(Montréal) En dix mois depuis qu’il est arrivé au Québec, Olivier Renard a vu une dizaine de matchs, officiels et non officiels, de l’Impact de Montréal. Surtout, il a constaté l’omniprésence d’un « nuage gris » dans l’environnement de l’équipe qu’il aimerait bien voir se dissiper.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Renard y est allé de cette observation, jeudi, lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, en présentant son bilan du rendement de l’Impact lors du tournoi de relance de la MLS.

Un bilan lors duquel il s’est efforcé de relever les aspects positifs, notamment le fait que l’équipe est sortie de la phase de groupe avec trois points de plus et une cinquième place au classement de l’Association Est.

PHOTO D’ARCHIVES MARCO CAMPANOZZI, LAPRESSE

Olivier Renard

Renard a insisté sur cet élément en sachant fort bien que ses joueurs ont connu des moments en Floride qui ont laissé les dirigeants de l’équipe et, une fois de plus, les partisans sur leur appétit.

« Il y a ce nuage gris autour de l’Impact de Montréal depuis plusieurs années, et je m’en rends compte maintenant encore plus parce que ça fait bientôt un an que je suis là. Le nuage, il reste au-dessus, il n’y a pas de vent qui bouge ce nuage, et même quand tu fais quelque chose de positif, ça reste négatif. Et c’est pour ça que pour moi, c’est important d’insister sur le positif quand même », a précisé le directeur sportif de l’Impact.

En fait, Renard semble s’être donné pour mission d’ensoleiller le ciel au-dessus de l’équipe. Une mission, note-t-il, qu’il ne pourra réaliser seul ni en criant « Abracadabra ! ».

Je sens qu’il y a beaucoup d’amertume chez beaucoup de personnes, et parfois ces mêmes petits nuages, ils sont encore, même, dans les bureaux du club. Et ça, ça va être mon rôle et aux joueurs de changer tout ça parce que notre but n’est pas que l’Impact soit ’top’ pendant une saison. C’est que l’Impact devienne un club sérieux, pour plusieurs années.

Olivier Renard

« Mais ça prend du temps aussi. Je sais qu’on revient d’Orlando, mais moi, je ne suis pas Harry Potter, et je ne suis pas Merlin l’Enchanteur qui arrive avec une baguette magique et tout est changé en deux mois. C’est pas ça. Oui, ça fait bientôt un an que je suis présent, mais en temps effectif, nous avons joué cinq matchs en MLS. C’est la vérité. »

Contexte pas optimal

En revenant sur le tournoi de relance, Renard a loué le « culot » de la MLS d’avoir été la première ligue à reprendre sa saison.

Cette reprise s’est toutefois réalisée dans un contexte qui n’était pas idéal, quand on sait, par exemple, que la Floride était aux prises avec d’importantes éclosions de la COVID-19 au moment où le tournoi prenait son envol.

De plus, les joueurs de l’Impact ont dû patienter jusqu’à la mi-juin, et plus longtemps que certaines autres équipes, avant de tenir des séances d’entraînement de groupe.

« Je ne sais même pas si nous avons eu deux semaines d’entraînements collectifs, donc des entraînements où tu peux avoir des contacts avant d’avoir un match qui compte directement. Ce n’est même pas de faire un match amical, c’est un match qui compte directement pour le championnat MLS », a rappelé Renard en faisant allusion à la première sortie de l’équipe en phase de groupe, contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre.

Il s’agit d’un détail sur lequel l’entraîneur-chef Thierry Henry s’était d’ailleurs arrêté, alors qu’il avait tenu à manifester sa fierté à l’endroit de ses joueurs après l’élimination de sa troupe, samedi dernier.

« Quand Thierry dit qu’il remercie les joueurs, je comprends tout à fait ce qu’il veut dire parce que ce n’est pas évident pour un groupe de 30 joueurs, après deux semaines, boum, on doit gagner ce match, on doit aller à fond. Il y a l’aspect mental, tu arrives dans un endroit, en Floride, où c’est la zone rouge pour l’instant avec entre 10 000 et 15 000 cas positifs par jour. Il fallait faire abstraction de tout ça.

« Sur tout ce côté-là, Thierry a raison de dire ’voilà, nous sommes fiers’. Après, il faut être aussi objectif, on n’a pas fait la meilleure fiche. Ça, c’est sûr et certain. Mais il y a ce contexte d’entraînement qui n’était pas optimal, avant de pouvoir presser à haut niveau. Et c’est pour ça que des équipes ont surpris d’autres équipes durant ce tournoi. »

Malgré cela, Renard a évité de critiquer le travail de la ligue dans ses efforts pour reprendre le collier.

« La MLS a été le premier sport à se lancer, et chapeau. Il se trouve qu’avec les moyens du bord, elle a fait le maximum. On ne peut pas en vouloir à la MLS. […] Le principal, c’est que les gens étaient dans l’attente que ça recommence, les joueurs, moi-même, nous étions contents que ça recommence. Après, est-ce qu’on était à 100 % des capacités ? Non. Ça, c’est sûr et certain. »