Michel Therrien aime souvent rappeler qu'il a besoin de tout son monde pour gagner des matchs, mais qui, dans cette salle, aurait pu prévoir que Rene Bourque faisait partie de la recette gagnante?

Richard Labbé LA PRESSE

Pas vous, ni moi, ni peut-être Michel Therrien.

Et pourtant. C'est le mystérieux Rene qui a fait 5-4 CH en fin de deuxième, quand les Rangers se sont mis à jouer au hockey et quand ça s'est mis à sentir le chauffé dans la cuisine montréalaise. Et c'est le mystérieux Rene qui a fait 6-4 pour lui et sa bande en début de troisième, enfonçant du coup le dernier clou pour provoquer la suite, c'est-à-dire un sixième match demain soir à Manhattan.

C'est bien pour dire.

On parle ici de ce même Bourque qui a conclu la saison régulière avec une modeste récolte de neuf buts. Eh bien, le voici maintenant qui compte huit buts à sa fiche depuis l'ouverture du calendrier éliminatoire.

Les succès de Bourque résument bien cet étonnant Canadien en séries, qui peut souvent miser sur un nouveau héros chaque soir ou presque. Quand le CH obtient un peu de production de la part de tout le monde, les résultats sont souvent très bons. Surtout quand ça vient de ceux qu'on n'attendait plus.

Du reste, le Canadien aura amorcé ce match avec l'énergie qu'il fallait, ce qui est certes positif. Ce qui l'est moins, c'est ce relâchement en deuxième, quand les Rangers se sont mis à faire ce qu'ils voulaient.

Ce petit bout-là est inquiétant, parce que le Canadien, parfois, a encore du mal à passer le coup qui fait mal. Au fait, le jeune Tokarski a mal paru à l'occasion, et il affichait une nervosité qui ne faisait aucun doute. Pour la première fois de la série, on a senti que Carey Price manquait au Canadien, et pas à peu près.

Mais à l'autre bout, Henrik Lundqvist a été encore pire, devant céder sa place à Cam Talbot, un scénario que les joueurs du Canadien vont adopter n'importe quand, n'est-ce pas ?

Avec tout ça, le Canadien retourne à New York, la flamme de l'espoir encore bien vivante. Ce club-là peut-il encore réussir l'improbable, soit débarquer à New York pour voler un match, puis conclure une remontée spectaculaire samedi soir au Centre Bell?

Ce n'est certes pas impossible. Après tout, quand Rene Bourque peut se permettre un tour du chapeau, c'est qu'il n'y a plus rien d'impossible.