Bob Gainey a été formel: des 24 joueurs à l'entraînement, vendredi après-midi, un seul a la certitude qu'il jouera contre les Maple Leafs de Toronto.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

C'est Jaroslav Halak.

«Je planifierai en vue de la semaine prochaine après le match de samedi, a expliqué Gainey. J'espère que la performance de Halak rendra ma décision plus facile.

«Halak a une meilleure fiche que Price contre les Leafs cette année, a-t-il ajouté. C'est une des raisons pour lesquelles j'étais préparé à lui confier le filet, même si Price avait bien fait contre Ottawa.»

Bien franchement, Gainey n'avait pas le choix de redonner le filet au jeune Slovaque. Depuis deux mois, il n'y a pas juste contre les Leafs que les statistiques de Halak sont meilleures que celles de Price!

Mais Halak, lui, refuse de s'emballer. Il a déjà vu Price lui souffler son poste à la toute fin d'une saison des Bulldogs de Hamilton.

Il a souvent vu la direction redonner à Price la chance de se faire valoir après qu'il eut lui-même offert de belles performances.

Alors Halak va attendre un peu avant de croire qu'il a une chance légitime de ravir le poste de numéro un.

«D'ici à la fin de la saison, peu importe qui se retrouve devant le filet, l'important sera de mettre des points au tableau», a-t-il prudemment répondu.

Se tourner vers Jaroslav Halak en toute fin de saison alors que le Canadien lutte pour sa survie... n'est-ce pas un film qu'on a déjà vu?

Il y a deux ans, c'est Halak qui avait gardé le filet dans la dernière ligne droite alors que Cristobal Huet était blessé.

«C'est vrai qu'on se retrouve pas mal dans la même position, a reconnu Halak. Et personnellement, je suis proche d'afficher la forme que j'avais à cette époque-là.»

Komisarek joue sans confiance

Carey Price ne sera pas le seul à observer le match de samedi sans y participer. Bob Gainey jongle avec l'idée de retrancher Mike Komisarek de la formation, chose qu'on n'a pas vue depuis le règne de Claude Julien.

«Il y a de l'hésitation dans son jeu, a soutenu Bob Gainey. Lorsqu'il a la possibilité d'être le premier sur la rondelle le long de la bande, il lui arrive de ne pas l'être.

«Il joue sans confiance. Or, il doit retrouver le niveau de jeu qu'il nous avait montré depuis 18 mois ou plus. «Gainey a néanmoins précisé que certains changements apportés à l'entraînement se voulaient un message à l'endroit de joueurs dont il est insatisfait.

«Je voulais aussi voir comment ils réagiraient à la chose», a indiqué Gainey en parlant de Komisarek, mais également d'Andrei Kostitsyn et Matt D'Agostini.

À l'entraînement, vendredi, Josh Gorges s'entraînait avec Andrei Markov et Roman Hamrlik était jumelé à Ryan O'Byrne.

«Bob m'a dit de me tenir prêt, a dit O'Byrne. Mais personne ne sait vraiment ce qui se passe!» Seize ans plus tard, Mathieu Schneider avait retrouvé Patrice Brisebois comme partenaire à la ligne bleue.

Et Komisarek, lui, s'entraînait avec Mathieu Dandenault.

Il s'est éclipsé très vite au terme de l'exercice...

La catastrophe depuis 25 matchs

Carey Price, lui, est resté sur la patinoire plus d'une demi-heure après que la majorité de ses coéquipiers eurent retraité au vestiaire.

Il sera heureux de savoir que les joueurs ne sont pas prêts à démissionner sur lui.

«Nos deux gardiens sont bons, la question c'est qu'il faut les aider», a expliqué Maxim Lapierre, qui est conscient que ses gardiens sont littéralement mitraillés.

Le Canadien a accordé plus de 40 lancers à l'adversaire à sept reprises lors des 19 derniers matchs.

«On doit arrêter d'être aussi stressés avec la rondelle, a indiqué Lapierre.

«On dirait que toute l'équipe est tombée dans le cercle vicieux du manque de confiance.»

C'est en effet un problème d'équipe qui dépasse le seul cas de Carey Price.

Depuis le match des Étoiles, le 25 janvier, le Tricolore n'a récolté que neuf victoires en 25 matchs. Au cours de cette période, il n'a accumulé que 21 points.

Or, ces 21 points le placent à l'avant-dernier rang de l'Association Est depuis la pause. Seul le Lightning de Tampa Bay a fait pire avec 19 points.

Et il a joué un match de moins que le CH...

De plus, lors des 25 parties disputées depuis le match des Étoiles, le Canadien a marqué 63 buts, pour une moyenne de 2,52 buts par match. S'il avait maintenu un tel rythme sur l'ensemble de la saison, son offensive se situerait au 24e rang de la ligue.

En revanche, l'équipe a accordé 83 buts, pour une moyenne de 3,32 buts par rencontre. Le Tricolore aurait la 28e défensive de la LNH s'il s'était montré aussi permissif durant toute la campagne.

Bref, 25 matchs, c'est une tendance lourde.

C'est un méchant paquebot à faire virer de bord.

Question: le Canadien peut-il encore changer de cap... ou a-t-il DÉJÀ frappé l'iceberg qui le fera couler?