs fédéraux, dont Hildbrand, enquêtent également sur le prêt de 1,3 million fait par la FIFA à la fédération nationale de Trinité-et-Tobago en 2010. Les suspects dans cette affaire sont Blatter, Valcke et l’ex-directeur financier de la FIFA Markus Kattner, qui a témoigné mardi dans l’affaire du versement à Platini.

Le prêt a plus tard été rayé des livres et transformé en cadeau à Jack Warner, alors vice-président de la FIFA, quelques semaines avant qu’il ne se présente aux élections générales des îles des Caraïbes. Warner est devenu ministre du gouvernement élu.

Valcke est également en attente des procédures d’appel pour l’utilisation d’une villa propriété du Qatar en Sardaigne, ainsi que dans une affaire de droits de retransmission de la Coupe du monde.