Olivier Renard a bien failli priver le CF Montréal de Bjorn Johnsen, son nouvel attaquant.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Ce n’est pas que le Norvégien de 29 ans n’entretient pas une bonne relation avec le directeur technique du onze montréalais. Bien au contraire. Mais si Renard avait pu convaincre plus tôt Johnsen de le rejoindre, au Standard de Liège, peut-être que Johnsen n’aurais jamais abouti au CF Montréal.

« La première des choses, la seule raison pour laquelle je suis à Montréal présentement, c’est Olivier, a assuré Johnsen de sa résidence d’Alicante, en Espagne, où il passe tous ses entre-saisons en compagnie de sa conjointe espagnole. Il me suit depuis (2017-18), alors que j’étais à l’ADO La Haye. J’ai eu des discussions avec lui pour me retrouver au Standard de Liège. Je voulais d’ailleurs l’y retrouver, mais l’offre de l’AZ Alkmaar est arrivée et j’ai cru que c’était la meilleure chose à faire pour moi, puisque c’était encore en Hollande : je connaissais la ligue, les joueurs, le pays.

« Merci à Olivier (d’avoir persévéré) : je suis très excité de jouer pour Montréal. J’ai vu beaucoup de vidéos, je connais l’histoire du club. Je sais où il est présentement, avec la nouvelle organisation et le changement de logo. Je sais qu’il y a une certaine pression, mais je n’ai aucun problème avec la pression. »

Pas même celle d’occuper le poste d’attaquant de premier plan.

« Je sais que je suis des gars comme (Ignacio) Piatti et (Didier) Drogba, l’un des attaquants préférés à vie, à cette position. Mais ce n’est pas de la pression : c’est pour ça qu’on joue au football, pour avoir cette pression. Je ne peux pas être Drogba, mais je peux faire telle ou telle chose. Mais le plus important, c’est que je veux apprendre de Thierry Henry. Vous voulez imiter ces grands joueurs, apprendre d’eux. Le plus important pour l’instant est de me présenter au camp et de gagner ma place. Comme chaque année de ma carrière, je dois refaire ma place de zéro. »

Une place à refaire non pas parce qu’il ne produisait pas : chez les professionnels, il a inscrit 97 buts en 279 rencontres. C’est plutôt qu’il reste rarement deux années de suite au même endroit.

Depuis 2011, Johnsen a évolué pour le FK Tonsberg en Norvège, Antequera et l’Atletico Baleares en Espagne, Louletano et Atletico au Portugal, Litex Lovech en Bulgarie, l’ADO La Haye et l’AZ Alkmaar aux Pays-Bas, le Roseborg BK en Norvège, avant de faire un saut en Corée du Sud, à l’Ulsan Hyundai.

« J’ai changé d’endroits, de ligues et d’équipes souvent au cours de ma carrière. Je suis né à New York et j’ai été élevé en Caroline du Nord, avec mon père. Quand j’ai eu l’opportunité d’aller jouer professionnel en Norvège, j’avais le passeport, alors ça a été très facile. J’aurais pu aller à l’université et arriver à la MLS de cette façon, mais après avoir regardé tant de football à la télé, je trouvais que je ne voyais pas beaucoup de ces gars passer par l’université. Mon père m’a encouragé, soulignant que si ça ne fonctionnait pas, je pourrais toujours revenir à la maison et obtenir mon diplôme. Mais tout s’est bien passé pour moi.

« Quand vous êtes attaquant et que vous marquez des buts, des équipes vous veulent. […] En Bulgarie, on m’a offert un contrat que je ne pouvais tout simplement pas refuser. Pour Montréal, après avoir fait tant d’endroits, ma femme et moi ne pouvions pas passer à côté de cette opportunité de nous établir pour quelques années, avec le premier bébé qui s’en vient. Je veux bien faire au même endroit pendant trois ans, et peut-être davantage. Je veux m’établir comme un indispensable dont le club a besoin. Je suis fier d’avoir joué pour autant de clubs et au sein d’autant de cultures. »

Johnsen s’amène à Montréal avec un désir ardent d’apprendre d’Henry.

« Pour devenir un joueur complet, quoi de mieux que d’apprendre de l’un de ceux qui a été parmi les plus complets de l’histoire ? D’avoir Henry comme entraîneur, ça me permettra de passer à un autre niveau dans ma carrière. Peut-être que l’an prochain, je serai un tout autre joueur ? Je sais que je ne connais pas tout et qu’il me reste beaucoup à apprendre. Je sais qu’Henry en sait beaucoup plus que moi. Le moindre que je puisse faire est de lui demander de l’aide. »

S’il joue avec autant d’éloquence qu’il s’exprime, les partisans du CF Montréal seront les grands gagnants de cette embauche.