Malgré toute l’incertitude entourant les Jeux olympiques de 2022, Laurie Blouin a hâte de s’envoler pour Pékin.

Publié le 27 janvier
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

« Je m’attends juste à avoir du plaisir », a expliqué la surfeuse des neiges au bout du fil, entre Noël et le jour de l’An. « J’ai vu des dessins 3D du parcours. J’ai hâte de le voir en vrai. »

L’athlète de Stoneham a remporté la médaille d’argent en descente acrobatique (slopestyle) à PyeongChang, en 2018, alors qu’elle avait 21 ans. Elle est depuis devenue l’une des favorites du circuit, avec trois podiums en Coupe du monde en 2020, un autre en 2022, et quatre médailles en autant d’années aux X Games, dont l’or au grand saut (big air), en 2019. Elle s’est aussi démarquée avec la première place de cette épreuve aux Championnats du monde d’Aspen, en 2021.

« C’est sûr que je vais viser un podium [aux Jeux], souligne-t-elle. Mais je n’y pense pas vraiment pour ne pas me mettre de la pression. »

Voilà donc la philosophie de Blouin. « Quand tu as du plaisir, c’est là que tout fonctionne », expose-t-elle.

Oui, c’est bon d’avoir des buts, mais il ne faut pas trop y penser. Trop, c’est comme pas assez. Je veux suivre le courant.

Laurie Blouin

Mais il reste que la COVID-19 a changé la donne, pour la pratique de son sport comme pour le reste du monde, et continue de faire des siennes. Ces conditions changeantes l’affectent-elles ?

« Je l’ai eue, la COVID-19, révèle Blouin. Ce n’est pas nécessairement de l’attraper qui me fait peur, c’est plus d’être prise quelque part, loin de chez moi, pendant 10 jours. Ce n’est pas vraiment le fun. C’est pour ça que c’est stressant. »

Et l’ambiance en dehors de la piste aux compétitions en a fait les frais, aussi.

« Chaque personne a son opinion là-dessus, ça sépare un peu les équipes, confie-t-elle. C’est moins comme avant, où tout le monde restait dans le même hôtel quand il le pouvait. Il y avait plus de vie sociale. Il y en a encore, mais c’est vraiment différent. »

Les années pandémiques

Les surfeurs des neiges comme Blouin sont, par la force des choses, des globe-trotters. Leur sport les fait voyager aux quatre coins du monde pour les compétitions, mais aussi pour s’entraîner.

Cette quête de neige la mène annuellement à Saas Fee, dans les Alpes suisses, en octobre. « Il n’y a pas de compétition, c’est comme sur un glacier, explique Blouin. On a un camp d’entraînement là. »

Elle aime aussi se rendre à Laax, une commune dans l’est de la Suisse. « Chaque fois qu’on y va, il y a tout le temps plein de neige, c’est vraiment cool, se réjouit-elle. On peut glisser dans la poudreuse. C’est vraiment une belle montagne. »

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Laurie Blouin

Lorsqu’on lui demande si sa recherche de l’or blanc des surfeurs l’a menée dans une destination un peu moins connue, elle indique se rendre maintenant presque tous les mois de novembre au mont Sima, près de Whitehorse, au Yukon.

« Ils ont de la neige quand même tôt, explique-t-elle. […] Souvent, c’est juste les Canadiens qui y vont. C’est vraiment un beau set-up. Pas que c’est sorti de nulle part, mais pour s’entraîner et tout, tu ne t’attends pas nécessairement à aller au Yukon.

« On a des séances privées, ajoute-t-elle. C’est le fun parce que ça ouvre tôt, donc ça nous permet de nous entraîner plus tôt dans la saison, d’avoir une moins longue pause entre l’Europe en octobre et le début de la saison en décembre, janvier. »

Les X Games, toujours la plus grande compétition

Blouin l’avoue : malgré l’ajout du slopestyle aux Jeux olympiques en 2014, les X Games sont toujours la compétition reine de son sport.

« Ils ont une place spéciale parce que ça fait longtemps que ça existe, compare l’athlète de la région de Québec. C’est LA compétition des sports extrêmes, la plus renommée.

« C’est aussi qu’ils n’invitent pas beaucoup de monde. C’est vraiment difficile de rentrer. Les Jeux olympiques, oui, c’est gros, mais ils invitent beaucoup plus de personnes. C’est une compétition amateur, comme ils disent. Les X Games, ils invitent seulement huit filles. Ce n’est pas parce que tu rentres une année que tu vas rentrer l’autre année. Tu ne peux pas tenir ta place pour acquise. »

Il reste que les Jeux olympiques sont synonymes de visibilité.

« Ça va être la troisième fois qu’il va y avoir du slopestyle, souligne Blouin. C’est cool que ça se fasse plus connaître. »