C’était la journée ultime dans les grands championnats européens de soccer, le week-end dernier. Cette dernière édition de la rubrique Regard sur l’Europe pour la saison 2021-2022 y fait un tour d’horizon des courses intéressantes.

Publié le 24 mai
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Le couronnement

« Je suis inévitable. » Ces mots prononcés par Thanos dans Avengers : Infinity War peuvent aujourd’hui très bien s’appliquer à Manchester City.

Les Citizens ont remporté un quatrième titre de Premier League en cinq ans, dimanche, lors de la journée ultime du championnat anglais. Et comme le vilain de l’univers Marvel, les hommes de Pep Guardiola ont encore eu le flair pour le dramatique.

Ils perdaient 2-0 face à Aston Villa à la 75minute. À ce moment, Liverpool était en train de remonter la pente face à Wolverhampton et allait finalement l’emporter 3-1. Ce qui aurait donné le titre aux Reds, n’eût été le grandiose brio d’Ilkay Gündoğan, de Pep et de City.

Comme le claquement de doigts du Titan de Marvel, l’entrée en jeu de l’Allemand à la 68e a tout fait chavirer.

Une de ses premières touches de balle, de la tête, finissait dans le filet de Villa. City faisait 2-1, à la 76e. L’Etihad, nerveux au possible jusque-là, explosait.

Deux minutes plus tard, Rodri recevait le cuir à l’orée de la surface. Et s’élançait d’un tir bas qui trouvait son chemin jusqu’aux cordages. City égalisait. Si les décibels retentissaient à 2-1, imaginez-vous à 2-2.

La pression de City continue. À Liverpool, Anfield retient son souffle. L’enceinte n’a pas eu à suffoquer trop longtemps. À la 81e, soit cinq minutes après le premier but des Citizens, Gündoğan refaisait mouche à bout portant, redirigeant une savante passe de Kevin De Bruyne de la droite. 3-2 City, et l’odeur de métal brillant commençait à se faire sentir.

PHOTO HANNAH MCKAY, ARCHIVES REUTERS

Ilkay Gündoğan et Gabriel Jesus après le troisième but de City

Inévitable, comme on le disait. L’officiel n’a eu qu’à porter le sifflet à ses lèvres pour que le terrain soit envahi par des partisans en liesse.

City a pris le premier rang de la Premier League le 4 décembre dernier. La forte poussée de Liverpool depuis, qui a su rétrécir l’écart de 11 points à 1, n’aura été que trop courte. Couronnement logique et mérité pour cette belle équipe des Sky Blues.

Cette dernière journée de folie n’était pas sans rappeler le triomphe de 2012 pour les Citizens. Dix ans plus tard, on a tous en tête les deux buts de Sergio Agüero dans les arrêts de jeu pour soutirer le titre à Manchester United in extremis. Comme du grand cinéma en temps réel, encore une fois.

L’Europe et le maintien

Les places en Ligue des champions étant déjà presque toutes attitrées en Angleterre, ne restait plus qu’à consolider. Chelsea avait déjà confirmé son troisième rang. Tottenham devait se contenter de ne pas perdre contre Norwich. Résultat ? Il l’a torpillé 5-0 et pourra manger à la table des grands pour la première fois en trois ans.

PHOTO PAUL CHILDS, ARCHIVES REUTERS

Antonio Conte

Quel revirement de situation opéré par Antonio Conte cette saison, à la barre du club du nord de Londres depuis le 2 novembre ! Les Spurs étaient à peine dans le top 10 à ce moment-là. Une opération de plusieurs mois qui a aussi ravi ce siège européen à Arsenal, qui retrouvera la Ligue Europa la saison prochaine. Tout comme Manchester United.

Tout au bas de la division, la course au maintien a aussi causé quelques soubresauts. Si Norwich et Watford avaient déjà fait leurs valises pour la Championship, il restait à déterminer qui de Leeds, entraîné par Jesse Marsch, ou de Burnley les y rejoindrait.

Ces derniers se sont inclinés devant Newcastle. Une défaite qui faisait évidemment tout le plaisir de Leeds, qui a pu confirmer une autre saison dans l’élite anglaise grâce à une victoire de 2-1 face à Brentford.

Le trône à Milan

Pendant ce temps, le dernier acte de la bataille milanaise s’écrivait en Italie. L’AC Milan, premier de la Serie A avec deux points d’avance, affrontait Sassuolo en Émilie-Romagne. L’Inter, juste derrière, espérait un faux pas de son éternel rival à domicile contre Sampdoria.

Les deux l’ont emporté 3-0. Ce qui couronnait les Rossoneri d’un 19sacre italien dans leur histoire. Un premier depuis 2011.

L’affaire était classée dès la 36minute, alors que Milan avait déjà trois buts d’avance. Olivier Giroud avait marqué deux fois. Rafael Leão, qui a connu un éveil irrésistible ce printemps, avait obtenu deux passes décisives.

Au même moment, l’Inter se cherchait. Il trouvait finalement son erre d’aller en deuxième mi-temps, marquant ses trois buts en l’espace de huit minutes (49e, 55e, 57e).

Ce Scudetto a été celui de la régularité pour Milan. La troupe de Stefano Pioli n’a pas perdu en Serie A depuis janvier. Un club bien construit, bien entraîné, et dont la contribution offensive vient de partout dans son alignement. Une belle équipe.

Et à 40 ans, revoici d’ailleurs Zlatan Ibrahimović champion d’Italie, avec le même club qu’il avait mené au titre en 2011. Quand tout est dans tout.