Le Rocket de Laval a annoncé ce matin son groupe de leadership pour la prochaine saison.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Sans surprise, Xavier Ouellet a été reconduit dans son rôle de capitaine. Il sera secondé de Dale Weise, Karl Alzner et Alex Belzile pour encadrer les plus beaux espoirs du Canadien de Montréal.

Pour Joël Bouchard, c’était une évidence que le « C » revenait à Ouellet s’il devait être rétrogradé.

« On a bâti avec les joueurs de l’an passé une éthique de travail. Les gars étaient investis. Encore une fois, ceux qui ont une lettre dans la Ligue américaine, ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être rappelés. Au contraire. Souvent, ils ont de l’expérience de la LNH parce que ce sont des vétérans. Ils peuvent utiliser cette expérience pour les jeunes, mais aussi pour se mettre en évidence pour retourner dans la LNH. C’est important d’avoir des gars qui aspirent à la LNH tout en comprenant leur rôle dans la Ligue américaine. »

Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être rappelés… C’est la phrase la plus lourde de sens prononcée par l’entraîneur.

Et c’est exactement là où on en est arrivé très rapidement dans la discussion avec Xavier Ouellet. Après un excellent camp l’an dernier, il a baissé de rythme jusqu’à perdre sa place régulière dans la formation du Canadien. Il a fini par se retrouver dans la Ligue américaine, où il a été nommé capitaine, avec toutes les responsabilités qui viennent avec.

Il a fort bien rempli son rôle sur la glace, avec 7 buts et 21 aides en 47 matchs. Il a aussi contribué au développement des plus jeunes comme Cale Fleury. Avec les résultats que l’on voit aujourd’hui. Les deux ont été partenaires longtemps à la ligne bleue, et Ouellet ne s’est jamais gêné pour donner quelques conseils de vétérans au jeune homme de 20 ans.

Sauf que depuis cette première rétrogradation, Ouellet n’a jamais plus joué dans la LNH. Il n’a jamais même été rappelé. Même que son dernier camp, ponctué de quelques erreurs un peu trop visibles, n’avait pas le même mordant que son précédent. Il a rapidement été exclu, victime du trop-plein de défenseurs.

« Il y a toujours beaucoup de monde, mais ça change très vite au hockey. Regardez Brett Kulak. Ils sont allés le chercher dans un échange, ils l’ont rappelé et il n’est jamais redescendu. J’ai toujours l’objectif de retourner dans la LNH. Tout le monde dans le vestiaire a le même objectif d’y aller un jour. Ça fait en sorte qu’on essaie de devenir meilleurs. »

Donc, la grande question : le « C » dans la Ligue américaine, est-ce un cadeau empoisonné ? Est-ce une condamnation à ne plus être considérée comme un joueur de la LNH ?

« C’est sûr que tu acceptes le C, a dit Ouellet, sans hésiter. Je ne vois pas de raison de refuser. C’est un bel honneur, une belle responsabilité. Ce n’est pas un cadeau empoisonné. Les équipes de la LNH vont rappeler les joueurs dont ils ont besoin, que tu portes une lettre ou non. »

Un solide groupe

Weise, Belzile et Alzner ont aussi reçu la confiance de leur entraîneur. Trois joueurs aux parcours fort différents et qui peuvent inspirer leurs coéquipiers.

Alzner d’abord, pour sa formidable joie de vivre à travers les embûches professionnelles. Alzner, c’était 682 matchs dans la LNH, c’était une exceptionnelle longévité, c’était l’un des défenseurs autonomes les plus convoités quand il s’est joint au Canadien. Puis, du jour au lendemain, il a perdu sa place au profit de plus jeunes, plus rapides, plus habiles en relance.

Il n’a joué que 9 matchs avec le grand club l’an dernier, 34 avec le Rocket. On lui avait promis une véritable occasion de rédemption au camp, mais il s’est blessé à l’aine. Il a été rétrogradé, malgré un dernier match pas vilain. Et ce matin, comme chaque fois qu’on lui a parlé l’an dernier, il avait un grand sourire.

« Je veux mener par l’exemple. Si je joue bien sur la glace, ce n’est pas seulement bon pour moi, pour les autres aussi. Quand j’étais dans leur situation, je regardais les plus vieux et j’essayais d’apprendre quelques trucs. J’espère les aider, mais m’aider moi aussi. »

« Il a été extraordinaire l’an passé, a ajouté Bouchard. C’est un bon vétéran, c’est une bonne personne aussi, un bon joueur de hockey. Il aspire à être rappelé, mais on a la chance de l’avoir ici. Les jeunes l’apprécient beaucoup. Il est très compétitif, il écoute les consignes. C’était un choix facile. »

Dale Weise aussi s’est attiré les éloges de l’entraîneur. Son court passage de trois matchs à Laval l’an dernier, avant son rappel par le Canadien, a fait mouche.

« Il aime le hockey, il ne veut pas que ce soit la fin, a dit Bouchard. Il me l’a fait savoir dès les premières secondes de notre entretien. J’aime l’énergie qu’il apporte. Ils veulent jouer dans la LNH, c’est normal, c’est le rêve. Pendant qu’ils sont ici, on va utiliser leur leadership. »

Puis, il y a Belzile, qui peut en inspirer plusieurs par son parcours du combattant. Il a passé un peu plus de quatre saisons en ECHL, dans des villes qui n’ont rien de destinations touristiques. Il s’est retroussé les manches, et il vient de connaître une saison de 19 buts et 35 aides en 74 matchs avec le Rocket. Il a signé cet été, alors qu’il avait 27 ans, le premier contrat à deux volets de sa carrière. Et il ressort d’un camp avec le Canadien où il a gagné l’attention de plusieurs par ses courageuses performances.

« Je n’ai jamais rien tenu pour acquis. Avec le parcours que j’ai, peut-être que je peux inspirer des jeunes. Ce n’est pas la fin du monde d’être rétrogradé. C’est la manière dont tu réagis qui importe. D’avoir bien fait au camp du Canadien, ça me prouve à moi-même que ça marche. Ça me prouve que je ne suis pas fou dans ce que je fais et de continuer à croire en ce que je fais. »