Le tournoi de relance de la MLS a permis à certains jeunes joueurs de l’Impact de Montréal d’afficher de belles aptitudes, tandis que certains vétérans ont livré des performances qui n’ont pas répondu aux attentes de la direction de l’équipe.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Il s’agit là d’une partie de l’analyse brossée par le directeur sportif Olivier Renard lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, jeudi après-midi.

« J’ai vu des bonnes choses, notamment chez certains jeunes qui ont prouvé que le club pouvait continuer à grandir. Maintenant, eux, ils ne sont pas encore à leur sommet, ils doivent encore progresser », a déclaré Renard, depuis sa terre natale de la Belgique.

« Après, à côté, il y a quelques joueurs qui n’ont pas pu soutenir l’équipe au niveau attendu. Et là, je peux parler un petit peu plus des anciens. J’attends des anciens plus de leadership sur le terrain et en-dehors pour pouvoir augmenter le niveau de certains joueurs. J’ai l’impression parfois […] que la locomotive, en fait, ce sont les jeunes, et les anciens sont plus des wagons, dans le train. Ça devrait être l’inverse. D’un côté, c’est positif parce que ça veut dire que les jeunes ont la personnalité pour pouvoir le faire, et de l’autre, c’est inquiétant parce qu’il y a certains joueurs de qui on attend plus. »

Alors qu’il cherchait à éviter d’identifier des joueurs en particulier, Renard a été invité à analyser le travail du jeune défenseur Luis Binks. Au passage, le directeur sportif a nommé un autre de ces jeunes, Emanuel Maciel.

PHOTO DOUGLAS DEFELICE, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Emanuel Maciel

L’Argentin de 23 ans n’a participé qu’à un match pendant le tournoi, celui contre le Toronto FC, récoltant une aide sur le but de Romell Quioto.

« Luis, ce n’est pas forcément une révélation, parce qu’il a déjà joué quelques matchs avant. C’est plus une confirmation de ce que nous avions vu déjà lors des matchs au Stade olympique, lors des trois ou quatre matchs que nous avions joués avant la situation de la COVID. La révélation, et satisfaction, c’est plus Maciel qui a confirmé ce qu’on voyait en entraînement et qui a fait un bon match quand il a eu sa chance. Et il l’a prise. »

À la défense de Bojan

À l’envers de la médaille, il y a Bojan, qui n’a obtenu qu’un seul tir cadré en quatre matchs pendant le tournoi floridien. Ce tir — de qualité — est survenu tard en deuxième demie contre le Toronto FC, un match lors duquel il était entré à titre de substitut à la 68e minute.

« Par rapport à Bojan, je comprends tout à fait les inquiétudes de beaucoup de personnes. Je pense que même lui sait qu’il n’est pas au top niveau pour l’instant. J’aimerais bien un peu le défendre aussi. Il n’y a pas que lui, a déclaré Renard.

Et il y a aussi autre chose, à savoir : est-ce que Bojan a des joueurs à côté de lui, ou un joueur à côté de lui qui pourrait peut-être lui faire augmenter son niveau ? Peut-être qu’il a besoin d’un autre profil à côté de lui pour le rendre meilleur. Et ça, ce sera à moi de juger, au moment où il faudra juger avec le staff, si on doit apporter un joueur d’un autre style à côté de lui. »

PHOTO JOHN RAOUX, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Bojan

Arrivé à Montréal le 7 août 2019, Bojan complète la dernière année d’un contrat de 18 mois avec la formation montréalaise, auquel sont assorties des options pour 2021 et 2022. Personne ne sait ce que l’avenir réserve, mais Renard assure qu’il a grandement confiance en l’Espagnol de 29 ans.

« Bojan reste pour moi un joueur plus qu’intéressant. Mais on sait que lui et d’autres leaders ne sont pas à niveau pour le moment. Quand l’Impact ne gagne pas, ce n’est pas à cause de Bojan, c’est à cause de plusieurs facteurs. Et ça, c’est important. Je dois protéger mon joueur qui fait tout pour être en ordre sur le terrain physiquement, mentalement. Il y a deux ou trois leaders qui ne sont pas à niveau et Bojan le sait aussi qu’il n’est pas le Bojan que tout le monde attendait, ça c’est sûr et certain. Mais la confiance est encore grande sur lui et on compte sur lui. »

Moins d’une semaine après l’élimination de l’Impact samedi soir dernier, Renard a insisté sur la position de l’équipe au classement de l’Association Est.

Lors de son point de presse après le dernier match, Thierry Henry avait eu la même réflexion, notant les trois points récoltés grâce à la victoire contre D. C. United pendant la phase de groupe du tournoi.

« Si on regarde maintenant, et ça pour moi, c’est le plus important, on est cinquième de l’association, a rappelé Renard. On dit qu’on a des problèmes d’attaque, mais on est la troisième équipe dans l’association avec huit buts marqués en cinq matchs en championnat MLS. Il y a des équipes qui sont nettement en dessous de nous pour le moment. »

« Maintenant, d’ajouter Renard, c’est de dire aux joueurs, si évidemment nous continuons avec ce que nous avons fait au tournoi, on va vite chuter dans le classement final. C’est sûr et certain. Par contre, si l’Impact de Montréal monte sur le terrain comme avant la COVID, alors là, on va continuer de faire une saison qui est intéressante. »