(Toronto) Dans la boutique de souvenirs du Temple de la renommée du hockey, il n’y a qu’une famille qui termine ses emplettes. Au loin, un jeune garçon est aperçu avec une casquette des Maple Leafs de Toronto sur Yonge Street.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse canadienne

À moins de 48 heures du début de tournoi de relance de la LNH, il est difficile de ressentir l’engouement des Torontois. Si ce n’était des barrières à l’effigie de la LNH qui ceinturent le Scotiabank Arena et l’hôtel Fairmount Royal York — où des joueurs de la LNH, dont ceux du Canadien de Montréal, sont confinés —, personne se baladant au cœur du centre-ville ne pourrait s’imaginer que 12 équipes seront en action à compter de samedi dans la Ville reine.

« Je pense que quand le tournoi va commencer, on va sentir l’engouement », a affirmé Frank Campo, directeur général du Novotel, à quelques coins de rue du Scotiabank Arena.

« Même si c’est moins visible dans la ville parce que nous ne pouvons pas nous rassembler et célébrer en groupe, je pense qu’il y aura un engouement dans les salons », a-t-il ajouté.

La grande place sur le flanc ouest du Scotiabank Arena est habituellement envahie par les amateurs lors des matchs de séries éliminatoires des Maple Leafs et des Raptors de Toronto. Pandémie oblige, il n’y aura pas de grands rassemblements cet été pour célébrer les victoires de leurs favoris — autant les Leafs que les Raptors, ces derniers reprenant l’action samedi, dans la bulle de la NBA érigée près d’Orlando, en Floride.

« C’est ce qui rend Toronto spécial ; tous ces partisans qui se rassemblent ici au Maple Leafs Square ou au Parc jurassique, selon l’équipe », a souligné Marcus, un partisan âgé de 19 ans, originaire de Whitby.

« Et en plus, nous ne verrons pas de spectateurs dans les gradins. Ce sera étrange », a-t-il ajouté.

La boutique Sportchek en face du Scotiabank Arena est pratiquement déserte. Les étalages sont bondés de chandails, de casquettes et d’autres items aux couleurs des Maple Leafs et des Raptors. On aperçoit aussi quelques souvenirs des Blue Jays de Toronto et du Toronto FC.

La plupart des bars sportifs sont fermés même si les Blue Jays sont en action, car le gouvernement ontarien autorise uniquement le service sur les terrasses et les commandes à emporter. Ce sera toutefois différent à compter de vendredi, alors que les salles à manger pourront rouvrir sous des conditions strictes en vertu du début de la phase 3 du déconfinement à Toronto.

Les hôtels demeurent également peu achalandés.

« Normalement, nous serions à pleine capacité. Là, quand je parle avec mes collègues de l’industrie, certains atteignent les 20 % d’occupation les fins de semaine, tandis que nous nous situons généralement entre 10 et 15 % pendant la semaine », a admis Campo.

La LNH a beau avoir décidé d’utiliser deux hôtels de Toronto pour construire sa bulle de l’Est, l’évènement ne générera pas beaucoup de tourisme et de retombées économiques puisque les spectateurs ne seront pas admis.

Malgré tout, Campo, qui porte un couvre-visage à l’effigie des Raptors, voit d’un bon œil la présentation de l’évènement.

« Ça démontre une confiance envers notre ville, la confiance que nous sommes en mesure de maîtriser la pandémie. Bien sûr que ça n’aura pas le même impact que si les spectateurs étaient permis, mais ça contribue quand même à une certaine relance. Petit à petit, nous allons relancer notre industrie », a-t-il noté.

Même si les hôtels ne se rempliront pas en raison du tournoi, que les boutiques ne feront pas des ventes exceptionnelles et que les bars sportifs ne seront pas envahis par les amateurs, les Torontois sont malgré tout heureux de revoir leurs favoris en action.

« Ça donne un peu de dynamisme à la ville, et ça attire les curieux vers le centre-ville », a affirmé Marcus.

« Après quatre mois sans pouvoir regarder du sport en direct, ce sera un véritable paradis pour les amateurs », a conclu Campo.