Le retour du Grand Prix du Canada a été un formidable succès populaire et sportif, hier à l'île Notre-Dame, avec une foule digne des plus belles années et une course spectaculaire comme on en a rarement vue.

Michel Marois
Michel Marois LA PRESSE

Pendant que le jeune Anglais Lewis Hamilton signait son deuxième succès en trois courses à Montréal - une belle moyenne -, le vétéran Allemand Michael Schumacher a complètement raté son retour dans la métropole.

 

Déjà sept fois vainqueur du GP du Canada à l'époque de sa gloire, Schumi a terminé l'épreuve avec une lamentable 11e place. Il s'est de plus signalé par une série de manoeuvres douteuses lorsque d'autres concurrents tentaient de le passer. Robert Kubica et surtout Felipe Massa ont été directement victimes de sa conduite dangereuse.

 

Après la course, Schumacher parlait toutefois comme s'il avait encore été le favori de l'épreuve et aurait eu droit à un traitement de faveur.

 

«Nous avons pris un bon départ (c'est vrai) et nous avions fait le bon choix de pneus, je crois (c'est aussi vrai), a-t-il noté. Puis, nous avons été malchanceux. J'ai eu une crevaison quand Kubica a tenté de me passer et je me suis retrouvé englué au milieu du peloton par la suite. Il n'y avait plus grand-chose à faire...»

 

Schumacher a évité de dire qu'il avait bêtement jeté Kubica dans le gazon et que ce dernier n'avait eu aucune chance de l'éviter. Il s'est aussi abstenu de commenter la passe d'armes avec Massa - «Je ne l'ai pas vu...» - et n'a rien dit sur les trois concurrents qui l'ont dépassé en fin de course pour le priver d'un point au Championnat du monde.

 

D'un naturel hautain, peu apprécié par les journalistes - à l'exception de quelques amis allemands qui le supportent depuis longtemps -, Schumacher a aussi pu mesurer cette semaine combien il avait été dépassé dans le coeur des amateurs par les Hamilton, Button ou Alonso, qui n'oublient jamais le respect qu'ils doivent au public.

 

J'avais intitulé mon premier texte de cette semaine du Grand Prix Le retour (raté?) du Kaiser Schumacher. On peut maintenant enlever les parenthèses et le point d'interrogation.