(Glasgow) L’Ukraine s’est qualifiée mardi pour les quarts de finale de l’Euro, où elle affrontera l’Angleterre samedi à Rome, après avoir battu la Suède (2-1 a. p.), au bout d’un match fermé et qui a basculé sur l’exclusion du Suédois Marcus Danielson.

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La délivrance ukrainienne est intervenue à la 120e minute, la dernière, quand tout le monde était prêt pour les tirs au but. Mais la Suède jouait alors à 10 contre 11 depuis la 99e minute et le carton rouge reçu par le défenseur Danielson pour une épouvantable semelle sur Artem Besedin.

Sur un dernier centre de la gauche signé Oleksandr Zinchenko, Artem Dovbyk, entré un quart d’heure plus tôt, a placé une tête plongeante qui a offert à l’Ukraine son meilleur résultat dans un Euro.

Les Ukrainiens ont bien déjà joué un quart de finale, mais c’était en Coupe du monde, en 2006, quand Andriy Shevchenko était en pointe et pas en costume sur le banc. Cette qualification est donc un exploit, et battre l’Angleterre samedi à Rome en serait un autre, plus grand encore.

« Avec cette performance et cet engagement, notre équipe a mérité l’amour de tout le pays », a réagi l’entraîneur ukrainien après la rencontre.

En attendant, le dernier des huitièmes de finale de l’Euro n’a pas été le plus enthousiasmant, loin de là, et après l’intensité et l’indécision des deux matchs à rallonge de lundi, entre l’Espagne et la Croatie (5-3 a. p.) puis entre la Suisse et la France (3-3, 5-4 t. a. b), les 120 minutes de Glasgow ont parfois semblé bien longues.

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Sur un dernier centre de la gauche signé Oleksandr Zinchenko, Artem Dovbyk, entré un quart d’heure plus tôt, a placé une tête plongeante qui a offert à l’Ukraine son meilleur résultat dans un Euro.

Il faut dire que l’Ukraine était passée par la toute petite porte pour atteindre les huitièmes de finale, troisième de sa catégorie avec une seule victoire et deux défaites. Elle a donc aussi attaqué ce rendez-vous de Glasgow sur la pointe des pieds, Shevchenko ayant fait des choix de tactique et de composition prudents.

Poteau et barre

Mais en face, la Suède était de son côté sortie en tête de son groupe en ayant très volontiers laissé le ballon à ses différents rivaux, et a d’abord semblé vouloir procéder de la même façon mardi. Durant les 25 premières minutes, on dira donc poliment que les deux équipes se sont jaugées et que le rythme n’a pas été précisément étouffant.

Mais tout s’est accéléré sur une très jolie action ukrainienne, avec d’abord un renversement de jeu de Taras Stepanenko pour le talentueux Andriy Yarmolenko, qui d’un bel extérieur du gauche a trouvé Zinchenko. Le joueur de Manchester City a repris d’une violente demi-volée du gauche et l’Ukraine a pris les devants (1-0, 27e).

Les hommes de Shevchenko n’ont toutefois pas maintenu cet avantage très longtemps. Juste avant la pause, Emil Forsberg a en effet inscrit son quatrième but du tournoi sur une frappe déviée, impitoyable pour le gardien ukrainien Georgiy Bushchan (1-1, 43e).

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Emil Forsberg

Avant de sombrer de nouveau dans la torpeur quand les deux équipes ont commencé à redouter de se livrer, le match a connu une poussée de fièvre d’une quinzaine de minutes en seconde période.

À la 55e minute, Serhiy Sydorchuk a d’abord frappé sur le poteau de Robin Olsen, imité dans la minute suivante et de l’autre côté du terrain par Forsberg. Le milieu offensif de Leipzig, en pleine confiance, a ensuite tiré sur la barre ukrainienne (69e), à un moment où la Suède semblait la mieux placée pour filer en quarts.

Mais les ambitions ont alors été supplantées par la méfiance et il ne s’est plus rien passé jusqu’à la fin du temps réglementaire et même au-delà, jusqu’au carton rouge de Danielson. C’était un tournant, et l’Ukraine l’a bien négocié.

« J’avais l’impression que nous finirions par marquer mais malheureusement ça n’a pas été le cas. Le carton rouge a vraiment décidé du score », a regretté l’entraîneur suédois, Janne Andersson.