(Montréal) Seul l’avenir viendra confirmer si Olivier Renard a réalisé un petit coup de maître en allant chercher Sunusi Ibrahim au Nigeria et en lui offrant, en janvier dernier, un contrat de trois ans. En attendant que le potentiel d’Ibrahim se développe au niveau espéré, Wilfried Nancy est content de ce qu’il voit en ce moment.

Michel Lamarche La Presse Canadienne

L’attaquant qui vient à peine de célébrer son 19e anniversaire de naissance a peut-être inscrit l’un des buts les plus importants du CF Montréal en 2021, samedi contre l’Union de Philadelphie.

Face à un recul d’un but et alors qu’il ne restait que quelques secondes à écouler aux arrêts de jeu de la deuxième mi-temps, Ibrahim a fait bifurquer de la tête un centre de Mustafa Kizza derrière le gardien Matt Freese pour procurer à la troupe de Nancy un verdict nul de 2-2.

« J’étais tellement excité quand j’ai marqué ce but à ce moment, parce que ce n’était pas facile. On perdait 2-1 et mon but a égalé le score. Je pense que ce point (au classement) est très important », a déclaré Ibrahim en visioconférence, lundi.

Invité à décrire le degré d’amélioration de son jeune joueur depuis son arrivée avec l’équipe, Nancy a parlé d’Ibrahim comme d’un élève studieux, qui a envie d’apprendre et qui est capable de répéter les efforts.

« Ce que j’aime chez lui, c’est sa faculté à vouloir appliquer ce qu’on lui demande quand on discute avec lui. […] Je compte sur lui pour les prochains matchs ainsi que pour l’année prochaine, mais ce que je veux, c’est qu’il soit plus constant, qu’il soit capable de commencer des matchs de la façon dont il rentre (dans un match). On travaille au quotidien pour lui donner les outils nécessaires pour qu’il soit capable de s’exprimer pendant 95 minutes et non pas que pendant 20 minutes. »

Ibrahim s’est montré reconnaissant envers le personnel d’entraîneurs et ses coéquipiers pour la confiance qu’ils lui ont témoignée jusqu’à maintenant. Il dit avoir apprécié les bons mots qui lui ont été adressés depuis son arrivée avec l’équipe et il sent qu’il a réussi à s’améliorer.

« [L’entraîneur] m’a dit qu’il aimait mes qualités, d’être patient parce que dans la vie, tout arrive avec le temps, et de continuer à travailler. »

Le cas Ballou

Dans un tout autre ordre d’idées, Nancy a dû répondre à d’autres questions au sujet de Ballou Tabla, qui n’a pas revêtu l’uniforme samedi. Du coup, le CF Montréal s’est présenté au match contre Philadelphie avec 19 joueurs disponibles, un de moins que le maximum autorisé.

Nancy s’est prêté à l’exercice lundi, mais il a aussi avisé les journalistes que c’était la dernière fois qu’il en parlait.

« [Les joueurs] doivent s’entraîner normalement pour progresser. Maintenant, si un joueur ne s’entraîne pas normalement pour progresser, déjà, il est en porte-à-faux. Si un joueur n’a pas de bonnes performances répétitives, il est aussi sur le côté. J’ai pris la décision de rester à 19 parce que, comme je l’ai dit, Ballou ne méritait pas de faire partie du groupe pour ce match-là. Il sait pourquoi, je ne vais pas entrer dans les détails avec ça. C’est entre lui et moi, il le sait très bien », a déclaré Nancy, tout en ajoutant que Tabla s’entraîne avec l’équipe et qu’il est éligible pour le prochain match, mercredi à Orlando.

À Tabla comme à tous les autres joueurs de l’équipe, Nancy demande de la constance.

« Le métier de joueur de football, pour tout le monde, c’est d’aimer s’entraîner, d’aimer travailler, avoir la joie oui, mais d’aimer travailler pour progresser, et il faut le faire sur la longueur. C’est le message que je passe à tous les joueurs. Avec Ballou, j’avais déjà parlé avec lui plusieurs fois, il le sait très bien. Donc, c’est à lui de prendre le taureau par les cornes et d’avancer. »

Nancy a voulu être clair sur un autre point : sa façon de diriger son équipe est la même pour chaque membre du groupe.

« Dans ma façon de faire, que ce soit n’importe quel joueur, je dis bien n’importe quel joueur, le joueur a des choses à faire pour faire partie de l’équipe. Si je devais commencer avec 18 joueurs dans le groupe, au lieu de 20, parce que deux joueurs ne le méritent pas, ou 17, ce n’est pas un problème. C’est ma façon de voir les choses. J’assume. Je suis entraîneur, mais je me considère aussi formateur et mon objectif c’est, oui, de gagner des matchs, mais aussi de faire progresser les personnes et les joueurs. »