L’offensive du Canadien a commencé la saison sur les chapeaux de roues avec 24 buts en cinq rencontres, du jamais vu par la formation montréalaise en près de 40 ans.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne

Il faut remonter au début de la campagne 1981-82 pour voir le Tricolore marquer à un tel train d’enfer. Mené par Mario Tremblay (sept buts), Steve Shutt (cinq) et Guy Lafleur (quatre), le Tricolore avait alors inscrit 34 buts à ses cinq premiers matchs. La saison suivante, il avait marqué 23 buts à ses cinq premières rencontres.

La situation est un peu différente chez le Canadien cette saison. Tyler Toffoli a marqué cinq buts, tous lors des deux derniers matchs. Les 19 autres buts du Tricolore ont été inscrits par 12 joueurs différents.

Ben Chiarot est devenu le dernier des 18 joueurs à avoir participé aux cinq premiers matchs à récolter un point. Il a marqué le septième but du Canadien jeudi, dans un gain de 7-3 face aux Canucks de Vancouver.

« Tous les trios peuvent produire à l’attaque. Si une unité a moins de succès un soir, les autres prennent la relève », a souligné l’attaquant Tomas Tatar, faisant l’éloge de la profondeur du Canadien.

Toutefois, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Le Canadien a habitué ses partisans à de bons débuts de saison au cours de la dernière décennie.

« L’équipe est différente chaque année, a insisté l’attaquant Artturi Lehkonen. Nous avons connu de bons départs par le passé avant de ralentir la cadence. Évidemment, nous voulons continuer sur notre lancée. »

PHOTO JASON FRANSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Artturi Lehkonen (62) et Joel Edmundson (44)

Ce qui rend ce début de saison un peu plus impressionnant est le fait que le Canadien n’a toujours pas joué à domicile. Il a malgré tout amassé au moins un point à chacun de ses cinq premiers matchs en vertu de sa fiche de 3-0-2.

Le désavantage de jouer à l’étranger est peut-être moins ressenti en raison de l’absence de spectateurs dans les gradins. Le calendrier condensé de la LNH amène également certains avantages.

« Nous voyageons moins et c’est moins dur sur le corps, a noté l’entraîneur-chef Claude Julien. Il n’y a pas eu de situation où vous jouez un soir, puis vous prenez immédiatement l’avion vers une autre ville où vous arrivez aux petites heures du matin avant de peut-être jouer un autre match le lendemain. »

L’occasion est aussi bonne pour les nouveaux membres de l’équipe de s’intégrer au groupe hors de l’aréna.

« Les gars passent beaucoup de bon temps ensemble dans un espace désigné. Oui, il faut porter un couvre-visage quand vous n’êtes pas dans votre chambre, mais c’est une chose à laquelle nous sommes habitués maintenant », a mentionné Julien.

« Nous sommes contents d’avoir eu ces semaines-là ensemble. L’ambiance est bonne, a dit Tatar. Nous voulons rester humbles. Nous avons encore du travail à accomplir, mais la confiance est là. »

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Tomas Tatar

Signe que ce ne sont pas que des paroles en l’air lancées par Tatar, il n’a pas été le premier joueur au cours des derniers jours à mentionner que le Canadien avait des choses à peaufiner dans son jeu malgré ses succès.

Le Tricolore a accordé 15 buts en cinq matchs, dont six en avantage numérique.

« Nous pouvons améliorer notre appui en sortie de zone et la gestion de la rondelle en zone défensive, a indiqué Julien. Nous avons aussi accordé plusieurs chances à partir de l’enclave. Nos attaquants se sont fait prendre à regarder les défenseurs et non la zone dangereuse.

« Je pense que c’est simplement lié au fait que nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de nous entraîner. »

Le Canadien aura l’occasion de s’entraîner en début de semaine prochaine. Il va rentrer à Montréal dimanche puis aura aussi congé lundi. Il aura ensuite deux jours d’entraînement avant son match suivant, jeudi prochain contre les Flames de Calgary, au Centre Bell.