Quoi de mieux qu'un affrontement Canadien-Maple Leafs pour honorer la mémoire de Pat Burns! D'ailleurs, Cliff Fletcher, un conseiller spécial pour les Maple Leafs, a mentionné que, pour une rare fois, les deux équipes étaient sur la même longueur d'ondes lorsqu'il était question de leur ancien entraîneur.

Mis à jour le 20 nov. 2010
Pierre Ladouceur LA PRESSE

«Que cela soit à Montréal ou à Toronto, Pat Burns a été un entraîneur aimé et respecté», a mentionné Fletcher.

 

De fait, dans l'entourage du Canadien, le même message revient lorsqu'il est question de Pat Burns, décédé vendredi soir à l'âge de 58 ans, à la suite d'un long combat contre le cancer. On parle d'un homme intense, un homme de coeur.

Dans l'entourage de l'équipe, Jacques Martin, Kirk Muller, Hal Gill, Scott Gomez et Brian Gionta ont tous eu la chance de connaître Pat Burns. Voici leurs témoignages.

Jacques Martin a fait la connaissance avec Burns en 1986 lorsque son équipe junior, les Platters de Guelph, avait battu les Olympiques de Hull en finale du tournoi de la Coupe Memorial.

«J'ai vécu les deux extrêmes avec Pat. J'ai gagné chez les juniors et il m'a remis la monnaie en finale de l'association lorsque ses Devils ont éliminé les Sénateurs d'Ottawa», de rappeler Martin.

«C'est un entraîneur qui a laissé sa marque sur les équipes qu'il a dirigées et également sur les joueurs qui ont travaillé sous ses ordres. Il était honnête et exigeant», a ajouté Martin.

Kirk Muller, l'un des adjoints de Martin chez le Canadien, a joué sous les ordres de Burns lorsqu'il est arrivé avec le Canadien en 1988-89. L'équipe avait perdu en finale de la Coupe Stanley contre les Flames de Calgary ce qui avait tout de même valu à Burns de remporter le premier de ses trois trophées Jack-Adams.

«Sa plus grande force était de convaincre ses joueurs qu'ils pouvaient gagner à tous les soirs. Pour un joueur, c'est un sentiment exceptionnel. Il s'attendait à ce que ses joueurs offrent le maximum à tous les matches. Et, c'est surprenant ce qu'un athlète peut réussir lorsqu'on le pousse à ses limites», a raconté Muller.

«Mais, derrière sa façade d'homme bourru, se cachait un petit ourson. Il aimait ses joueurs et il était toujours prêt à les aider lorsqu'ils avaient besoin de lui», a souligné Muller.

Hal Gill raconte qu'il a beaucoup appris de cet entraîneur lorsqu'il a joué sous ses ordres avec les Bruins de Boston à la fin des années '90.

«Il m'a appris beaucoup sur la vie et ce qu'il faut pour être un homme. On se souviendra de lui comme d'un homme autoritaire, mais honnête. Il ne faisait jamais de détour pour vous livrer le fond de sa pensée. Quant à moi, je lui dédie mon match contre les Maple Leafs», a précisé Gill.

Scott Gomez n'a pas voulu dire qu'il jouerait ce match à la mémoire de Pat Burns.

«Comme je l'ai connu, il se serait moqué de moi, si j'avais dit que je jouerais ce match à sa mémoire. Pour moi, je me souviens d'un gars que je qualifierais de «tough hombre», un vrai dur», a dit Gomez.

«Par contre, j'ai eu la chance de lui parler au cours de l'été et je suis heureux d'avoir pu lui dire ce qu'il avait représenté pour moi. Je lui dois beaucoup», a admis Gomez.

«Quand je pense à lui, ma boîte à souvenir est pleine. Sur le plan hockey, je me souviens entre autres d'un match où je n'avais pas joué à la hauteur de ses attentes et il m'avait cloué au banc en troisième période. Mais, avec cinq secondes à jouer, il m'a envoyé prendre une mise en jeu en me rappelant que je devais la gagner», a conclu Gomez.

Brian Gionta, le capitaine du Canadien, se souvient très bien de cet entraîneur avec lequel il a gagné la Coupe Stanley avec les Devils de New Jersey.

«C'est un honneur pour moi d'avoir joué pour un tel homme. Et, lorsque j'ai été nommé capitaine du Canadien, il m'a téléphoné pour me féliciter», a rappelé Gionta.

«Je suis attristé par son décès, mais je sais que les six dernières années ont été difficiles pour lui et sa famille. Il s'est battu courageusement jusqu'à la fin. Dans son cas, on parle d'un entraîneur autoritaire, mais il pouvait vous donner le mot d'encouragement nécessaire dans les moments difficiles. D'ailleurs, les gens ont connu son côté intense derrière un banc, mais c'était un ourson sur le plan personnel», de préciser Gionta.

«Le match contre les Maple Leafs de Toronto devrait servir à lui rendre hommage», a conclu le capitaine du Canadien.