Le camp d’entraînement du Canadien n’est peut-être pas le théâtre de nombreuses luttes, mais celle pour le poste à droite au sein du troisième duo de défenseurs est particulièrement intéressante.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

C’est que les deux premiers postes à droite sont occupés par un défenseur qui aura 35 ans dans un mois (Shea Weber) et un autre dont le contrat vient à échéance l’an prochain (Jeff Petry). À l’heure actuelle, ces deux vétérans gobent 48 des 60 minutes d’un match, ne laissant que des miettes au troisième droitier.

Mais pour les raisons mentionnées ci-dessus, la situation pourrait être appelée à changer, d’où l’intérêt de cette lutte.

La lutte oppose les jeunes Noah Juulsen et Cale Fleury, de même que le vétéran Christian Folin. « Notre philosophie, c’est simple : on va utiliser la meilleure équipe qui va nous aider à gagner », a résumé Claude Julien, quand il a été interrogé sur le sujet après l’exercice de mercredi. Quoi qu’en dise l’entraîneur-chef, l’identité de l’heureux élu pourrait aussi en dire long sur la philosophie de l’organisation quant au développement des joueurs.

Sans plus tarder, les candidats.

L’espoir

Si l’œil gauche de Juulsen ne s’était pas transformé en paratonnerre le temps d’un match, on ne serait pas en train de discuter du flanc droit.

C’est que le 19 novembre 2018, quand il a été atteint deux fois au même œil, Juulsen était en train de faire tranquillement sa place dans la LNH. La blessure a été suivie de maux de tête, et on en venait même à se demander si la carrière du choix de premier tour du Canadien en 2015 était compromise. Finalement, il n’a disputé que 13 matchs cette saison (tous à Laval) et 24 la saison dernière.

Dur à dire s’il aura sa chance cet été. Signe encourageant : c’est lui qui jouait à droite quand il était jumelé à Folin (un autre droitier) lors des premiers exercices. Ce genre de détail est souvent indicateur des intentions de l’entraîneur-chef.

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Noah Juulsen

Cela dit, quand Julien a été interrogé sur Juulsen, il a été nuancé.

« Il a manqué beaucoup, beaucoup de temps, a rappelé le Franco-Ontarien. Au moment où ça s’est arrêté, il venait de recommencer à jouer. Je vois beaucoup de potentiel en Juulsen. Malheureusement, son développement a été retardé un peu à cause de ses blessures.

« Ce que j’aime, c’est qu’il a l’air de garder le rythme avec le groupe, il a l’air d’avoir de la confiance et du plaisir. Pour un gars qui a passé à travers beaucoup de choses, je suis content de voir dans quelle direction il va. »

Le négligé

Si Juulsen était resté en santé, on ne parlerait probablement pas autant de Fleury, qui aurait pu poursuivre son développement à Laval. Mais le jeune homme a causé une surprise en septembre 2019 en se taillant une place dès sa deuxième saison professionnelle.

L’expérience a finalement duré 41 matchs. Fin janvier, il était de retour dans la Ligue américaine. « Je commençais à me sentir un peu trop à mon aise, a reconnu Fleury. Je ne prenais pas ça [aussi sérieusement] que je le faisais au camp quand je me battais pour mon poste. »

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Cale Fleury

« S’il a dit ça, c’est qu’il a tiré une leçon et qu’il ne tiendra rien pour acquis », a ensuite dit Julien.

Depuis le début du camp, Fleury est surtout jumelé à Gustav Olofsson, qui est promis à un rôle de réserviste. À l’heure actuelle, Fleury occupe donc le rôle de négligé.

La solution prudente

Folin n’est pas la solution la plus sexy, loin de là. Il a 29 ans et est en dernière année de contrat. Après six saisons dans la LNH, c’est un défenseur de profondeur qui n’a jamais dépassé les 15 minutes par match en moyenne dans une saison.

Mais justement, au point où Folin en est dans sa carrière, Julien n’aura pas de mauvaise surprise : il sait très bien à quoi s’en tenir ! Et cette familiarité pourrait très bien jouer en la faveur du sympathique Suédois.

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Christian Folin

« Avec seulement un match préparatoire, tu vas vouloir faire jouer tes vétérans. Ça devient des décisions difficiles. Tu veux voir des gars, mais tu ne peux pas le faire au détriment des vétérans qui ont besoin de jouer un match », a répondu Julien.

Quatre gauchers ?

Rien n’empêche non plus Julien d’employer seulement Weber et Petry comme droitiers et de faire appel à deux gauchers au sein du troisième duo. Pour cela, il faudrait toutefois que Brett Kulak et Xavier Ouellet soient en mesure de jouer. Pour le troisième jour de suite, les deux gauchers étaient absents à Brossard.

Comme le demande la LNH aux équipes, aucune explication n’a été donnée pour leur absence.