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Ces joueurs qui ont peur de Montréal

Dieu qu'il s'en est dit des choses depuis que vos Canadiens ont été éliminés,... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Photo: Bernard Brault, La Presse

Dieu qu'il s'en est dit des choses depuis que vos Canadiens ont été éliminés, il y a déjà une semaine. On a appris, entre autres, que le Lightning était en partie responsable de cette sortie prématurée, que Carey Price ne devrait pas porter sa casquette comme Lady Gaga, et que les joueurs de cette ligue ne veulent plus venir jouer ici.

Oui, c'est bien ça. Les athlètes de la LNH ne veulent rien savoir de notre belle ville sympathique. Paraît que les huées envers Carey Price - justifiées ou non - auraient été entendues aux quatre coins de la ligue, et que la réputation de la ville qui est hockey en aurait pris un sacré coup. Mythe ou réalité? Pour être bien certain, j'ai posé la question à un agent de joueurs. Le genre d'homme qui en a vu d'autres, qui bosse dans le milieu du hockey depuis des années. Il m'a répondu, sous le couvert de l'anonymat pour ne froisser personne.

Sa réponse m'a scié en deux.

«Je dirais qu'environ 75% ou 80% des joueurs autonomes sans restriction ne veulent pas se retrouver à Montréal», a-t-il fait savoir.

Voilà. Ça commence à faire pas mal de monde, ça. Le pire, c'est les raisons offertes par l'agent en question. Avant, les gars qui ne voulaient pas venir ici sortaient souvent les mêmes excuses: les impôts, la météo, la neige et le pelletage qui va avec (j'en profite ici pour saluer Craig Rivet et l'ensemble de son oeuvre). Des fois, c'était à cause des femmes des joueurs, qui préféraient le shopping sur Broadway au shopping de la Place Versailles.

Aujourd'hui, c'est différent.

«Les gars ne veulent plus jouer pour le Canadien parce que ce n'est plus l'organisation modèle de jadis, m'a expliqué cet agent. Depuis 15 ans, la tradition du Canadien n'est pas plus riche qu'ailleurs. Je dirais même que neuf joueurs sur 10 qui sortent du junior aimeraient mieux être repêchés par un autre club. Ils ne pensent pas à la tradition de l'équipe, ils pensent d'abord à eux-mêmes et à leurs objectifs.

«Il faut comprendre qu'avant tout, les gars veulent deux choses: la chance de gagner la Coupe Stanley, et l'occasion de faire le plus d'argent possible parce que les carrières sont courtes. Les jeunes joueurs, en plus, veulent aller jouer avec des vedettes. Je le sais, ils m'en parlent. Un de mes clients m'a déjà dit qu'il avait hâte d'aller jouer à Atlanta parce qu'il voulait patiner avec Ilya Kovalchuk. Il n'y a pas de vedette comme ça à Montréal, et ça nuit aux chances du Canadien sur le marché des joueurs autonomes.»

Il paraît aussi que certains médias montréalais nuisent un peu à la cause tricolore. «Tous les joueurs de la ligue sont au courant de ce qui se passe à Montréal. L'histoire du caméraman qui était caché devant le domicile de José Théodore pour savoir s'il était vraiment blessé, je peux vous dire que ça a fait le tour de la ligue...»

Pour les joueurs autonomes, les choix sont donc souvent simplifiés: ou bien ils vont à Montréal, là où les projecteurs seront braqués sur eux 24 heures sur 24, ou bien ils choisissent des destinations exotiques comme Sunrise, Glendale ou Nashville, là où l'amateur moyen n'est pas capable d'identifier deux membres de l'équipe locale. Pour certains, le choix est facile à faire. «Ce qui arrive à Montréal, toute la pression, bien des gars se disent qu'ils n'ont pas besoin de ça», dit cet agent.

C'est assez clair, n'est-ce pas? Avec tout ça, avec ce gros nuage d'instabilité et d'incertitude qui flotte au-dessus du Centre Bell, je me demande bien ce que la direction du club va faire pour attirer des joueurs autonomes de qualité à compter du 1er juillet. Encore une fois, j'ai l'impression que le Canadien va flirter avec quelques gros noms, mais qu'au bout du compte, il va devoir se contenter de figurants. Vous savez, ces joueurs qui sont bons sans la rondelle et bons dans le vestiaire. De toute évidence, le Canadien n'a ni le prestige ni le panache d'autrefois. Un jour, il faudra peut-être se faire à l'idée. Les fantômes du passé, ça sert à faire vendre des livres et des DVD. Mais ça ne fait pas gagner des matchs.

Et ça ne permet surtout pas d'embaucher des joueurs autonomes de premier plan.

 




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