Selon le directeur général des Thrashers d'Atlanta, Don Waddell, un tout nouveau type de marché s'ouvrira l'été prochain parallèlement à celui des joueurs autonomes. Un marché créé par la crise financière et la baisse anticipée du plafond salarial.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Un marché qui sera alimenté par les équipes serrées à la gorge et qui pourrait bien tourner à l'avantage de formations comme le Canadien qui n'ont pas beaucoup d'engagements salariaux en vue de la saison prochaine.

«Ce qu'on va voir, ce sont des joueurs avec de gros contrats qui risquent d'être échangés sans que les équipes qui s'en défont obtiennent beaucoup en retour. Du moins, sans que ça reflète la véritable valeur du joueur, a affirmé Waddell.

«Pourquoi? Parce que très peu d'équipes vont être en position d'absorber de gros montants. Le marché sera limité.»

Certaines formations comme les Flyers de Philadelphie, les Capitals de Washington ou les Rangers de New York auront de la difficulté à respecter le plafond salarial de la saison prochaine, que l'agent Don Meehan s'attend à voir graviter autour de 54 ou 55 millions.

«Il pourrait en effet y avoir des changements chez des équipes qui veulent délester de l'argent, a reconnu Meehan.

«Mais je ne suis pas certain de ce que Waddell veut dire quand il parle de ne pas obtenir beaucoup en retour.

«Car une équipe qui veut délester du salaire peut quand même assurer son avenir en faisant l'acquisition de choix au repêchage...»

Ah! Les fameuses clauses...

Si la situation économique pose problème maintenant, cela pourrait être encore pire lors de la saison 2010-2011, alors que le plafond salarial risque de chuter sous les 50 millions.

Il sera intéressant de voir quel traitement sera réservé aux joueurs qui bénéficient de contrats à long terme.

Dans la LNH, 36 joueurs ont en poche un contrat de six saisons ou plus. Le hic, c'est que sur ces 36 joueurs, 16 possèdent en ce moment une forme ou une autre de clause de non-échange.

Et huit autres joueurs verront de telles clauses entrer en vigueur dans les prochaines saisons...

«Je m'attends à ce que les clauses de non-échange se fassent plus rares à l'avenir en raison de la situation économique», a estimé Meehan.

Équipes coincées, équipes allégées

Le cas des Flyers de Philadelphie est symptomatique de tout ce phénomène.

D'abord, le DG Paul Holmgren a déjà engagé 53,9 millions la saison prochaine pour 19 joueurs.

Il pourra certes remplacer Mike Knuble par un jeune attaquant, mais il lui restera quand même à embaucher un gardien et un autre défenseur.

Afin de respecter le plafond salarial, Holmgren sera confronté à des choix déchirants. Il ne faudrait pas se surprendre qu'il se résoude à liquider Daniel Brière, Joffrey Lupul, Scott Hartnell ou même Simon Gagné afin de respirer un peu.

Sauf qu'encore là, à l'exception de Lupul - qui bénéficiera d'une clause de non-échange partielle à compter de 2010 - les trois autres ne peuvent être échangés sans leur consentement.

Pas facile!

Il y a donc des équipes comme les Flyers ou les Rangers. Mais à l'autre bout du spectre, les Kings de Los Angeles et les Maple Leafs de Toronto auront beaucoup de marge de manoeuvre pour absorber un gros contrat qui embête une formation rivale.

Le Canadien est aussi dans cette situation. Il n'a que 24,4 millions US engagés l'an prochain pour 12 joueurs bénéficiant de contrats à sens unique.

Il y aura certes les joueurs autonomes, mais l'occasion sera belle pour le Tricolore de se réinventer en « aidant » aussi d'autres équipes à alléger leur fardeau salarial.

C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'il faut lire la dernière prédiction du chroniqueur Larry Brooks, qui se dit prêt à parier sa paie au New York Post que Vincent Lecavalier sera échangé au Tricolore l'été prochain!