S’il ne l’avait pas dit au moins trois fois, il ne l’avait pas dit une seule fois, vendredi après-midi : Wilfried Nancy avait hâte d’affronter le Revolution de la Nouvelle-Angleterre. Après la prestation que les joueurs du CF Montréal ont offerte dimanche soir contre le meilleur club de l’Association Est, peut-être même de la MLS, on peut conclure que cette fébrilité était justifiée.

Michel Lamarche La Presse Canadienne

Pour une équipe qui a encore de la difficulté à être prise au sérieux, pas nécessairement par ses rivaux sur les pelouses de la MLS, mais davantage par les gens qui observent la ligue d’un peu plus loin, le duel de dimanche représentait un test. Un test qu’elle a passé avec succès malgré une défaite de 2-1.

Que le rival s’appelle l’Impact ou le CF Montréal ne fait aucune différence aux yeux de Gustavo Bou, l’auteur des trois derniers buts du Revolution face à la formation montréalaise.

Qui ne se souvient pas de ce filet crève-cœur qu’il avait marqué dans les derniers instants des temps d’arrêt de la deuxième demie, en novembre dernier, lors du match de qualification en vue d’une participation aux éliminatoires ?

N’eût été deux frappes de Bou dimanche soir, dont la première absolument chirurgicale, le CF Montréal aurait au moins amassé un point et avancé au classement de l’Association Est plutôt que de glisser au septième rang.

Car même sans Samuel Piette, Kamal Miller, Romell Quioto, Kiki Struna et Clément Diop, qui demeure le gardien numéro un, les hommes de Nancy ont non seulement tenu tête au Revolution, ils ont eu le meilleur au chapitre de plusieurs statistiques, notamment la possession du ballon et les tirs tentés.

De plus, contrairement à certains matchs cette saison, où l’équipe montréalaise connaissait un bon départ avant de se faire rattraper et ensuite dominer, elle a maintenu la cadence presque du début à la fin, mis à part un creux de vague en première demie.

À preuve, le fait que l’équipe montréalaise a affiché un meilleur pourcentage de possession du ballon en deuxième demie qu’en première et a presque doublé son nombre de tirs tentés en seconde moitié de match par rapport aux 45 premières minutes de jeu (13 contre sept).

De l’aveu même de Nancy, la frustration était présente chez les joueurs de l’équipe après ce revers. Une frustration certainement compréhensible au regard de la bataille qu’ils venaient de livrer et de laquelle ils sont sortis avec rien de concret.

Dans un tel cas, un homme dans la position de Nancy doit troquer son chapeau d’entraîneur-chef pour celui de psychologue. Ce qu’il a tenté de faire, en tâchant de placer ce revers dans une perspective aussi globale que possible.

« Je voulais que les joueurs prennent conscience qu’on a quand même joué chez le premier de l’association, qu’on a fait un bon match contre eux, qu’on a eu des occasions et qu’il ne fallait pas oublier d’où l’on vient », a précisé Nancy, dimanche soir, lorsqu’il a été invité à raconter ce qu’il avait pu dire à sa troupe après une défaite aussi douloureuse.

« Je leur ai dit que j’étais fier de ce qu’ils avaient fait, mais qu’il fallait que l’on rebondisse et être plus précis sur les gestes les plus importants », a aussi mentionné Nancy.

Dans les faits, le CF Montréal est encore en mode apprentissage, a aussi rappelé l’entraîneur-chef. Et qui dit apprentissage, dit moments difficiles à digérer.

« D’où on vient, ça veut dire que l’on est une équipe qui est encore jeune. On essaie de mettre une continuité par rapport à l’année dernière, avec des choses un peu différentes. C’est un processus. Peut-être que l’on n’était pas encore prêts à gagner ce match, malgré que l’on ait fait un bon match. Je voulais dire aux joueurs qu’il ne faut pas aller plus vite que la musique.

« Oui, l’appétit vient en mangeant et encore une fois, en termes de contenu, c’était intéressant. Mais il faut peut-être encore un peu plus de temps pour gagner ce type de matchs-là. »