« Des fois, on est jaloux un peu quand on va à l’extérieur. » Non, Wilfried Nancy ne se plaint pas ici de l’hiver québécois en le comparant au soleil de la Floride.

Mis à jour le 15 mars
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Il fait plutôt référence au « bruit » qui émane des gradins lorsque son équipe voyage à l’étranger.

À l’Azteca de Mexico, en l’occurrence. Le CF Montréal y a affronté le Cruz Azul mercredi dernier. Une défaite de 1-0 dans le match aller des quarts de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF.

« Chez nous aussi, il y a du bruit », a insisté l’entraîneur-chef en visioconférence, la veille du match retour au Stade olympique. « Il y a beaucoup de bruit quand tout le monde est derrière nous, même dans les moments difficiles. »

« On sait qu’ici, c’est un peu plus difficile quand on est au Stade olympique. C’est l’hiver, c’est en semaine, ce n’est pas tout le temps facile de venir. »

Sauf que pour Nancy, on ne joue pas au soccer professionnel seulement que pour gagner des matchs. « C’est surtout pour avoir une connexion avec le public. »

Quand le public est derrière nous, ce n’est pas des blagues. C’est extraordinaire.

Wilfried Nancy, entraîneur-chef du CF Montréal

« Un joueur qui est en train de revenir pour défendre sur une action, il va accélérer. Quand on a un moment de doute, ça va décupler les forces. Ce sont des humains, les joueurs. Automatiquement, ils ont des émotions. C’est pour ça qu’on veut que le public soit là. Il n’est pas obligé d’être tout le temps avec nous. Mais ils sont super importants pour nous. »

Seuls les sièges du bol inférieur ont été mis en vente pour le match de ce mercredi (20 h), soit un peu plus de 30 000 places. Le club a fait savoir à La Presse qu’il s’attendait à sa meilleure assistance en 2022, mais que beaucoup de billets étaient encore disponibles. La rencontre ne devrait ainsi pas se jouer à guichets fermés.

Contre Santos Laguna en huitièmes de finale, 13 343 partisans s’étaient rassemblés dans l’enceinte montréalaise. Quelques centaines de partisans de moins ont été comptabilisés pour le match contre l’Union de Philadelphie, en MLS, au début du mois. Ces deux rencontres étaient disputées alors que les restrictions sanitaires au Québec ne permettaient que 50 % de la capacité dans les amphithéâtres.

À ce sujet, Djordje Mihailovic s’est permis une petite boutade.

« Il ne s’est pas passé grand-chose récemment au Canada, le pays vient d’ouvrir, a lancé le milieu de terrain américain. C’est une belle occasion pour les gens de sortir et venir voir un spectacle divertissant. »

« J’espère qu’ils doutent »

Le CF Montréal devra effectivement offrir un bon show à ses partisans ce mercredi s’il veut sortir de son précoce marasme.

Les hommes de Nancy n’ont remporté qu’un seul de leurs six matchs depuis le début de la saison. Ils n’ont toujours pas de point en MLS.

Leur seule victoire, toutefois, est survenue dans un contexte semblable à celui de ce mercredi. Un gain de 3-0 face à Santos Laguna lors du match retour au Stade olympique en huitièmes, après une première rencontre perdue au compte de 1-0.

Au Mexique, la semaine dernière, le CF Montréal ne l’a pas eu facile… mais il a tenu bon. Il a encaissé 19 tirs tentés par Cruz Azul et en a porté seulement 1 vers le filet adverse. En retard 1-0, la série aller-retour est encore tout à fait à la portée des Montréalais.

« Ils ont été maladroits à certains endroits, oui, mais on les a peut-être gênés à certains moments, estime Nancy. Juste après le match, les joueurs étaient agacés, mais confiants en même temps. »

Y a-t-il donc une incertitude qui s’est installée dans l’esprit de Cruz Azul, actuellement cinquième du championnat mexicain ?

J’espère qu’ils doutent. En tout cas, nous, on est confiants qu’on va tout donner.

Wilfried Nancy, entraîneur-chef du CF Montréal

Le Bleu-blanc-noir disputera un 5match en 12 jours ce mercredi. Ce train d’enfer culminera samedi, avec un déplacement à Atlanta. Ensuite, il y aura la pause internationale. Une trêve que le club « attend avec impatience », selon Nancy.

Entre-temps, le technicien devra mettre à l’épreuve la profondeur de son alignement et faire des rotations.

L’homme de fer du CF Montréal depuis le début de la saison, c’est le joueur désigné Victor Wanyama. Le milieu de terrain a été titulaire à tous les matchs. C’est aussi le joueur le plus constant du club, et peut-être son meilleur aussi. Est-il prêt physiquement pour un autre défi de taille ?

« Je dirais que je suis à 8 sur 10, a-t-il déclaré aux médias lorsqu’interrogé sur son état de santé. Je dois toujours être prêt, peu importe la situation. […] Je vais tout donner ce que j’ai dans le réservoir pour aider l’équipe. »

PHOTO VINCENT CARCHIETTA, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Victor Wanyama

Ni lui ni son entraîneur ne veut toutefois trop se plaindre du calendrier difficile.

« Jouer dans la Ligue des champions, c’est un luxe, croit Nancy. C’est spécial pour tout le monde. »

Son club s’est durement incliné 4-1 samedi devant le New York City FC, dans la Grosse Pomme. Faut-il oublier rapidement ce résultat ?

« On joue tous les trois jours, donc on se replonge directement dans le match qui arrive », a-t-il répondu.

« Les gars sont bien entraînés, ils ont récupéré, l’objectif est de faire un beau, un gros match pour passer en demi-finale. »