Thierry Henry l’a répété maintes fois ces derniers temps : ses troupes sont au bout du rouleau et il peine à préparer adéquatement son club en raison des nombreux blessés. Et à la lueur de ce que le directeur technique de l’Impact de Montréal, Olivier Renard, a déclaré jeudi en conférence de presse, cette situation n’est pas près de changer.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

L’Impact est aux prises avec une pénurie de joueurs en raison des 12 blessures qui affligent l’équipe, de la vente de Saphir Taïder à un club saoudien, et du départ pour la France du gardien Clément Diop pour des raisons personnelles.

Résultat : Henry n’a pas pu convenablement préparer son club en vue de l’affrontement de mercredi, contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, faute de joueurs à l’entraînement. L’Impact (6-10-2-20 points) a échappé ce match 3-2 et est glissé au neuvième rang dans l’Est.

« Nous avons plusieurs joueurs blessés, d’autres, comme Clément Diop, qui doivent s’absenter. Mais nous avons 30 joueurs sous contrat, c’est le maximum permis par la MLS, a expliqué Renard. La bonne question n’est pas de savoir quels joueurs on pourrait ajouter ou pas : on ne peut pas en ajouter. Le plus important est de nous demander pourquoi nous avons 12 joueurs blessés. C’est une question que je pose à notre personnel technique et médical. »

Il a d’ailleurs été question de la gestion des effectifs faite par Henry, qui est l’entraîneur de la MLS qui utilise le moins de changements par match à 2,33 en moyenne sur les cinq permis. Comme le club joue aux trois jours, la fatigue fait son œuvre.

Je parle tous les jours avec l’entraîneur. Je suis directeur sportif et pas entraîneur, a noté Renard. Il prend ses décisions quant au onze partant. Il peut me demander mon opinion quand il le veut au sujet des joueurs, de ma philosophie, mais au final, les décisions sur son personnel, c’est Thierry qui les prend.

Olivier Renard, directeur technique de l’Impact

« [Quant aux changements], ces discussions, je les ai avec mon staff médical et technique, mais elles resteront à l’interne. »

Le New Jersey n’est pas une excuse

Autre point sur lequel le discours de Renard n’est pas tout à fait arrimé avec celui de son entraîneur : le confinement du club au New Jersey. Pour Renard, la situation est telle qu’elle est et on ne peut rien y changer.

« Bien sûr, pour les joueurs, ce n’est pas facile pour eux, mais ce sont des professionnels et ils doivent donner le maximum sur le terrain. Je sais qu’il y a beaucoup de commentaires sur notre situation. Comme directeur sportif, je veux arrêter de prendre ça comme excuse. Tout le monde est au courant de la situation de l’Impact. On sait que c’est une difficulté, mais ce n’est plus une excuse. Les joueurs doivent prendre des points. Le football, ça se passe sur le terrain.

« Ce que dit Thierry [sur la situation de l’équipe] est vrai, a-t-il par contre ajouté. S’il a envie d’en parler, ça me va. Dans ma position, je n’ai pas envie d’en parler. Je pense que dans la vie en général, certaines personnes l’ont plus difficile [que nous]. C’est notre réalité, pour moi ça s’arrête là. Je comprends ce que le coach veut faire passer comme message, mais ce n’est pas ce dont je veux discuter. »

Malgré ces petites divergences d’opinions, il ne faut pas comprendre que le directeur sportif n’est pas satisfait de son équipe technique jusqu’ici.

« Le club est content de l’évolution »

« Le club est content de l’évolution. Je sais qu’on pourrait toujours faire mieux et on doit faire mieux. Je ne voulais pas parler du fait que nous sommes confinés dans le New Jersey, mais avant de s’y rendre, nous étions troisièmes ou quatrièmes. On a chuté au classement ces dernières semaines : ce n’est pas le fruit du hasard. Je ne veux pas me servir de cela comme excuse, mais c’est la réalité.

« Ce que le staff veut mettre en place, nous sommes d’accord. […] L’identité footballistique de l’Impact, lors des cinq ou six dernières rencontres, vous pouvez tous l’expliquer. C’est ce que nous avions décidé Thierry et moi, avant qu’il ne s’amène : d’avoir une identité sportive. Maintenant, il y aura des résultats plus ou moins bons, mais depuis le début, nous avons toujours été parmi les 10 premiers.

« Je vois aussi l’évolution de certains joueurs, que les partisans et certains journalistes ne connaissaient peut-être pas il y a cinq ou six mois. Je suis content de ce que le staff fait au sujet de l’évolution de certains joueurs. »

Sur les résultats, Renard a fait remarquer que l’équipe ne peut pas compter sur l’apport de ses moins de 23 ans.

Pas de renforts chez les jeunes

« Malheureusement, on doit réagir et en quelque sorte improviser avec la COVID. Si nous étions à Montréal, on pourrait faire monter des joueurs U23, mais on ne peut pas le faire, en raison des bulles différentes. Ce n’est pas un vase communiquant. On doit se battre contre les blessés et contre les protocoles.

C’est vrai que pour le staff, ce n’est pas évident de faire des entraînements avec des effectifs réduits, mais nous avons 30 joueurs sous contrat.

Olivier Renard, directeur technique de l’Impact

Les seules bonnes nouvelles au sujet de l’effectif sont que le défenseur ougandais Mustafa Kizza pourrait bientôt être de la formation, le départ de Taïder laissant un contrat libre dans les 30 permis. Et Clément Diop, le gardien, pourrait être de retour dans l’environnement du club ce week-end. Il devra toutefois se soumettre à une quarantaine de neuf jours à son retour aux États-Unis.

L’Impact disputera sa prochaine rencontre samedi, alors qu’il accueillera L’Inter Miami au Red Bull Arena.