(Lausanne) L’haltérophile kazakh Nijat Rahimov, champion olympique 2016 des 77 kg, a été suspendu pour huit ans pour infraction aux règles antidopage et privé de sa médaille d’or aux JO de Rio, a annoncé mardi le Tribunal arbitral du sport.

Publié le 22 mars
Agence France-Presse

Le champion du monde 2015 de sa catégorie était visé depuis janvier 2021 par une procédure de l’Agence de contrôles internationale (ITA), qui a saisi la chambre antidopage du TAS, dans le cadre d’une enquête plus vaste sur le dopage endémique dans l’haltérophilie.

Il était reproché au Kazakh de 28 ans, né en Azerbaïdjan, quatre substitutions d’échantillons d’urine à partir du 15 mars 2016, soit pendant sa préparation aux Jeux olympiques de Rio, où il avait décroché l’or en battant le Chinois Lyu Xiaojun.

Comme il s’agissait de sa deuxième infraction aux règles antidopage, a de son côté précisé l’ITA dans un communiqué distinct, l’arbitre unique du TAS lui a infligé huit ans de suspension, la sanction prévue en cas de récidive.

Sa période d’inéligibilité démarre au 18 janvier 2021, soit la date de sa suspension provisoire, mais ses résultats sportifs sont rétroactivement annulés à partir du 15 mars 2016, ce qui intègre son or olympique.

L’haltérophilie, qui représente plus du quart des cas de dopage dans l’histoire olympique, est menacée de disparaître des JO depuis une enquête début 2020 de la chaîne allemande ARD, venue exposer la « culture de la corruption » masquant le recours massif à des substances interdites.

Cinq mois plus tard, le juriste canadien Richard McLaren rendait un rapport accablant pour la Fédération internationale (IWF) et son ex-patron, le Hongrois Tamas Ajan, évoquant la « dissimulation » de 40 contrôles antidopage positifs.

Fin octobre 2020, l’Agence mondiale antidopage (AMA) révélait à son tour la tricherie de 18 haltérophiles originaires de six pays, soupçonnés d’avoir fourni de faux échantillons d’urine avec la complicité de « substituts », des sportifs leur ressemblant.

En août dernier, le Comité international olympique s’était néanmoins réjoui de l’absence de cas positifs parmi les haltérophiles lors des JO-2020 de Tokyo, y voyant une évolution favorable de la discipline.