(Tokyo) Mieux vaut des JO sans spectateurs que pas de Jeux du tout : même privés de spectateurs en raison des restrictions sanitaires, les Jeux olympiques de Pékin (4-20 février) conservent « tout leur sens », selon le patron des JO de Tokyo.

Publié le 20 janvier
Andrew MCKIRDY Agence France-Presse

« Même s’il est toujours préférable d’avoir des fans en tribunes, je ne pense pas que le sens des Jeux ait été perdu juste parce que les mesures antivirus ont empêché le public d’être présent », a déclaré Toshiro Muto, le grand ordonnateur des JO qui se sont l’été dernier déroulés sans spectateurs après avoir été repoussés d’un an en raison de la pandémie.

« Dans un monde numérique comme le nôtre, les gens peuvent regarder (les compétitions) comme s’ils étaient dans les stades. Et ne vous y trompez pas, l’émotion est toujours là », a-t-il rappelé.

Lundi, le comité d’organisation des JO d’hiver de Pékin a renoncé à vendre des tickets au grand public, en raison de la situation épidémique. Jusque-là, il était prévu que les personnes résidant en Chine puissent assister aux épreuves, alors que les spectateurs étrangers étaient d’ores et déjà été interdits de venir en Chine.

À la place, les organisateurs prévoient d’accueillir le public uniquement sur invitation, afin « d’organiser la venue des spectateurs sur les sites » des compétitions, ont-ils indiqué, sans donner plus de détails.

Bulle étroitement contrôlée

La Chine, qui fait face ces dernières semaines à plusieurs foyers de COVID-19, a déjà mis en place plusieurs mesures pour tenter d’empêcher la propagation du virus pendant les Jeux.

Les sportifs, le personnel d’encadrement, les bénévoles et les médias, qui ont déjà commencé à arriver, seront tous maintenus dans une bulle étroitement contrôlée, qui les séparera du reste de la population. Ils devront également se soumettre à des tests quotidiens et porter un masque en permanence.

Ces mesures étaient déjà en place pour l’essentiel à Tokyo et Toshiro Muto a prévenu qu’elles pourraient être encore nécessaires lors des Jeux de Paris en 2024.

« Personne ne peut prédire avec certitude comment la situation du virus va évoluer. Il reste encore plus de deux ans avant les Jeux de Paris, et j’espère donc que les choses seront revenues à la normale d’ici là. Mais ce n’est qu’un souhait et nous ne le saurons que le moment venu », a-t-il estimé.

Sapporo candidate pour 2030

PHOTO PHILIP FONG, AGENCE FRANCE-PRESSE

Toshiro Muto, chef de la direction des Jeux olympiques

Toshiro Muto a également défendu son bilan alors que les Jeux d’été s’étaient déroulés dans un climat négatif au sein de la population japonaise, qui majoritairement n’approuvait pas de voir se dérouler un évènement sportif d’ampleur internationale en pleine pandémie.

« Je n’ai aucun regret. La majorité des gens ont dit après coup qu’ils étaient heureux que nous ayons organisé les Jeux », a expliqué le responsable du comité olympique japonais.

« Cela ne veut pas dire que tout s’est bien passé. Une chose sur laquelle nous pouvons réfléchir est que nous n’avons pas su faire face au malaise du public concernant l’organisation des Jeux — nous n’avons pas expliqué les choses d’une manière qui les rassurait sur le fait que tout allait bien se passer », a-t-il concédé.

Il a notamment cité un rapport du gouvernement japonais publié le mois dernier, selon lequel les Jeux olympiques n’ont pas contribué à la propagation du virus au Japon. Tout en reconnaissant qu’à l’heure actuelle, le soutien des Japonais à une nouvelle candidature olympique n’était « pas clair ».

Sapporo, sur l’île d’Hokkaido, est candidate à l’organisation des Jeux d’hiver de 2030. La ville, qui a accueilli les Jeux de 1972, lancera une enquête au printemps pour évaluer le sentiment du public.

En novembre dernier, Sapporo a déjà réduit d’environ un quart son budget prévisionnel, par crainte d’une réaction négative du public après la flambée des coûts à Tokyo.

« Sapporo a organisé les Jeux olympiques d’hiver sur le même site il y a 50 ans, et personnellement, je pense que ce serait merveilleux si elle pouvait à nouveau les accueillir un demi-siècle plus tard », a soutenu Toshiro Muto.