Les révélations des derniers jours sur le comportement abusif d’entraîneurs de la LNH continue de faire jaser. Pour les joueurs qui ont été la cible de commentaires inappropriés, notamment (et surtout) les joueurs de couleur, le moment semble privilégié pour avoir une discussion franche à ce sujet.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Wayne Simmonds, des Devils du New Jersey, n’a pas hésité à parler de la discrimination dont il a fait l’objet depuis ses débuts au hockey, faisant écho au témoignage d’Akim Aliu. Plus tôt cette semaine, Aliu a révélé que l’actuel entraîneur des Flames de Calgary, Bill Peters, lui avait lancé des insultes racistes alors qu’il évoluait dans la Ligue américaine il y a une dizaine d’années.

« Je vous garantis que tous les joueurs de hockey noirs ont déjà été la cible d’une insulte raciale, que ce soit quand il était plus jeune ou plus tard dans sa carrière. C’est un sujet que les gens n’aiment pas aborder parce que ça les rend mal à l’aise », a dit Simmonds après l’entraînement des siens jeudi matin, à quelques heures du duel entre les Devils et le Canadien au Centre Bell.

Il faut dire que Simmonds, 31 ans, a vécu son lot d’expériences négatives. En 2011, par exemple, un spectateur de London, en Ontario, lui a lancé une banane pendant une rencontre hors concours entre son club du moment, les Flyers de Philadelphie, et les Red Wings de Detroit.

« Il y a toujours quelque chose qui peut se produire… Quelqu’un dit quelque chose en marmonnant, mais vous l’entendez. Vous connaissez l’intention de la personne selon le ton qu’il emploie, s’il veut être mesquin. Ça se produit, vous ne pouvez pas y échapper. Cette fois, Akim ne pouvait plus garder ça en-dedans », a-t-il poursuivi.

Simmonds espère que les événements des dernières semaines permettront de changer les choses de manière durable, qu’ils auront « un impact positif sur le monde du hockey ». La LNH serait-elle à un moment charnière de son histoire ? « Je l’espère », a-t-il répondu.

« Pour les personnes de descendance africaine ou les personnes de couleur, quand quelque chose comme ça se produit avec une personne qui contrôle d’une certaine manière votre destin… C’est quelque chose qu’on ne devrait plus voir », a-t-il conclu.

Subban plus discret

Fidèle à son habitude, P.K. Subban n’a pas voulu faire de vagues, même si le sujet est plus chaud que jamais.

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P.K. Subban

« Ç’a été un mois intéressant pour le hockey », a-t-il d’abord lancé.

Interrogé à savoir s’il avait été la cible d’insultes racistes venant d’un entraîneur au cours de sa carrière, l’ancien du Canadien a esquivé la question et tenté de relativiser sa situation.

« J’ai eu tellement d’entraîneurs, j’ai vécu tellement de choses… Mais ça n’a rien à voir avec ce qu’ont vécu Bill O’Ree, Herb Carnegie, Mike Marson, Grant Fuhr, Mike Grier… Quand ces choses arrivent, ce sont les gens qui les disent qui ont des problèmes », a-t-il fait valoir.

Subban et Akim Aliu ont le même âge et ont tous les deux grandi dans la région de Toronto – Aliu, né au Nigéria, y a aménagé à l’âge de sept ans.

Les familles Aliu et Subban se connaissent bien, a dit le numéro 76. N’empêche, il a dit « ne pas connaître tous les détails » de cette histoire », préférant conséquemment ne pas la commenter. Néanmoins, « ça laisse un goût amer dans la bouche de tout le monde », a-t-il dit.

« Des gens vivent des choses au quotidien, pas seulement dans le sport mais dans la vie en général, ne serait-ce qu’en marchant dans la rue. C’est le monde dans lequel on vit », a-t-il renchéri.

« De mon côté, j’ai choisi de prendre ces expériences et d’en tirer de l’énergie positive. Quand quelqu’un me dit quelque chose [de négatif], la plupart du temps je n’y prête pas d’attention. »

À la recherche de buts

Ce sont deux équipes en difficultés qui s’affronteront jeudi soir à Montréal.

Les Devils ne connaissent pas la séquence noire du Canadien. Il n’empêche que depuis leur victoire contre le Tricolore il y a presque deux semaines, les Diables n’ont remporté qu’un de leurs quatre matchs. Et c’était contre les pauvres Red Wings de Detroit.

En fait, si le Canadien accorde (beaucoup) trop de buts, les Devils, eux, peinent à en marquer. On aurait pu s’attendre à ce qu’une équipe qui compte sur Taylor Hall, P.K. Subban et Jack Hughes connaisse du succès en attaque ; or, elle arrive au 29e rang du circuit en ce qui a trait à la moyenne de buts marqués par rencontre.

L’entraîneur-chef des Devils, John Hynes, a tenu à rappeler que ses joueurs réputés être «doués» (les guillemets sont de lui) offensivement devaient redoubler d’ardeur pour qu’enfin, leurs efforts portent leurs fruits. «Tirer au but, récupérer des rondelles, passer du temps en zone offensive, prendre de bonnes décisions… C’est ce sur quoi on travaille. Il faut faire mieux», a-t-il dit après l’entraînement des siens.

En outre, a-t-il ajouté, plusieurs nouveaux éléments se sont greffés au club au cours de la saison morte. C’est le cas notamment de Hughes et Nikita Gusev, qui sont appelés à jouer un rôle important offensivement, mais qui n’avaient encore jamais joué dans la LNH. Aux yeux de Hynes, cette équipe est encore en période d’ajustement, même après 23 matchs.

Les Devils se sont inclinés mardi contre le Wild du Minnesota, et ce, même s’ils ont dominé aux chapitres des tirs au but et des chances de marquer, et qu’ils avaient amorcé la troisième période avec un score de 2-2. Un air connu, quelqu’un?

«Je m’attends à une meilleure exécution avec la rondelle et à un meilleur engagement» contre le Canadien, a dit Hynes. «En jouant avec émotion et passion, on va se donner une chance de gagner.»

MacKenzie Blackwood sera le gardien partant pour les Devils. Pavel Zacha et Jesper Bratt seront de retour dans la formation après avoir été laissés de côté contre le Wild.