Patrice Brisebois et Mathieu Dandenault ne défendront sans doute plus les couleurs du Canadien l'an prochain. Diable! Personne ne peut dire s'ils joueront encore ou s'ils seront contraints à prendre leur retraite.

François Gagnon LA PRESSE

Mais avec sept matchs à disputer et les séries éliminatoires à l'horizon, ces vétérans comptant 31 saisons d'expérience dans la LNH ont retrouvé la confiance de leurs entraîneurs.

Tout un contraste avec le temps, il n'y a pas si longtemps, où ils faisaient la navette entre la galerie de presse et le banc des joueurs.

Mathieu Dandenault a été écarté de la formation 17 fois cette année. Il a raté 24 autres rencontres en raison d'une fracture à un avant-bras.

Patrice Brisebois a raté 17 matchs.

Pourquoi faire maintenant appel à leurs services alors que leurs jours avec le Tricolore semblaient comptés plus tôt cette saison tant ils remplissaient des rôles effacés?

«À cause de leur expérience», ne cesse de répéter Bob Gainey depuis qu'il a préféré Brisebois à Ryan O'Byrne et qu'il a inséré Mathieu Dandenault à la place de Gregory Stewart, Georges Laraque et autres candidats appelés à compléter le quatrième trio.

Parce qu'ils ont déjà connu des périodes cruciales comme celle que le Canadien traverse en ce moment, Brisebois et Dandenault sont moins susceptibles de casser sous la pression.

Gainey ne demande pas à Brisebois et à Dandenault de faire gagner l'équipe. D'autres devraient s'en charger. Monsieur Bob s'attend toutefois à ce qu'ils ne fassent pas perdre l'équipe en prenant des décisions douteuses ou en commettant des erreurs de jeunesse.

Statistiques favorables

Si la logique tend à donner raison à Gainey, les statistiques militent également en faveur de Brisebois et Dandenault.

Le Canadien a maintenu un dossier de 7-8-1-1 lorsque le nom de Brisebois a été rayé de la formation. Il a remporté une victoire et subi un revers lors des deux rencontres que Brisebois a ratées en raison d'une blessure.

Résultat: le Canadien présente donc une fiche de 31-19-8 lorsque le défenseur, qui sera bientôt honoré pour ses 1000 matchs en carrière, est en uniforme.

Les statistiques sont aussi favorables dans le cas de Dandenault.

Le vétéran défenseur surtout employé à l'attaque a été témoin de six victoires, neuf revers et deux autres en bris d'égalité lorsqu'il s'est retrouvé sur la galerie de presse contre son gré.

Le Canadien a conservé une fiche de 13-10-1 lorsqu'il soignait une fracture subie le 9 décembre lors de la visite des Flames de Calgary au Centre Bell.

Dandenault a contribué à la fiche de 19-8-7 lorsqu'il est en uniforme.

Questionné sur ces statistiques qui favorisent son utilisation, Brisebois refuse de pavoiser. «Mathieu et moi avons répété plusieurs fois cette saison que nous croyons être en mesure de contribuer au succès de l'équipe et que nous voulons jouer le plus souvent possible. Je n'étais pas conscient de ces statistiques et on peut leur faire dire bien des choses. Mais ce que cela indique le plus, selon moi, c'est que nous sommes restés positifs et avons travaillé très fort lorsqu'on ne faisait pas appel à nous. Cela nous a permis de revenir avec de bonnes performances et de contribuer à notre façon aux succès de l'équipe.»

O'Byrne: situation inverse

Si les statistiques favorisent une utilisation accrue de Brisebois et de Dandenault, elles expliquent inversement pourquoi O'Byrne se retrouve sur la touche actuellement.

Le Canadien a maintenu un dossier de 23-11-6 lorsqu'O'Byrne n'est pas en uniforme. Ce résultat tient compte de la fiche de 13-6-5 lorsqu'O'Byrne est juché sur la galerie de presse et d'une autre de 10-5-1 du grand club pendant ses deux séjours à Hamilton, dans la Ligue américaine.

Il semble évident qu'O'Byrne ne pourra, à moins d'une blessure, déloger l'un de six défenseurs utilisés en ce moment.

Il sera toutefois intéressant de voir quelle utilisation Gainey et ses adjoints feront de Brisebois lorsque Francis Bouillon sera remis de la blessure à l'aine qui lui fera rater un 17e match de suite, demain.