Il y a deux ans, les Maple Leafs de Toronto ont choisi de donner 77 millions de dollars à John Tavares (pas tout d’un coup, mais bien sur sept ans), et puis mardi soir, on a un peu compris pourquoi.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Comment gagne-t-on des Coupes Stanley depuis quelques années déjà dans cette ligue ? Avec une bonne ligne de centre, de manière générale, et aussi avec beaucoup de talent offensif.

La recette n’est pas parfaite, mais elle fonctionne, et c’est la même qu’ont choisi les penseurs des Leafs, qui estiment pouvoir aller au zénith avec des joueurs comme Tavares (c’est d’ailleurs tout le contraire des Blue Jackets de Columbus, nous y reviendrons).

Dans l’immédiat, les patrons des Leafs paraissent un peu mieux, parce que si leur série face aux Blue Jackets est maintenant égale 1-1, c’est en partie grâce à Tavares, qui a joué comme s’il n’y avait pas de lendemain, avec le but d’assurance, et aussi avec un total de huit tirs sur le filet, ce qui en fait de loin l’attaquant qui a lancé le plus souvent sur cette glace en ce mardi soir pluvieux.

Tout ça mis ensemble, ça explique cette victoire de 3-0 de la part de Tavares et de sa bande.

On a été plus rapides cette fois, pas seulement avec les pieds, mais aussi avec notre exécution. Notre défense a bien appuyé l’attaque, et on a réussi à placer des rondelles derrière eux.

John Tavares

En voyant Tavares marquer le deuxième but des Leafs, et après avoir vu Auston Matthews marquer le premier, ça devenait encore plus évident : ce face à face entre les Leafs et les Jackets en est un de philosophie. L’attaque contre la défense, la créativité contre ce que l’on qualifiait jadis d’« anti-hockey », popularisé autrefois par les Devils du New Jersey, et repris ici avec brio par l’entraîneur des Jackets, John Tortorella, qui comprend très bien qu’il n’y a aucun attaquant à 10 millions de dollars sur son banc.

Ça a fonctionné pour Tortorella et ses joueurs dans le premier match, ça n’a pas fonctionné cette fois. Normal, ça ne marchera pas à tout coup, et les Jackets, s’ils peuvent miser sur un gardien en pleine forme – au fait, l’impressionnant Joonas Korpisalo a arrêté les 50 premiers tirs des Leafs dirigés sur lui dans cette série ! –, devront toutefois faire mieux que ce qu’ils ont fait mardi, parce qu’on gagne rarement des matchs avec un retard de 39-20 au tableau des tirs.

Et maintenant, où s’en va cette série ? Bien dur à dire. Il importe de rappeler que les Leafs ont perdu au combat un défenseur, Jake Muzzin, qui a dû sortir sur une civière après de longues minutes en fin de match, victime d’un coup de bâton dans le dos (comme on en voit bien trop souvent) de la part de Pierre-Luc Dubois. Il serait étonnant qu’on puisse le revoir de sitôt.

Ensuite, les Leafs ont enfin pu percer l’armure de Korpisalo, mais pourront-ils le refaire pour deux autres matchs ?

Ça nous ramène à la philosophie. À l’attaque des Leafs, au jeu défensif des Jackets, eux qui ne pourront pas soudainement changer de visage. Ils sont ce qu’ils sont, et puis c’est comme ça.

Seulement voilà, il est difficile de gagner des séries dans cette ligue en se fiant au gardien soir après soir. Les partisans du Canadien en savent sûrement quelque chose.