Alexis Lafrenière est mal placé pour confirmer son arrivée avec les Rangers de New York.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Le repêchage a lieu dans une dizaine de jours et personne ne veut brûler le punch. Les Rangers ne lui ont probablement pas garanti non plus qu’ils le repêcheraient au premier rang le 6 octobre.

Mais Lafrenière est l’indiscutable favori à titre de premier choix au total et les équipes cèdent rarement à la tentation de se défaire de ce premier choix.

Aucune organisation ne l’a fait depuis les Panthers de la Floride en 2003. Ils ont échangé le premier choix aux Penguins de Pittsburgh pour Mikael Samuelsson, un choix de deuxième ronde et leur troisième choix au total en première ronde. Pittsburgh a repêché le gardien Marc-André Fleury au premier rang et les Panthers ont choisi au troisième rang le joueur qu’ils convoitaient, Nathan Horton.

Le Québécois pesait donc ses mots, jeudi soir lors d’une conférence de presse virtuelle avec les journalistes de l’Amérique du Nord, mais il ne s’est pas empêché de parler des Rangers.

« C’est une équipe reconnue, qui a une longue histoire, a-t-il dit. Ils ont une belle jeune équipe. Ça serait un grand honneur si c’est les Rangers, autant pour la ville que pour le club. New York est l’une des plus grandes villes au monde. Il n’y a rien de confirmé, mais ça serait spécial. »

Lafrenière, 112 points en 52 matchs cet hiver à Rimouski, 10 points en cinq rencontres au Championnat mondial junior, a eu l’occasion de discuter avec les membres de l’organisation new-yorkaise depuis que ceux-ci ont remporté le premier prix à la loterie, le 10 août. « J’ai eu une rencontre avec eux sur Zoom. Toute l’organisation y assistait, le directeur général, l’entraîneur. C’était spécial de pouvoir leur parler. Ils m’ont laissé une bonne impression. »

Mais il est trop tôt encore pour évoquer un sentiment d’appartenance, évidemment. Lafrenière a répondu franchement à la question d’un collègue. « Il n’y a pas encore de sentiment d’appartenance parce qu’il n’y a rien de confirmé. Le repêchage arrive bientôt, je veux juste attendre ce moment-là, et quand ça arrivera, il y aura un lien de créé avec l’équipe qui me repêchera. »

Lafrenière n’a pas hésité cependant à vanter le meilleur joueur des Rangers, Artemi Panarin, un attaquant qu’il admire. Le Russe vient de connaître sa meilleure saison en carrière, avec 95 points en seulement 69 matchs.

« C’était l’un des meilleurs joueurs de la Ligue cette année, il est dynamique offensivement, il provoque des chances. Ça serait spécial de jouer avec lui. J’essaierais d’apprendre le maximum de lui au quotidien. Je pourrais progresser en le voyant jouer les matchs, pratiquer et aussi par sa manière de se comporter à l’extérieur de la glace. »

Lafrenière a choisi de ne pas se présenter au camp d’entraînement de l’Océanic de Rimouski cet automne. Il attendra la suite des évènements dans la LNH. « Le hockey me manque. Je suis un gars qui aime jouer des matchs et la compétition. Je m’entraîne beaucoup et on est assez de joueurs pour faire des matchs sur la glace. Je me tiens occupé et je continue à m’améliorer. Le Championnat mondial junior demeure une option. »

La pandémie mondiale gâchera cependant son rêve de monter sur l’estrade pour enfiler le maillot de l’équipe qui le repêchera. De plus, la soirée devait avoir lieu au Centre Bell initialement. L’évènement sera virtuel.

« C’est un peu une déception, évidemment. Je vais regarder ça de la maison, avec ma famille et quelques amis, selon le nombre de personnes qui sera permis avec la COVID. C’est un moment qui passe une fois dans une vie, il faut en profiter avec ses proches. »

Les Rangers n’ont jamais obtenu le premier choix depuis l’instauration du repêchage sous sa forme actuelle. Mais ils ont repêché l’ailier finlandais Kaapo Kakko au deuxième rang l’an dernier.

Le gardien Dan Cloutier est le dernier Québécois à avoir été repêché en première ronde par les Rangers, en 1994. Christian Dubé a constitué le premier choix en 1995, mais en deuxième ronde.