500 $.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

C’est le prix de vente de la carte recrue d’Alexis Lafrenière, offerte depuis mercredi dans les paquets de la société Upper Deck. De la folie. Jamais une carte de hockey produite à 30 000 exemplaires n’a valu aussi cher le jour de sa sortie. Pour vous donner une idée, celle de Connor McDavid, en 2015, se vendait 300 $.

« Quand on a ouvert le magasin, ce matin, il y avait une file d’une dizaine de personnes à l’extérieur », raconte Patrick Brisson, propriétaire de la boutique Collect-Édition, à La Prairie. En 10 ans en affaires, c’est la première fois que ça lui arrive.

Pendant qu’il me parle, Patrick continue de déballer les stocks reçus. Exactement 576 boîtes de 24 paquets. Déjà toutes vendues, à une centaine de dollars l’unité. La demande est tellement grande qu’il a dû rationner le produit. Comme le papier de toilette naguère. Limite : deux boîtes par client.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Patrick Brisson et Pierre Calvez, de la boutique Collect-Édition, devant quelques-unes des 576 boîtes de cartes Upper Deck reçues mercredi. Les collectionneurs se les arrachent pour trouver la carte recrue d’Alexis Lafrenière.

« J’attends une autre commande de 300 boîtes dans les prochains jours.

– Est-ce ton plus gros vendeur à vie ?

– Oui. Assurément. »

Alors, cette carte, qu’a-t-elle de spécial ? Pourquoi cet engouement ?

Elle n’est pas particulièrement rare (une par 200 paquets).

Elle n’est pas particulièrement jolie non plus. Lafrenière apparaît de face, dans le chandail bleu des Rangers. La photo a été prise lors d’une séance d’entraînement privée, dans un aréna de la couronne nord de Montréal.

PHOTO UPPER DECK

La carte d’Alexis Lafrenière, dans la série Young Guns d’Upper Deck

« Ce n’est pas la plus belle carte », reconnaît Pierre Calvez, qui tient boutique avec Patrick. Sauf que ça reste la première carte officielle d’Alexis Lafrenière dans un uniforme de la LNH. Aussi, cette série d’Upper Deck – commercialisée chaque année – est la plus populaire auprès des collectionneurs.

« Tu vois, moi, je l’aime cette carte, répond Patrick. C’est vrai que ce n’est pas une photo en action. Mais elle est différente des autres. »

Dans 10 ans, quand on la regardera, on se souviendra que la photo a été prise pendant la pandémie. Il y a un soupçon d’histoire dans cette carte.

Patrick Brisson, de la boutique Collect-Édition à La Prairie

Le fait qu’Alexis Lafrenière soit une vedette québécoise et francophone stimule aussi la demande. Le Québec est le deuxième marché en importance pour les cartes de hockey, après Toronto. La sortie de la carte survient également en plein boom de l’industrie des cartes sportives. Une bulle nourrie par l’arrivée massive de spéculateurs possédant beaucoup d’argent discrétionnaire.

En toute amitié, si vous avez l’intention d’acheter la carte sur eBay, attendez quelques semaines, que l’offre rejoigne la demande : « 500 $, c’est un peu ridicule, estime Pierre Calvez. La carte recrue de McDavid ne valait même pas ça au moment de sa sortie. »

Sachez par ailleurs qu’il existe une variante de la carte, la « High Gloss », limitée à seulement 10 exemplaires. Le saint Graal de la série Upper Deck. La boutique L’Imaginaire, de Québec, offre 10 000 $ au collectionneur qui la lui vendra. Une annonce qui a stimulé un marché déjà surchauffé.

Dans la frénésie, je me suis laissé prendre au jeu. J’ai choisi un paquet. Le deuxième, dans la pile en haut à droite. Serai-je chanceux ? Déballons-le ensemble.

Première carte : Teuvo Tevarainen, des Hurricanes de la Caroline.

Deuxième carte : Juuse Saros, des Predators de Nashville.

Troisième carte : John Tavares, des Maple Leafs de Toronto.

Quatrième carte : John Gibson, des Ducks d’Anaheim.

Cinquième carte : Drew Doughty, des Kings de Los Angeles.

Sixième carte : Noah Hanifin, des Flames de Calgary.

Septième carte : Carter Hart, des Flyers de Philadelphie.

Il n’en reste qu’une.

C’est la bonne.

Je le sens.

Prêts ?

Et c’est… Christian Dvorak, des Coyotes de l’Arizona.

Dvorak pour Lafrenière, quelqu’un ? Je suis même prêt à ajouter la carte de Tavares si nécessaire…

Vos chandails préférés

Mardi, je vous ai demandé de me nommer le plus beau nouveau chandail dans la LNH. J’ai reçu plus de 300 votes. Tous légaux, je vous rassure. J’ai aussi fait mon possible pour les compiler plus rapidement qu’un scrutateur du Nevada.

Résultat : 25 équipes ont reçu au moins une mention. Les Red Wings de Detroit et leur chandail d’entraînement en ont même reçu trois. Je sais, les goûts ne se discutent pas. Mais quand même…

Vos préférés ?

5. (ex æquo) Sabres de Buffalo et Coyotes de l’Arizona (6 %)

« J’aime tellement la tête des Coyotes. C’est le plus dynamique et le plus représentatif de la nouvelle génération. J’en veux un pour Noël. Bien qu’à 72 ans, j’ai peur qu’il m’oublie… » – Julien Perron

4. Blackhawks de Chicago (11 %)

« Que le chandail soit rouge, noir, blanc, c’est le plus beau. » – Louis-Georges Allaire

3. Rangers de New York (18 %)

De façon générale, ceux qui aiment le chandail du Canadien apprécient aussi celui des Rangers. Et vice-versa.

2. Canadien de Montréal (22 %)

« Enfin ! J’ai toujours pensé que l’inversion du rouge et du bleu donnerait de beaux résultats. Ne dit-on pas bleu, blanc, rouge ? Alors bravo pour le bleu comme couleur prédominante. » – Benoit Dion

1. Avalanche du Colorado (26 %)

PHOTO LNH

Et le chandail préféré des lecteurs est… celui de l’Avalanche du Colorado.

« Je suis Québécois. J’habite à Denver. Je suis un gros fan des Habs, mais aussi de l’Avalanche. J’ai vraiment hâte de montrer mon chandail rétro Québec à mon père. Il va me hurler après ! » – Alexandre Goulet